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ATMOSPHÈRE

Impatients que nous étions d'admirer avec vous , mesdames , les merveilles des cieux, nous nous sommes élancés à travers l'atmosphère qui environne notre terre, sans nous occuper de cette couche d'air qui nous fait vivre, non plus que des météores qui s'y forment. Là aussi pourtant sont des choses merveilleuses, et qui attestent à la fois la puissance du Créateur et le génie de l'homme.

Vous savez déjà , mesdames , que l'atmosphère est cette couche d'air sphérique comme notre globe qu'elle couvre en tous sens, et dont l'épaisseur est de quinze à vingt lieues. Cette couche est composée d'éléments très-distincts , savoir : le gaz oxygène et l'azote , dont la réunion forme l'air respirable ; le gaz acide carbonique , résultant de deux grands phénomènes , la combustion et la respiration des animaux ,

et qui est indispensable à la nutrition des plantes; la vapeur d'eau qui est plus ou moins abondante; enfin plusieurs autres fluides en très-petite quantité, tels que gaz, émanations, effluves, miasmes, etc.

L'air est essentiellement élastique ; il se condense et se dilate très-facilement par l'action de la chaleur, et il est plus ou moins pesant, selon qu'il est plus ou moins dilaté.

Au premier aspect, l'air semble n'être pas un corps pondérable ; mais il est bien facile de s'assurer de sa pesanteur : que l'on ait deux globes de verre d'un poids égal , si l'on extrait l'air de l'un des deux au moyen d'une pompe pneumatique , et qu'on les pèse ensuite , on trouvera celui qui sera privé d'air plus léger que l'autre. C'est la pesanteur de l'air qui fait monter l'eau dans une pompe. Lorsqu'on fait jouer le piston , le vide se fait dans le corps de la pompe ; l'air continuant à peser sur la surface de l'eau qui environne la pompe, la force à monter dans l'espace vide. L'eau ne peut être élevée ainsi que jusqu'à une hauteur de trentedeux pieds au-dessus du niveau de la mer , ce qui démontre qu'une colonne d'eau de trente-deux pieds est d'un poids égal à une colonne d'air atmosphérique , partant du niveau de la mer et s' élevant jusqu'aux dernières couches de l'atmo* sphère ; ce poids est aussi le même que celui d'une colonne de mercure de vingt-huit pouces : c'est ce qui constitue la théorie du baromètre.

Puisque l'air pèse également sur toute la surface du globe, nous devons supporter une partie de cette charge, et, en effet, on démontre facilement que le poids de l'air qui presse le corps d'un homme de moyenne taille équivaut à un peu plus de dix-huit mille kilogrammes. Ainsi, mesdames, lorsque vos pieds agiles semblent glisser sur le gazon sans le fouler, alors que vous nous apparaissez sous ces formes presque vaporeuses qui vous font comparer à des sylphides, vous n'êtes en réalité que des esclaves infortunées , condamnées à porter éternellement cet effroyable fardeau.

Heureusement ce poids énorme ne peut nous être sensible : comme il presse également toutes les parties du corps à l'extérieur et à l'intérieur, il en résulte un équilibre parfait qui laisse au corps toute son élasticité et qui maintient ses formes et la cohésion des diverses parties qui le composent. Si l'air n'exerçait pas sur nous cette pression salutaire , le sang s'échapperait à travers les pores de notre peau , ce qui est arrivé souvent à des aéronautes qui s'étaient élevés jusqu'aux couches d'air les plus raréfiées , et aux voyageurs qui sont parvenus au sommet des plus hautes montagnes.

Consolez -vous donc , mesdames, de l'obligation où vous êtes de porter cet énorme fardeau , car vous lui devez la pureté de votre teint, l'incarnat de vos lèvres, le rosé de vos ongles, le feu de vos regards; qu'on vous affranchisse

de cette lourde chaîne qui vous attache à la terre , et il ne restera de vos charmes que le souvenir.

Les phénomènes qui se produisent dans l'atmosphère sont ce qu'on appelle météores; on les divise en quatre catégories : les météores aériens , les météores aqueux, les météores ignés et les météores mixtes.

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