‹ Les États-Unis, puissance mondialeChapitre 52 sur 63 · UM AMÉRIGAIKS DANS L^OCÉAN PACIFIQUE · texte numérisé non relu

UM AMÉRIGAIKS DANS L^OCÉAN PACIFIQUE

en phis sur le Grand Océan. L^acquisilion de TAlaslLa a empêché la rivalité possible du Canada, et, quand le canal de Panama sera percé, les États-Unis, qui seront les nudties du passage, occuperont une situation inattaquable et souveraine sur les rives orientales de TOcéan Pacifique.

Dans le second quart du xix* siècle, les vaisseaux américains se mirent i chasser la baleine, occupation qu^ils avaient déjà pratiquée à Tépoque où les treize colonies étaient encore soumises à la Grande-Bretagne. Hawaï continua d^étre un grand centre de relâche et de radoub. On trouve en 1822 vingt-quatre navires baleiniers à la fois dans le port d'Honoloulou, et en 1845, diaprés les annales de Pendroit, 497 baleiniers, montés par i49o5 matelots, visitèrent les iles, et environ les trois quarts de ces vaisseaux portaient les couleurs des États-Unis. Mais déjà une autre catégorie d'Américains était arrivée aux Hawaï : les premiers missionnaires im>testants y vinrent peu après le début da xix^ siècle. Us eurent bientôt converti le roi, les principaux chefs et la plupart des habitants, sur lesquels ils exercèrent dès lors une grande influence. Les missionnaires catholiques français qui arrivèrent ensuite ne réussirent pas aussi bien que les protestants & amener les indigènes à leur église. Gomme d'habitude, l'élément missionnaire et l'élément commerçant furent en assez mauvais termes ensemble.

Les États-Unis en étaient venus à s'intéresser si vivement aux affaires d'HawaI que, dès i843, cinq ans avant Tacquisition de la Californie, et avant le règle-

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ment du différend de TOrégon avec la Grande-Brefag:ne, c'est-'à'dire avant que les Américains possédassent sai» conteste la moindre parcelle de territoire sur la câte du Pacifique, le président déclara dans un message au Congrès que la République s^opposerait k toute occupation de ces îles par une puissance étrangère. Quatre ans plus tard, les États-Unis refusèrent de les annexer, malgré te désir des indigènes, mais ils leur promirent leur protection. En 1874, puis en 1889, il y ent des débarquements d'infanterie de marine américaine pour défendre la légation, pendant des troubles locaux. Après Facquisition de FOrégoli et de la Californie, un trafic direct s'était établi entre San Francisco et TExtrème- Orient ; par suite, la position unique d'Hawaï comme relâche et comme point stratégique devint plus manifeste que jamais. Les Américains, sans en désirer encc^re la possession, étaient résolus à ne pas laisser ces îles devenir un avant-poste ennemi aux mains de quekpi'un d'auîre, une menace pour leur côte du Pacifique analogue à celle que constituaient les Bermtjkles sur FAfrlantique.

Les Américains continuèrent à faire bonne figure sur la haute mer et dans les eaux chinoises jusque v^s 1860. Dans leurs rapports avec la Chine, ils suivirent le sillage de l'Angleterre et de la France, mais ils jouèrent le premier rôle dans l'ouverture du Japon. Bientôt après, la chance tourna. Pendant la guerre de Sécession, les déprédations des croiseurs sudistes et la crainte qu'ib inspiraient firent presque disparaître du Pacifique les navires américains. En tout autre moment,

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ç^eAt été UQ malheur éphémère ; mais il se produisit & l'époque même où la vapeur remplaçait la navigaiîou à voile, et les vaisseaux de fer les vaisseaux de bois. Or, dans la No^ivelle-Àngleterre^ les constructeurs de navires à voile et en bois ne redoutaient aucune concurrence, mais rindustrie américaine du fer et de Tacier n'était pas a93ez développée à cette date pour tenir tète à la rivali^ de l'Europe, d'autant plus que les lois des États- Unis interdisaient Tachât de navires étrangers. Ajoutons qu'au même moment l'industrie baleinière déclinait, parce que les baleines se faisaient plus rares, et que l'huile minérale remplaçait l'huile de baleine dans l'éclairage.

