‹ Les États-Unis, puissance mondialeChapitre 51 sur 63 · CHAPITRE XVII LES AMÉRICAINS DANS L'OCÉAN PACinQUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII LES AMÉRICAINS DANS L'OCÉAN PACinQUE

Au moment où les Américains prirent place pour la première fois au rang des nations, ils ne prévoyaient pas qu'ils tourneraient si tôt leur attention vers le lointain Océan Pacifique, et qu^ils ne tarderaient pas h y jouer un rôle commercial prépondérant. Ils ne possédaient aucun territoire sur ses rivages, et ils n'envoyèrent leur premier corps d'exploration & travers le continent que plus d'un quart de siècle après la déclaration de l'indépendance. Les treize États primitifs étaient tous situés sur TAdantique.

Boston était alors plus éloigné de la Chine et du Japon que Londres, Paris, ou Saint-Pétersbourg; pourtant, k peine la paix avait-^Ue été signée avec l'Angleterre que des vaisseaux américains se mirent en route pour le Pacifique, et, dans les quatre générations qui ont suivi, les États-Unis ont non seulement acquis une ligne côtière de quelques milliers de kilomètres sur les rives orientales du Grand Océan, ils se sont établis non seulement & son centre et dans les iles occidentales, mais ils ont rêvé d'une suprématie qui s'étendrait à toutes ses eaux.

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A répoque où Us n'étaient encore que des colons, les habitants de la Nouvelle-Angleterre constituaient une population active de commerçants et de matelots. Une fois émancipés, ils devinrent des étrangers pour la mère-patrie, et se virent dépouillés de leurs anciens privilèges par les règlements maritimes de l'Angleterre. Ils avaient trop d'énergie pour ne pas chercher ailleurs des compensations. Leur pays, semblable & la Scandinavie, était rocheux, boisé, avec un rude dimat, un sol médiocre et des ports excellents ; il se prétait difficilement à Fagriculture, et poussait ses habitants vers la mer. C'étaient de bons marins, que les dangers et les risques des plus lointains voyages n'effrayaient jamais. En 1784, moins d'un an après la conclusion de la Grande- Bretagne, le premier vaisseau américain arrivait à Canton. Il y fit de si bonnes afiEaiires que deux ans plus tard le nombre des navires qui allèrent des États-Unis en Chine s'éleva & cinq, et trois ans plus tard h quinze, c'est-ÀHiire qu'ils étaient au second rang, après l'Angleterre. A cette époque les circonstances favorisaient admirablement le commerce des Américains en Extrême- Orient, qui, malgré les risques et les épreuves, rapportait de gros profits.

Dans leurs longues pérégrinations sur le Pacifique, les vaisseaux américains avaient besoin d'un point de relâché commode. Aucun refuge n'était aussi bien situé que les iles Hawaï, découvertes par le capitaine Gook en 1778. L'égalité de leur climat, le bon naturel de leurs indigènes et leurs ressources naturelles les rendaient si attrayantes que, dès 179^» le successeur GooLiDGB. a3

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de Gook, Vancouver, y trouvait des Américains installés. Ces nouveaux venus découvrirent bientôt dans ces iles mêmes une source de richesse pour leur commerce. Le bois de santal, qui y abondait à cette époque, était tris recherché en Chine, et bientôt les Américains se mirent à l'exporter en grandes quantités. De cette façon, quoique venus de loin, ils furent à Hawaï dès le début l'élément étranger le plus important et ils considérèrent en quelque sorte ces tles comme leur domaine propre. Peu d^années après quHls eurent pénétré pour la première fois dans le Pacifique, leur trafic dans ces eaux était arrivé à constituer une partie considérable du cornmerce national, et leur influence était déjà dominante dans le grand point de relâche situé au milieu de rOcéan.

Leur marche fut plus lente par voie de terre, car c^est seulement en i8o5 que FexpédiUon de Lewis et Clark se fraya un passage à travers le continent jusqu^à Pembouchure de la Colombie^ et que les Américains se créèrent des droits sur la côte du Pacifique. Leur premier comptoir, Astoria, fut détruit dans la guerre de 1812 ; pourtant ce ne fut qu'un échec temporaire. Ce n'est qu'au compromis de i846 que la Grande-Bretagne reconnut leur titre à la possession de l'Orégon. Ils enlevèrent la Californie au Mexique, et immédiatement après la découverte de l'or, les immigrants y vinrent en foule.

Aujourd'hui les États du Pacifique sont reliés au reste du pays par cinq grandes voies ferrées. A mesure que leurs ressources se développent et que leur population •^accroît, la position des États-Unis s'affermira de plus

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