‹ Les États-Unis, puissance mondialeChapitre 62 sur 63 · LB8 ÉTATS-UNIS ET LE JAPON · texte numérisé non relu

LB8 ÉTATS-UNIS ET LE JAPON

n y a un dernier groupe de raisons qui font croire à bien des gens au Japon aussi bien qu'aux États-Unis, et peut-être plus encore ailleurs, que les deux pays doi- Yent tôt ou tard en venir aux coups : ce qui rend le conflit inévitable, dit-on, c'est soit la rivalité de la civilisation orientale et de la civilisation occidentale, soit « la domination » moins idéale, mais à peine plus tangible, de TOcéan Pacifique. Or, on peut affirmer que la plupart de ceux qui emploient ces grands mots ne savent guère ce qu'ils signifient. Les différences qui séparent les deux civilisations, orientale et occidentale, sont difficiles k définir et pourtant souvent profondes ; mais une telle phraséologie ne peut qu^induire en erreur, car il y a plus de différence par exemple entre l'Arabe et le Chinois qu'entre le Chinois et l'Européen. Quoi qu'il en soit, on ne voit pas comment les Japonais et les Américains, en se détruisant les uns les autres à l'aide des armes les plus perfectionnées qu'ait inventées la science moderne, travaillent au progrès d'une civilisation quelconque. Si les Américains l'emportent ils n'iront pas mettre l'alphabet romain ou la religion chrétienne dans les clauses du traité de paix et la victoire la plus complète des Japonais n'avancerait guère la propagation des dogmes shintoïstes ou l'étude des classiques chinois au nouveau monde. S'il se produit un conffit entre les civilisations de l'Orient et de l'Occident, chose dont il est permis de douter, il ne se résoudra pas de cette façon simple et énergique.

De même ces formules pompeuses de <c domination des mers», de c souveraineté du Pacifique », etc., ris*

4&0 usa ÉTAT9-U1IIS ET US JAfOS

qaeal bien da n^èlre qpi'un pur verbiage. Qvte veut dire eetle « souveraineté », et coamnent rAmériqfid la pTBndrflât^e au Japon, ou le Ji^n à rAmériqae, à force de victoires ? S^agit-41 de construire une plas grande flotte ? Mais la Grande-Bmtagne continue à ^ « la reine des flots », parce qu'elle a plus de vaiaà9e«i de gtt^ne qu^aucune autre puissanoe, <pi^eUe peut û elle le veut les envoyer tous dans le Pacifique, et qu«, tant i|u'dle aura cette prép<MidéranGe, la « aouveraineté » de TAinéricain ou du Japonais ne durera qu'autant que l'Anglais voudra bien resl^ à Téeart. Ou bien supposons que Tun des deux pays possède la flotte la plus f(»rte, et l'autre le commerce le mieux développé : lequel aura la « souveraineté »? En Ihéerie peut-être celui qui a le plus de navires^ parce ^*il pourra ^Uer son voisin ; mais pendant la paix OA ne peut douter que l'autre ne serait en meilleure postiH^. D'aîUeurs, pourquoi une guerre entre les Éta^Unis et le Japon décideraitHelle Mitre eux de la suprématie commerciale? Il pourrait k vrai dire y avoir de grandes pcartes, etoeitaines industries seraient frappées à moit; mais nous ne sommes plus au temps où le vainqueur pouvait interdijne au vaincu de labriquer œ dont il avait besmn et de vendre de son mieux ses produits sur des marcbés neuUres. Si les escadres américaines balayaieiA lePacâfique, cala n'empèdberait pas les cotonnades japonnisss

' de ae dâûter à meilleur marché que ccdUes de l'Amérique dans les magaûns de Sbaa^haï, ni les navîves jiqponais, quand la paix serait rétablie, d'avoir <dea tarifis de

. transport mcâns élevés que leurs rivaux américains. Par

Page 1