Ainsi, le drapeau américain, que l'on rencontrait autrefois partout, devint presque inconnu en certains parages; la marine de guerre souffrit en effet longtemps du même effacement que la marine marchande. Pendant quelque trente ans, rinfluen<:e des États-Unis en Extrême-Orient resta stationnaire, ou même s'affaiblit. Mais le pays lui-même devenait pli^s fort, plus prospère et plus étroitement relié en toutes ses parties. L'achat de l'Alaska doubla l'étendue de la ligne côtière américaine sur le Pacifique, et, par les îles Aléoutiennes, ils furent pour la première fois rapprochés du Japon. Les rapports avec Hawaï devinrent d'autre part de plus en plus constants. Un traité de réciprocité, refusé en i855, puis en 1867, fut enfin accordé aux îles en 1876, ce qui les rattacha par de solides liens économiques au continent : le sucre d^Hawaî, une fois que les ports «Enéricains lui furept ouverts, fut d'un si grand profit

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aux planteurs que son exportation vers San Franscico s^aocrut énormément En 188Â9 Pearl Harbour fut donné à bail aux États-Unis pour en faire une station navale ; mais jusquHci ils n^ont guère usé de leur privilège.

La cause essentielle de l'annexion de Tarchipel en i8g8 fut la métamorphose qu'avait subie la popubti(m, par suite de laquelle il devenait impossible de maintenir beaucoup plus longtemps l'ancien gouvernement. Les Hawaïens, comme leurs parents les Tahitiens et les Maoris, appartiennent à une race très intéressante, mais qui jusqu'à présent n'a pas su s'adapter à la civilisation. Les rapports entre les blancs et les insulaires ont été excellents. Dès l'arrivée des étrangers les indigènes s'étaient conformés à leurs avis, et, guidés parles missionnaires, ils avaient fait des progrès remarquables. Leur caractère demeurait enfantin, mais s'ils avaient été en nombre ils auraient pu rester au pouvoir quelque temps encore. Par malheur cette population a diminué dans des proportions effrayantes. En i83o, elle se montait à environ i3oooo ftmes, ce qui était déjà bien au-dessous de son chiffre à la date où les tles furent découvertes. Dès i85o, il n'y avait plus que 84 000 habitants, et en 1890 plus que Sgooo ; aujourd'hui ils sont moins de Soooo et ne constituent guère que i5 pour 100 de la population totale de leur pays. D'autre part, les blancs, depuis la conclusion du traité de réciprocité avec les États-Unis, qui ouvrait un libre marché i leur sucre, avaient fini par acquérir presque toutes les terres et avaient importé des milliers de travailleurs pour leurs plantations. Les indigènes étaient trop indolents

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pour ce pénible labeur ; les Polynésiens des autres lies y étaient également impropres ; des Portugais venus des Açores laissèrent bientôt le travail des champs pour s^adonner par exemple à la culture maratchère, où depuis lors ils ont toujours très bien réussi. Les Chinois réussirent comme d^habitude, mais ils ne tardèrent pas à aller s'établir dans les villes comme boutiquiers, et il aurait fallu en importer d'autres en si grand nombre que le reste de la population eût risqué d'être sub~ mergé. Alors on essaya des Japonais. Ce fut d'abord avec succès, mais bientôt ils firent comme les Chinois ; seulement la situation était plus grave, car ils étaient soutenus par un gouvernement attentif à leurs droits et bien résolu à les défendre.

Dans cet état d'équilibre instable, les natifs bienveillants et paresseux furent réduits à un rôle de plus em plus insignifiant ; pris comme ils l'étaient entre le capitaliste blanc et le travailleur asiatique, ils ne purent maintenir longtemps même un semblant de domination politique. Le fait que les souverains hawaïens avaient en général suivi les sages conseils de l'étranger et bien gouverné leur pays faisait prévoir que, si un chef moins intelligent adoptait une autre conduite, un soulèvement ne manquerait pas de se produire. Les circonstances qui amenèrent la révolution de 1893, la tentative que fit la reine pour modifier la constitution et qui amena sa chute, n'ont pas grande importance. La question, si débattue, de savoir si le débarquement des troupes de marine américaines qui étaient dans le port assista le mouvement est aussi de peu de consé-

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quence aujourd'hui. Admettons que la pFésence de forces américaines donna un secours moral aux insurgés en terrifiant le parti de la reine, qui s^empressa de se soumettre : dans tous les cas, les troupes auraient eu h débarquer quelques heures plus tard.

