‹ Les étoiles; essai d'astronomie sidérale (volume 2)Chapitre 114 sur 152 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

La distribution des petites étoiles est aussi très-bien marquée, quand on a soin de se tenir dans les moyennes sans entrer dans les cas particuliers.

Le plus grand nombre des petites étoiles se trouve évidemment dans la voie lactée. La marche de cette zone a été tracée avec beaucoup de soin dans tous ses détails par Heis dans son Novus Atlas Celestis pour l'hémisphère nord, et par Herschel dans ses observations faites au Gap pour l'hémisphère austral ; après une étude approfondie de la portion visible dans nos latitudes, nous pouvons garantir l'exactitude de ces descriptions. Les figures données par ces astronomes et mieux encore un coup d'œil sur le ciel, grand livre ouvert à tous, valent mieux que toutes les descriptions. Nous avons cherché à en reproduire les formes dans les planches I et II (tome I).

La voie lactée ne forme pas, à proprement parler, une zone continue, mais une série de portions lumineuses dans lesquelles les étoiles sont plus ou moins condensées. Ces masses ne sont pas disposées sur un grand cercle régulier; la voie

lactée n'a pas la même largem" partout, et elle n'est pas simple. Du Cygne, où elle a sa plus grande largeur, elle se subdivise, comme on sait, dans l'Aigle, et le rameau principal court à travers Antinous, l'Ecu de Sobieski et le Sagittaire H. XVII {17« heure), tandis que l'autre se dirige vers le Scorpion, où, après un certain temps, il semble disparaître. Près du Sagittaire, la structure globulaire est plus apparente qu'ailleurs. Ces rameaux se courbent pour se réunir dans l'hémisphère austral; dans le Triangle Austral, en H. XV et XIV, la voie devient extrêmement brillante, puis elle passe par la Croix du Sud H. XIII. Mais, dans cette constellation, la voie lactée présente un phénomène curieux, une lacune ovale, dite le Sac à charbon, après laquelle elle se rétrécit beaucoup, elle n'a plus que 3° de largeur H. XI, puis elle se ■dilate de nouveau et se termine en éventail à trois branches bien distinctes, en H. IX. Il est très-important de constater une lacune que présente la zone dans la constellation Argo, près de l'étoile 5 qui en rompt la continuité; elle laisse un intervalle vide d'environ 10° ; après quoi elle reprend de l'autre côté, avec une forme analogue en éventail à trois branches, en H. VIII. Elle passe ensuite au-dessus du grand Chien et de la Licorne, où elle traverse l'équateur, et, se dilatant beaucoup tout en diminuant d'intensité, elle vient dans notre hémisphère se fondre dans un grand espace compris entre les constellations du Taureau et des Gémeaux, où elle recommence à se rétrécir et à s'affaiblir en traversant le Cocher. Puis elle se dilate de nouveau dans Persée et Gassiopée pour revenir au Cygne.

Cette zone très-irrégulière n'a pas, même vue au télescope, une densité constante; tandis que, du côté de l'Aigle et du Sagittaire, elle laisse un fond de ciel blanc impénétrable aux plus forts instruments; du côté du Taureau au con-

traire, où elle est très-large, elle est entièrement résoluble.

La ligne médiane menée à travers ces détours n'est pas rigoureusement un grand cercle; ce serait plutôt un petit cercle éloigné d'environ 5° du grand cercle le plus voisin. Il coupe l'équateur céleste à 108° et à 288° pour la "branche principale et à 268° pour la branche secondaire, et le milieu de la branche principale est incliné d'environ 60". En dehors de cette grande zone, il faut encore remarquer dans le ciel les deux vastes masses brillantes appelées Nuées de Magellany morceaux de la voie lactée détachés et isolés dans le firmament; elles sont entièrement composées d'étoiles enveloppées pour la plupart dans une nébulosité'.

Par l'idée simple, bien imparfaite, que nous venons de donner de cette immense formation céleste, on voit qu'il est impossible de la réduire à une représentations géométrique simple sans en fausser la nature. Toutefois, pour résoudre certains problèmes, il est nécessaire d'en étudier les caractères principaux, en se contentant de certaines moyennes fondées sur l'observation, lesquelles, si elles altèrent le caractère du phénomène sous un aspect, sont cependant utiles et indispensables sous d'autres rapports.

Gela posé, abordons cette étude.

Nous avons déjà vu comment les deux Herschel ont fait des sondages, pour connaître la distribution apparente des étoiles. Ces données, discutées d'abord par leurs auteurs, puis en dernier lieu par Struve, ont conduit aux résultats suivants :

1° Les étoiles sont d'autant plus nombreuses qu'on se

1 Si 1 ou veut plus de détails, il faut consulter les admirables descriptions du ciel austral par J. Herschel, dans l'ouvrage immortel où il rapporte ses observations faites au cap de Bonne-Espérance. Cette œuvre constitue un travail qui a été rarement surpassé pour l'hémisphère boréal même.

rapproche davantage de la voie lactée, où leur densité est ^naxirna.

2° La densité est niimma au pôle de cette même voie lactée.

Au moyen des nombres d'Herschel, le célèbre W. Struve (Astr. stellairé) a recherché la loi de condensation par rapport à la voie lactée et a obtenu les résultats suivants.

Prenant séparément les sondages faits au milieu de la voie lactée, à l'endroit où elle traverse l'équateur, on trouve pour chaque champ lactéen :

Du côté de six heures d'ascension droite (entre le Taureau et les Gémeaux), 49 sondages multiples avec 4,042 étoiles, soit en moyenne 82,5;

Du côté de dix-huit heures (Aigle), c'est-à-dire dans la partie principale, 73 sondages, 10,612 étoiles.

Dans la partie secondaire, 29 sondages, 5,862 étoiles.

En tout, à dix-huit heures, 102 sondages, 16,477 étoiles, en moyenne 161,5 par sondage.

La dififérence ici est considérable et montre une plus grande accumulation du côté de dix-huit heures que du côté de six heures. A six heures, le maximum d'un champ est de 204 étoiles, et à dix-huit de 557; par conséquent, la voie lactée est plus uniforme du côté de six heures que du côté de dix-huit. Toutefois, laissant de côté pour le moment la conséquence directe qui serait que notre soleil est plus près des limites de la masse galactique du côté de six heures que du côté de dix-huit heures, et si Ton veut se borner aux con séquences générales, on peut prendre une moyenne de ces deux nombres. Mais la voie lactée se divise du côté de dixhuit heures, ce qui produit une autre irrégularité. Pourtant, même dans l'intervalle des deux branches, elle est très-riche, et à l'endroit où elle se bifurque, dans l'angle, elle donne

en moyenne 60 étoiles dans le champ. Donc, en prenant la moyenne des nombres précédents, on trouve que dans le plan même de la voie lactée on voit 122 étoiles par champ. 3° Pour trouver la densité moyenne à 15» de distance du plan galactique, l'auteur a compté les sondages herschéliens qui tombent entre 10" et 20° tant au sud qu'au nord de la voie lactée, telle qu'elle est dessinée sur les cartes de Lubbock, et il a trouvé :

Du côté de 6'' 33™, une densité moyenne de 25,5(. 181' 23"! — 35,06

d'où l'on tire une densité moyenne de 30,30, pour 15°

4" Entre 25" et 35% opérant de la même manière, on trouve pour 35 sondages la densité de 17,68 correspondant à la moyenne de 30", et on finit par arriver au tableau suivant :

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