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à ceux qui ont donné leur vie pour que la nation puisse vivre. Cela est juste, cela est bien; mais, dans le sens le plus large, nous ne pouvons dédier, nous ne pouvons consacrer, nous no pouvons sanctifier oe sol. Les braves gens, vivants ou morts, qui ont combattu ici, l’ont consacré mieux que notre pauvre pouvoir de louange ou de critique. Le monde tiendra peu de compte et se souviendra peu de temps de ce que nous disons ici, mais il ne pourra oublier ce qu’ils ont fait. C’est plutôt à nous, vivants, d’être consacrés ici à la grande tâche qu’ils ont laissée interrompue, afin que ces morts honorés nous inspirent un dévouement plus grand à la cause pour laquelle ils ont donné la dernière, la pleine mesure du dévouement, afin que nous résolvions ici hautement que ces morts ne sont pas morts en vain ; que la nation. Dieu aidant, renaîtra dans la liberté, et que le gouvernement du peuple parle peuple, pour le peuple, ne périra point sur cette terre. 1) • •
N’est-ce point là la véritable éloquence, celle que l’orateur n’a point cherchée, et qu’il trouve sans y penser? Sous le poids d’une puissante émotion,* il rejette les vains ornements, et atteint la pureté, la concision, la noblesse des plus grands modèles classiques. Ne sent-on pas aussi, sous ces accents pathétiques et contenus, quelque chose de cette tendresse dont j’ai parlé? On eût dit par moments, à voir M, Lincoln, qu’il portait dans son cœur le deuil de de tous ceux qui étaient morts dans les terribles an-