Quoi qu'on pense de la manière dont cette révolution fut amenée, on peut voir qu'un pareil événement était inévitable. La bienveillante tentative du pfésideiti Cleveland pour rétablir la reine échoua. La nouvelle république se gouverna avec sagesse et avec succès. Il y eut bien de la part des indigènes une faible tentative de soulèvement, mais elle n'eut rien de redoutable. D'autre part, les forces croissantes des Japonais et l'empressement du gouvernement de Tokio à appuyer leurs demandes firent sentir aux blancs de l'île qu'il leur fallait la protection de l'Amérique. La guerre hispanoaméricaine rendit la question pressante. En effet, pour continuer les hostilités aux Philippines, HawaI devenait indispensable comme escale entre San Francisco et ces îles lointaines : si elles étaient restées n^itres, il serait devenu difficile d'approvisionner l'escadre de l'amiral Dewey. Mais elles ne parlèrent même pas de neutralité, et un vote des deux Chambres les annexa définitivement aux États-Unis le 7 juillet 1898.

A Samoa, les États-Unis furent entraînés dans des complications inattendues, à la fois par le zèle excessif dé leurs fonctionnaires dans ces îles et par Tirritatioa que causa l'attitude arrogante des Allemands, qui, à vrai dire, y avaient les intérêts les plus importants, il en résulta une situation dont, pendant quelque temps, on

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ne sut pas comment sortir. En 187:2, Famiral Moada avait conclu un traité avec les chefs indigènesi qui garantissait aux États-Unis un entrepôt de charbon, TeiceUent port de Pago-Pago, dans File de Tutuila. Cet accord ne fut pas considéré par le Sénat^ mais 00 en retrouve la clause essentielle dans ua traité de commerce qu'il ratifia six ans plus tard, tout en refusant aux indigènes le protectorat qu'ils demandaient. Or, dans ce petit groupe des Samoa, la politique était de» plus agitées. Les intrigues et les querelles de chefs ambitieux, excitées par des étrangers trop patriotes et trop zélés, amenaient des troubles continuels, et, en 1887 ^ 1888, des crises qui provoquèrent des ioter^ ventions de Textérieur. Irrités par le sans-géne des Allé* maads, les États-Unis envoyèrent sur les lieux trois vaisseaux de guerre ; un cyclone les détruisit, dans le port d'Apia, ainsi que ceux des Aliemaods. Ce désastre refroidit Tardeur des deux adversaires, et, après une conférence â Berlin, on établit un système provisoire de gouvernement mixte qui marcha mal pendant dix ans. De nouveaux troubles suivirent, et cette fois ce fut le tour des Anglais et des Américains d'agir contre les indigènes, tandis que les Allemands protestaient. Une commission spéciale fut envoyée par les trois puissances pour étudier Taffaire sur place, et Ton fit uo nouvel accord ; mais, parle traité de décembre 1899, les Anglais se retir^ent complètement des lies, en échange d'une compensation obtenue ailleurs. Les iles furent partagées entfe les deux autres puissances : rAll^nagne eut la plus grosse paît, et lea États-Unis se contentèrent de

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Tutuila et les environs ; c^était tout ce qu'ils voulaient^ car ils obtenaient le meilleur port de tout Tarchipel.

Avant ce règlement, le traité de paii avec rEspag:ae avait déjà donné aux Américains une autre station dans le Pacifique, Tile de Guam, une des Mariannes. Ici encore c'était un petit territoire, qui n'avait de valeur •que comme relftche.

Aux Philippines, le cas fut tout différent. La question d'y conserver une station navale, et celle de garderies tles et de les gouverner, étaient si distinctes que certains anti-impérialistes, très hosUles à la prise de possession de tout l'archipel avec ses millions d'haUtants, consentaient pourtant à ce que l'on re^t quelques points comme dépôts de cl)arbon. A Washington, on songea sérieusement à adopter cette solution, et, quoique l'on ait gardé l'ensemble des tles, l'importance de leur position stratégique peut être considérée indépendamment des problèmes relatifs k leur colonisation. La conquête des Philippines a profondément modifié la position des Américains dans cette partie du monde. Ds n'y sont plus une simple nation de commerçants, qui arrivent et qui repartent, mais, ils y sont des propriétaires, ayant des peuples à gouverner, des intérêts locaux à gérer et des territoires à défendre. Leur rôle politique a certainement augmenté, et ils ont acquis une base d'opération pour l'ofiensive. Ils sont maintenant non seulement proches voisins des Français, des Anglais, des Allemands et des Hollandais, et, comme tels, intéressés i tout ce qui les concerne, mais encore ils sont k proximité des deux grands empires asiatiques, la Chine et le Japon.

