‹ Les États-Unis, puissance mondialeChapitre 58 sur 63 · ÉTATS-UNIS ET XE JAPQH Sgg · texte numérisé non relu

ÉTATS-UNIS ET XE JAPQH Sgg

Parmi les régions tempérées qui sont encore relativement vides, la Sibérie, le Canada et l'Australie se fermeront certainement â toute immigration puissante des Japonais, pour les mêmes motifs qui ont agi aux État»- Unis et qui agiraient aussi bien en tout pays d'Europe. Il 31B Teste que rAmérique latine, où les perspectives sont mâlleures ; mais ici encore les États-Unis, quoique n'étant pas indirectement intéressés, pourrait tr6s Iiîen être entraînés quelque jour dans de fàcsheuses cornpiicationtf.

La plupart des républiques latino-amMcaines possèdent de superbes ressources naturelles qui m'ont besoin que d'être exploitées. Pour cette exploitation que l'on veut rcommencer au plus tôt, il faut à la fois du capital et du travaiL Le capital peut être fourni par l^Eiirope ou par les États-lhns, et il viendra dès que la sécurité lui sera assurée. La main-d'œuvre s'y obtient aussi, mais jusqu'à présent il n'y a qm quelques pays de l'Amérique latine qui attirât une immigration européenne de quelque importance. Leurs voisins pourront avoir leur itour ; mais ils ne veulent pas en attendant se laisser dépasser, et, à défaut de travailleurs européens, ils sont prêts i se contenter des Asiatiques. Il y a donc là une belle occasion pour les fils du Japon : des terres vastes, fertiles, peu peiq>lées, de b»ux cUinats, des richesses natnreUes de toute es^ce, et, par endroits, ime population indolente, et qui, étant <is8ue d'un mélange de races blanche, nôtre et xouge, ne peut guère affecter l'attitude hautaine de i'AnglcnSaxon. Ni le peuple ni les gouvernements ne semblent y craindre les

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Japonais; mAme en certaines régions on a exprimé le désir de voir grandir leur rôle au nouveau monde, pour contre^balancer la prépondérance excessive des États- Unis.

Ces conditions favorables sont déjà connues au Japon; le mouvement d'immigration vers T Amérique latine, qui vient de s'y ébaucher, semble destiné à s'étendre rapidement. Depuis quelques années il existe dans l'ar- <:hipel une Société de colonisation du Mexique, dont l'activité ne s'est jamais arrêtée, même pendant la guerre russo-japonaise.

Dans l'Amérique du Sud, ils ont commencé par le dhili et le Pérou, où ils ont été bien reçus; plus récemment, ils ont signé avec le Brésil un traité pour que des immigrants cultivateurs s'y établissent et y reçoivent des concessions de terres. Des communications directes entre l'empire du Mikado et les grands ports de l'Amérique du Sudserontassurées par une ligne japonaise. Dans ces circonstances, on peut s'attendrei voir l'immigration japonaise dans ces pays se produire bientôt sur une ^ande échelle, au bénéfice immédiat de tous les intéressés.

Pour le moment la chose n'importe aucunement aux États-Unis, et il faut espérer qu'il continuera d'en être Ainsi ; pourtant on ne doit pas être trop confiant. L'idée de fiûre coopérer les capitaux européens au développement des pays sud-américains, au grand avantage de leurs habitants, pourra réussir, mais elle a ses dangers. Nous avons déjà parlé des ennuis que pourraient causer les placements de ce capital dans ces régions : l'afflux

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de la main-d'oçuvre asiatique pourra en causer d'autres qui ne seront pas moins graves.

La présence d^un nombre considérable de Japonais, même dans les territoires à population clairsemée de FAmérique latine, pourra provoquer tôt ou tard une certaine agitation. Elle naîtra d'autant plus vite que les nouveaux venus réussiront mieux dans leurs a&ires ; cette hypothèse n'a rien d'improbable, car les Japonais se sont déjà montrés à la hauteur d'une concurrence plus sérieuse que celle de l'Américain du Sud. On ne doit pas s'attendre à ce qu'ils préviennent cette hostilité à force de modestie, ou par une prompte assimila, lion. Aux États-Unis en effet, où les Japonais ont avoué qu'ils avaient beaucoup à apprendre, on leur a reproché le plus souvent leur insupportable orgueil ; que sera-ce dans des pays où ils se sentiront supérieurs de toutes les façons à ceux qui les entourent ? Quant à leur assimilation, s'il est difficile de se figurer la métamorphose des Japonais en « bons Américains »,il faut encore plus d'imagination pour concevoir leur transformation rapide en Péruviens ou en Brésiliens. D'autre part ils ne se laisseront pas traiter comme les Chinois au Brésil. Or l'expérience a prouvé que dans certaines des républiques latines les droits des étrangers ne sont pas toujours respectés. On peut être sûr que le gouvernement de Tokio ne manquera pas de protéger ses nationaux en n'importe quelle partie du monde, et qu'il ne restera pas les bras croisés si on leur ferme une à une toutes les portes.

On peut montrer de la modération quand il s'agit GooLiDGB. a6

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