LES ÉTATS-UNIS ET LE JAPON
rence, mais le remède laisse beaucoup à désirer. Quelle que soit la sagesse du Mikado et de ses conseillers, une grande nation comme TAmérique ne peut pas compter pour toujours sur la générosité d'un voisin. On peut s'attendre à ce que les Japonais éprouvent de Pamertume à se voir exclus, même d'une façon partielle, des États- UniSi Tant que les États-Unis feront des distinctions entre les différents peuples qui viennent frapper & leur porte, ceux contre qui ils se prononcent trouveront qu'on leur fait une grave injure. Il est probable que cette constatation va contribuer à renforcer le sentiment qui existe déjà dans le pays contre l'énorme immigration actuelle. Si, par exemple, on exigeait du nouveau venu un certain quantum de propriété, mesure que beaucoup de gens préconisent pour ses avantages intrinsèques, on mettrait fin presque entièrement à l'invasion des travailleurs asiatiques, sans offenser la Gbine ni le Japon. Il se peut qu'on trouve un jour de ce côté la solution de tout le problème.
L'accroissement rapide de la population qu'on voit se produire de nos jours en certaines parties du monde menace de faire nattre avant longtemps bien des questions difficiles. D'une part les peuples tassés sur des territoires pauvres et exigus s'efforceront de briser toutes les barrières élevées par l'égoïsme de ceux qui possèdent dévastes domaines peu habités ou d'abondantes ressources naturelles. D'autre part, les nations qui sont heureusement situées et qui, grâce k leurs efforts ou & la bonté de la nature, ont tout ce qu'il leur faut, ne consentiront pas facilement à se laisser envahir par des hordes d'é-
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trangers faméliques. Pourquoi devraienVils renCBC«r à iear bien-être, paroe que teora Toisins besogneux ont voulu avoir âe nombi^uses familles P II n'est fss probable que celle espèce de soôalisme entre Ëtats soit destiné k prérslkir 'bientôt, d'autant plus qu'il ia''a peint d'attraits pour tes partisans du socialisme entre in^vi dus, c^est-è-dirc pour les ouvriers, premièn&s vtctioies et premiers ennemis de rimmigration limitée. Or, les Japonais, s'apercevant que leurs iies -ont & peu près autant d'habitants qu'elles en peuvent contenir et que la population va toujours croissant, désirent trouver un bon débouché pour cet excédent. Pour le moment ils ont la Corée ; mais la Corée n'est pas très grande, et du reste elle a déjà ses habitants qui, dans des conditions plus favorables, vont sans doute se multipilier. Si elle ajoutait à sa population, pendant une trentaine d'années seulement, l'excédent des naissances du Japon, elle deviendrait surpeuplée à son tour. La Mandcbourîe est plus grande, mais elle a déjà quelques vingt millions d'habitants chinois et îl en arrive -sans cesse d'autres. Elle ouvre un champ assez vaste à Tinîtiative des Japonais, mais le négociant chinois est difficOe à supplanter et le journalier chinois n'a pas encore trouvé son pareil. H reste aussi des terres vacantes sous les tropiques; eeulemeat jusqu'ici les Japonais, par exemple à Formose, ne se sont pas montrés propres aux travaux de plein air sous un dimat tropical. Il semble que, comme les blancs, ils puissent vivre partout comme fonctionnaires, marchands et patrons ; mais ce n*'est que dans la zone tempérée qu'ils peuvent émigrer en grand nonibre.