‹ Les États-Unis, puissance mondialeChapitre 61 sur 63 · I.Eft ÉTATS-UKIS ET LB J^PON · texte numérisé non relu

I.Eft ÉTATS-UKIS ET LB J^PON

Tidion qwy de même (pie la Russie, rAUema^poe et la France coalisées ont amcIiMé au Japon le fruit de ses premières yictoires, ainsi les Êtats4Jnis, poussés psr la loftcne jalousie, auraient sous un voile (t'amilié réussi i le priver du plein profit de ses triomphes sur la Russie. Cette interprétation des faits est des plus fausses^ mais, comme c'est une légende qui flatte la passion nationale, elle se fait trop bien accepter. La morale de toute cette a&ire, c'est le danger qu*il y a & faire office de médiateur, même avec les intentions les plus amicales.

A regard de la Chine, les Japonais se considèrent aujourd'hui comme de généreux libérateurs qui l'ont sauvée de la servitude des Européens, de sages mettras qui l'ont initiée à sa régëoération, et de guides bienveillants qui dirigeront ses pas dans le sentier de sa grandeur future. Les Chinois voient les choses d'un tout autre œil. Pour eux, c'est le Japon qui le premier a étalé leur faiblesse devant le monde, qui les a dépouillés de Formose et qui leur a enlevé leur ancienne souireraineté sur la Corée, dont il s'est emparé maintenant d'une £Gbçon définitive. S'il a repoussé les Russes, c'éteit par pur égcû'sme; en tout cas, il sera temps de parler de reconnaissance lorsque la Mandchourie aura été rendue sans réserves à ses seuls possesseurs légitimes. Les Chinois veulenit bien apprendre du Japon tout ce qu'il peut leur enseigner, comme le Japon s'est instruit luimême en Occident, mais ils nie veulent pas de guides, c'est-à-dire de maîtres, et ils se croient capables de &ire tout seuls leur salut. Par suite leur attitude envers les Japonais, loin d'être docile, est plutôt méfiante et

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quelque peu craintive. Il leur tarde de recouvrer de plein droit la Mandchourie, et, instruits par Texpérience, ils ne se fient pas aux professions de désintéressement. N'étant pour le moment qu^une puissance militaire relativement fidble, ils sentent le besoin d'un appui étranger, et il n'y a qu'un pays dont ils puissent l'attendre. La Grande-Bretagne, la France et la Russie ont toutes signé des traités avec le Japon récemment; l'Allemagne, sans doute plus sympathique, a une position qui ne lui permet guère de risquer en leur faveur un conflit avec le Japon : restent les États-Unis, que leur intérêt pousse toujours à défendre la politique de la « porte ouverte » et l'intégrité de l'empire chinois, y compris la Mandchourie. Ces faits, comme on peut le croire, sont appréciés k Pékin. Pendant quelque temps encore il sera sage de ne pas y soulever la question épineuse des restrictions imposées à Timmigration chinoise, mais de saluer à nouveau les Américains comme les meilleurs amis de la Chine, la seule nation qui n'ait jamais convoité un pouce de son territoire et qui l'aidera à échapper aux griffes des avides Japonais. Tout cela va très bien, et c'est peut-être pour les États-Unis une politique habile autant que généreuse de prendre en retour une attitude bienveillante; mais plus ils gagneront la gratitude de la Chine, ils perdront l'amitié du Japon. L'idée que les Chinois voient dans les États-Unis leurs protecteurs naturels contre les ambitions nipponnes su£Bt à irriter les Japonais, qu'ils aient ou qu'ils n'aient pas de tels desseins et il se peut que les Chinois s'en rendent compte.

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