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MÉTÉORES AÉRIENS

La chaleur et le froid résultent d'un même principe qu'on appelle calorique; il fait chaud ou il fait froid, selon que l atmosphère contient une quantité plus ou moins grande de calorique; ou plutôt, pour nous exprimer plus scientifiquement, il ne fait ni chaud ni froid, seulement le calorique est plus ou moins abondant. Mais ce n'est là qu'une dispute de mots, une de ces taquineries de savants dont nous pouvons faire bon marché. Ce qui importe , c'est d'examiner le rôle important de la chaleur dans l'atmosphère.

On est parvenu , par un procédé très-simple , à exprimer la quantité de chaleur contenue dans l'atmosphère tout entière ou dans un corps quelconque, au moyen d'un instru-

ment appelé thermomètre, lequel n'est autre chose qu'un tube de verre contenant une certaine quantité de mercure ou d'esprit-de-vin. On plonge ce tube dans de la glace fondante ; la hauteur de la colonne de mercure dans le tube ainsi immergé, s'exprime par zéro — 0. On plonge ensuite le tube dans de l'eau bouillante et l'on marque le point où s'élève le mercure ; puis on divise la distance depuis zéro jusqu'à l'eau bouillante en cent degrés; on divise également la partie du tube au-dessous du zéro en degrés semblables. Zéro étant le point de départ, on peut donc exprimer la chaleur en disant qu'elle est de tant de degrés au-dessus de zéro, de même qu'on exprimera l'intensité du froid en disant qu'il est de tant de degrés au-dessous de zéro. Il est donc bien vrai que le zéro est une puissance ; ici comme ailleurs il donne aux choses où on le mêle une valeur que lui-même ne possède point.

La température à la surface du globe est très - variable ; non-seulement elle diffère d'une contrée à une autre; mais elle varie presque à chaque heure dans un même lieu. Ces variations ont des causes diverses ; elles sont dues à la distance où l'on se trouve de l'équateur , au plus ou moins d'obliquité des rayons du soleil , aux saisons et à la hauteur à laquelle se trouve le sol au-dessus du niveau de la mer. Il résulte de cette dernière cause que de deux cantons limitrophes, l'un peut être très-chaud , tandis que l'autre sera

excessivement froid, différence qui n'aura d'autre cause que l'élévation plus ou moins grande au-dessus de la mer.

Cette différence de température entre deux lieux qui se touchent est surtout remarquable dans les pays montagneux ; souvent à la base d'une montagne on voit croître la canne à sucre et d'autres végétaux qui exigent une température trèsélevée ; deux ou trois cents toises plus haut, les orangers sont en fleurs; plus haut encore sont la vigne et les oliviers; audessus le froment est cultivé avec succès ; puis viennent les bouleaux , les sapins , les mousses, et enfin des rocs couverts d'une neige éternelle contre laquelle les rayons du soleil sont impuissants. Ainsi dans un trajet de deux ou trois lieues, on passe des chaleurs du tropique au froid de la Sibérie.

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