‹ les etatsunis pendant la guerreChapitre 24 sur 38 · I-ES ÉTATS DU CENTRE · texte numérisé non relu

I-ES ÉTATS DU CENTRE

et OÙ, SOUS des institutions communes, TUnion régnera dans les cœurs depuis le Maine jusqu’au Rio- Grande, comme elle est maintenant rétablie par les armes !

Si ces souvenirs de voyage ont montré quelle puissante énergie la société américaine déployait encore après quatre ans de guerre civile, j’aurai atteint mon but. Quand les blessures aujourd’hui encore saignantes seront cicatrisées, on verra que la guerre a fortifié plus qu’elle n’a affaibli l’Union. Ellearévélé au peuple américain toute la profondeur du sentiment qui l’y attache. En lui imposant de terribles sacrifices, en le condamnant à de grandes douleurs, elle l’a porté comme d’un coup de la jeunesse h la maturité. Elle a rendu à la constitulion fédérale son caractère primitif, au pouvoir exécutif la force dont l’école démocratique l’avait par degrés dépouillée; elle a mis fin à la contradiction fatale entre la servitude et la liberté; elle a donné h la nation plus de confiance en ellemême, dans la grandeur de ses destinées, dans la noblesse de ses idées épurées et désormais sans alliage. Elle a montré que la liberté est assez forte, non-seulement pour soulever un jour les hommes contre une tyrannie, mais pour fonder des institutions , une nation, une patrie. Après tant de sacrifices faits par le peuple américain à l’Union, tant de sang versé, tant de richesses perdues, peut-on redouter que ce peuple ne sache point faire les sacrifices désormais bien plus légers, bien plus faciles, qui seront nécessaires pour

CINCINNATI. — l>fllLADKLPHlK.

consolider son œuvre? Croit-on qu’il cédera trop facilement aux instigations de la rancune et de la colère, et qu’il se jettera, par exemple, k plaisir dans les complications de la guerre étrangère? Il a reconquis tout son territoire, mais il n’a aucune envie de l’étendre. Il sait mieux que personne combien les difficultés qu’il a eu à vaincre ont grandi par l’immensité mémo de ce territoire. Son ambition ne rêve point l’annexion de provinces nouvelles : il lui importe bien plus d’effacer dans les anciennes toute trace delà guerre civile. Il n’est pas à craindre non’plus que dans l’enivrement de son triomphe, il se montre sans pitié 'pour les vaincus; tout sera pardonné à ceux qui cesseront d’ètre les ennemis de TUiiion. -Nord tirera luimême le Sud de l’abîme de ruine et de misère où il s’est volontairement jeté : il lui offre ses' capitaux, ses bras, ses machines, ses écoles, ses institutions municipales, le secours de son intelligence et de son activité. 11 neiui demande! qu'une chose en* retour : c’est l’abdication'de cette ‘puissance sinisti'e et barbare qui a pris pour armes, non-seulement des fusils, mais des fouets et des poignards, qui a fait répandre des torrents de sang humain et failli amener la ruine de la république. Pour que l’Union vive, 'il faut' quu l’esclavage péris.se, et que périsse avec lui tout ce qui reste encore de son œuvre politique et sociale.

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