NOTICE SUR LE P. SECCHI
rassemblés ; et l'on sent bien, en lisant ces chapitres , que celui qui les a écrits a consacré sa vie à ces recherches et est un de ceux qui ont le plus contribué à ces magnifiques découvertes.
En trailan'ï des étoiles, et après avoir montré l'étroite analogie que le spectroscope indique entre quelques-unes d'entre elles et notre soleil, le P. Secchi était naturellement amené à résumer en quelques pages ce que l'on sait sur la constitution physique de l'astre central de notre système. Le soleil n'est qu'une des petites étoiles du ciel, mais la plus rapprochée de nous ; il se trouve ainsi plus à notre portée, se prête mieux à nos études, et les phénomènes que l'on pourra saisir à sa surface de\Tont ainsi jeter un grand jour sur ceux qui doivent se passer dans les étoiles lointaines.
Mieux que personne, le P. Secchi avait saisi ce lien étroit et avait consacré le meilleur de son temps à Tétude du soleil. Ses travaux qui commencèrent à l'éclipsé du 28 juillet 1851 , l'occupèrent jusqu'à son dernier jour. Il les a exposés lui-même dans le plus célèbre de ses livres, le Soleil, dont la dernière édition française, si augmentée qu'elle formait presque un ouvrage nouveau, fut terminée l'année même de sa mort. Le P. Secchi se voua d'abord à une étude complète des taches, de leur forme et de leur périodicité. Il étudiait chaque jour l'apparence du soleil, notant le nombre des taches, mesurant leur position et leur surface, et prenant des dessins détaillés de toutes celles qui semblaient offlir quelque particularité curieuse. Plus que personne il contribua ainsi à faire prévaloir les opinions admises le plus généralement aujourd'hui sur leur nature, et démontra que ce ne sont que des apparences résultant de mouvements %"iolents venant bouleverser latmosphère brillante qui entoure le soleO,
Ses observations lui permirent également de vérifier les importantes découvertes des Schwabe, des Carrington, des R. ^Yolf, des "SYaiTen de la Rue, qui ont montré que ces phé-
NOTICE SUR LE P. SECCfll XI
nomènes n'apparaissent pas au hasard et à des époques quelconques, mais sont soumis à une loi de périodicité qui ne saurait être maintenant révoquée en doute.
Lorsque M. Janssen eut, en 4868, découvert le moyen d'étudier chaque jour les protubérances, grandes flammes qui semblent se produire à la surface du soleil, et qu'on ne pouvait voir jusqu'alors que pendant les éclipses totales, le P. Secchi fut le premier à se lancer dans la voie d'investigation nouvelle qu'ouvrait le spectroscope, et il joignit l'étude quotidienne des protubérances solaires à celles des taches. Il put bientôt formuler des lois importantes et montrer que les deux phénomènes sont étroitement liés l'un à l'autre : ils se produisent dans les mêmes régions solaires et sont soumis sensiblement à la même périodicité.
Pour lui, les protubérances ne sont rien autre chose que des éruptions gazeuses qui se manifestent avec une grande violence à la surface du soleil ; ces éruptions sont principalement formées d'hydrogène , mais entraînent souvent des vapeurs métalliques qui, arrivées à une grande hauteur dans l'atmosphère solaire, se condensent en nuages obscurs nous offrant alors l'apparence des taches ; le P. Secchi démontrvj longuement que cette hypothèse, si elle ne peut être considérée comme une certitude, suffit au moins à rendre suffisamment compte de tous les faits observés.
Dans les Étoiles, on trouvera un résumé succinct de ces importants travaux ; l'auteur insiste de préférence sur tous les points qui peuvent suggérer des analogies nouvelles entre le soleil et les étoiles ; et, considérant la périodicité des taches et des protubérances, qui prouve une activité variable dans le soleil, il n'hésite pas à faire de l'astre qui nous envoie la chaleur et la lumière, une étoile variable et animée d'un mouvement propre, comme bien d'autres que nous observons dans le ciel.
Le P. Secchi termine son ouvrage par de grands aperçus sur la constitution de l'univers. Laissant sagement de côté toutes les discussions sur l'origine primordiale et la formation des mondes, et se renfermant dans des données pure-