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On peut ne pas être d^accard avec les enthousiastes qui essaient de prouver que Manille est le point central du commerce de tout TExtrème-Orient, mais il est évident qu'en prenant les Philippines, les Américains «(mt entrés en contact immédiat avec les Chinois et les Japonais. Après avoir exclu des États-Unis les Chinois, on leur a fermé les Philippines, et il sera peut-être difficile d'y maintenir cette interdiction. Mais tant que la Chine est faible les Américains sont sûrement mieux placés, pour exercer une pression sur ce pays ou pour tenir tète aux puissances dans les aflfaires qui le concernent^ que s'ils n'occupaient pas une forte position près des côtes du Céleste Empire.' Par exemple, si en 1900 ils n'avaient pas eu une armée nombreuse tout près, ils n^auraient jamais pu envoyer des troupes à temps pour prendre part à l'expédition de Pékin, et ils n'auraient pu acquérir en Extrême-Orient l'importance qu'ils y ont gardée depuis.

L'Océan Pacifique, avec les pays qui s'étendent au delà, fait une vive impression sur l'imagination des Américains : c'est un champ réservé à l'expansion de leurs énergies surabondantes. Ils croient y jouir d'avantages exceptionnels, et y avoir droit au premier rang. Dès le milieu du xix* siècle, un homme d'État bien connu, M. Seward (plus tard secrétaire d'État) déclarait : « L'Océan Pacifique, ses rivages, ses tles et les vastes régions qui s'étendent au delà, sont destinés k devenir le théAtre des événements les plus considérables dans le grand avenir du monde ». Dans la pensée de M. Seward et de ceux qui ont depuis par-

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lagé son opinion, les Étals-Unis allaient jouer le plus grand rôle sur Ce a théâtre de l'avenir ». En igoS, dans un discours, plein d'un impérialisn^e élevé et triomphant, qu'il prononça à San Francisco, le président Roosevelt proclama que la souveraineté du Pacifique devait appartenir aux États-Unis* Il déclarait aussi que dans l'histoire du monde uae ère npuvelle s'ouvrait, « l'ère du Pacifique ». Cette idée, que bien des gens partagent, s'est vue confirmée récemment par de nombreux faits. Partout sur le globe, on s'est préoccupé du Pacifique plus qu'on ne l'avait jamais fait : les cinq grandes puissances possèdent des territoires sur ses rivages et prennent un intérêt profond à tout ce qui le concerne. Depuis quelques années, des événements extraordinaires s'y sont succédés avec une rapidité foudroyante : deux gr^^ndes guerres et plusieurs conflits de second ordre, l'arrivée de l'Allemagne en Extrême-Orient, les progrès soudains et menaçants de la Russie et la kitte sanglante qui les a arrêtés, la transformation du Japon, enfin le démembrement qui a menacé la Chine et sa r^iaissance actuelle.

Parmi tant de péripéties étonnantes, l'expansion des États-Unis jusqu'aux rives les plus lointaines du Grand Océan ne le cède en importance k aucun autrts fait. On ne saurait être surpris qu'elle ait passionné les imaginations américaines, surtout dans les États du Pacifique, et qu elle ait fait prendre au pays un intéoêt tout nouveau aux questions de politique mondiale. Cew^ mêmes qui seraient heureux de se débarrasser des Philippines ne veulent pourtant pas voir le nouveau près*

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tige de leur patrie diminuer d^un iota. Ce sentiment a enflammé les cœurs du désir d^avoir une puissante flotte. L'envoi d'une formidable escadre autour du cap Hom, pour faire voir la puissance de la république dans les eaux du Pacifique comme on ne l'a jamais montrée, est une manifestation imposante qui fait vibrer le patriotisme populaire. Les Américains se considèrent comme égaux ou même supérieurs à n'importe qui dans cette partie du monde, et ils sont convaincus que, une fois le canal de Panama achevé, lorsque New- York et la Nouvelle Orléans seront en communication maritime plus rapide avec l'Extrême-Orient que Londres ou que Hambourg, et que leur flotte pourra passer à son gré d'un océan dans l'autre, leur suprématie sera indiscutable.

Mais le Pacifique n'est pas réservé h une seule nation, et toute prétention à y étendre une hégémonie particulière est prématurée, et ne sert qu'à irriter les autres pays. Toutes les puissances mondiales ont dans ces parages des domaines et des intérêts qu'elles sont résolues à défendre de leur mieux. La marine marchande et la marine de guerre de l'empire britannique sont bien plus fortes que celles des États-Unis, et en outre l'Angleterre a de nombreuses possessions dans ce monde océanique ; le Canada et l'Australie sont pour elle de robustes enfants qui grandissent et avec lesquels la branche américaine de la famille anglo-saxonne devra compter. Enfin il y a d'autres pays qu'il ne faudra pa» non plus négliger.

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