LES ÉTATS-UNIS ET LA GBANDE-BRETAG5E
propagande pan-slaviste, les rêves d'union latine, le pan-ibérianisme, et même certaines tendances pan-teuto* niques, qui, à vrai dire, sont quelque peu en baisse pour le moment. On peut douter que ces mouvements plus vastes aboutissent jamais à des résultats politiques durables ; mais, pris dans Tensemble, ils prouvent que de nos jours les liens de parenté réelle ou imaginaire ont une puissante influence sur les sympathies des nations. La révolution récente qui s'est produite dans les sentiments réciproques des deux grandes nations de langue anglaise n^est donc pas un fait isolé ; elle n'est qu'une manifestation nouvelle d'une tendance générale. Quand ils ont découvert que « le sang est plus épais que l'eau », les Anglo-Saxons n'ont fait qu'exprimer à leur manière une idée qui a travaillé la plupart des peuples civilisés dans les temps modernes. Si dans l'avenir le sang américain doit se mélanger et difiérer profondément du sang anglais, peu importe ; les enfants adoptifs ne sont-ils pas de la famille ?
Dans les rapports des États-Unis avec la Grande- Bretagne et la c( plus Grande-Bretagne », le Canada est destiné à prendre une importance de plus en plus décisive. Peut-être les Américains seront-ils avant longtemps appelés à mettre leurs relations avec le Dominion au premier plan de leurs intérêts et de leurs préoccupations politiques. Gela ne peut manquer de modifier leur attitude envers la métropole qui protège le Canada, mais c'est une raison de plus pour faire désirer le maintien d'excellents rapports avec elle.