‹ Les États-Unis, puissance mondialeChapitre 60 sur 63 · I.B9 ÉTATS-UNIS £T LE JAPON 4o · texte numérisé non relu

I.B9 ÉTATS-UNIS £T LE JAPON 4o

leur présence fit nattre quelques espérances, mais ils ne reçurent aucun secours réel. Les Japonais étaient alors tout à fait absorbés par leurs projets dans une autre direction, et, quand les Philippines passèrent aux États-Unis, ils ne donnèrent aucun signe de contrariété. Leurs visées sur Tarchipel, s'ils en ont, dateraient plutôt de leur dernière guerre, qui a si puissamment excité l'assurance et l'ambition nationales.

Les intérêts des États-Unis et du Japon en Extrême* Orient ont été [pendant assez longtemps identiques ; aussi la politique respective des deux gouvernements a-t^Ue été en harmonie. Mais on peut se demander si la situation est aujourd'hui la même. Ces deux puissances étaient opposées au partage delà Chine: ce danger n'est plus imminent ; il l'est même bien moins qu'une espèce de suprématie du Japon qui ne serait guère au profit des États-Unis. Toutes deux étaient hostiles & l'annexion de la Mandchourie par l'empire russe: si la Russie absorbait maintenant une portion de la Mandchourie, ce serait avec la complicité du Japon, qui pour sa part menace d'absorber la partie méridionale, la plus peuplée de cette région, grand champ d'expansion du commerce américain. On a déjà accusé les Japonais d'y favoriser par des méthodes clandestines la vente de leurs marchandises, et l'on peut s'attendre à des développements dans l'avenir. Si, comme il semble probable, les États-Unis et le Japon doivent devenir des rivaux commerciaux acharnés, sinon les deux plus grands, en Extrême-Orient^ il n'est pas surprenant que, lorsque l'un d'entre eux y possède

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une situation politique prépondérante, il soH tenté d'entraver la marche de Pautre, qui i la moindre occasion ne manquera pas de se plaindre qu'on lui &ît une concurrence déloyale. Ce qui aggrave les contrariétés des Américains, c'est que les Japonais ont Thabitode dlmiter, pour ne pas dire de contrefaire, les produits étrangers avec des marchandises infikieures de lear fabrication, pratique à laquelle les nations se sont aussi souvent livrées que les indiridus, et de rabaisser ou de discréditer leurs rivaux. Si les Japonais profitent maintenant de leur prépondérance en Corée et dans la Mandchourie méridionale pour violer le prindpe de la c porte ouverte », — principe qu'on défend avec plusd'^ergîe quand on n'est pas soi-même le portier, — les Anaéricains en éprouveront à coup sAr un vif ressentiment. Il est possible toutefois que les accusations portées ooRtre les Japonais aient été très exagérées.

D'autre part ils perdront beaucoup de leur faîenveillance pour les États--Unis s'ils apprennent que ce pays est non seulement leur concurrent le plus dangereux sur les marchés de la Chine, mais qu'il fait plus d'efforts que toute autre puissance pour les empêcher de réaliser leurs ambitions politiques. Ils ont déjà un grief qui, bien qu'erroné, ne doit pas être passé sous silence. Si les plus impartiaux et les plus sages d'entre eux reconnaissent que la paix de Portsmouth a garanti au Japon tous les avantages qu'il pouvait e^>érer, va la situation militaire et l'état de ses finances àTépoque, ce traité n'en a pas moins inspiré un amer désappointementau public japonais : il pourraitenrésulter celle oon-

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