‹ Les étoiles; essai d'astronomie sidérale (volume 2)Chapitre 8 sur 152 · NOTICE SUR LE P. ECCSHI XIII · texte numérisé non relu

NOTICE SUR LE P. ECCSHI XIII

suffisait à expliquer la marche diurne du magnétisme terrestre, et dont les variations, accompagnées par celles des éléments magnétiques, étaient concomitantes d'autres phénomènes solaires, rotation, apparition des taches, etc. Ces hypothèses, encore contestables du reste, ont été plusieurs fois reprises depuis, mais en oubliant trop souvent de rappeler le nom de celui qui, le premier, les avait émises.

Cette influence apparente du soleil sur divers phénomènes terrestres avait suggéré au P. Secchi l'idée qu'il existe une force non encore connue de nous, indépendante de la chaleur et de la gravitation, et il formulait lui-même ses croyances en ces termes : « Les modifications décennales du soleil, manifestées dans la périodicité de ses taches et dans la force et la vivacité de ses éruptions, se reflètent dans les variations du magnétisme terrestre et dans les manifestations électriques des aurores boréales; ceci prouve qu'une autre force, indépendante de la gravitation universelle, part du soleil et se répand dans l'espace, envahit les planètes et y détermine les variations les plus obscures encore. Nous sommes sûrs de l'existence de cette force, mais nous ignorons son mode d'action. Est-ce un effet magnétique direct ou une simple transformation de son action calorifique?

Tels sont les travaux qui ont successivement rempli la vie du directeur de l'Observatoire du Collège Romain. Au moment où la mort venait le frapper, il achevait la publication des Étoiles et terminait le manuscrit des Leçons de physique terrestre, ouvrage dont l'édition italienne ne tardera pas à paraître, et où il est probable que l'auteur a résumé l'ensemble de ses opinions et de ses travaux sur la physique du globe et la météorologie. Il succomba le 26 février 1878, sous les atteintes d'un cancer à l'estomac, dont il souffrait déjà depuis longtemps, venant ajouter un nom de plus à la liste funèbre de l'astronomie, qui avait perdu successivement en moins d'un an Santini, à Padoue (26 juin 1877), E. Heis,

xnr NOTICE SUR LE p. SECCHI

à Munster (30 juin), Le Verrier, à Paris (23 septembre), et G. Littrow, à Vienne (18 novembre).

Les honneurs ne manquèrent pas au P. Secchi dans sa carrière scientifique; il était officier de la Légion d'honneur, correspondant de l'Académie des sciences, membre de la Société royale de Londres, des Académies de Saint-Pétersbourg, de Berlin, de Bruxelles, de Madrid, de Philadelphie, de la Commission géodésique internationale, et dans son propre pays, il n'avait cessé de recevoir de tous côtés et de tous les partis politiques les preuves de l'estime universelle.

Lorsqu'en 1875, le gouvernement italien expulsa les jésuites du Collège Romain et de l'Italie, non-seulement on laissa au P. Secchi la libre disposition de son observatoire, mais on l'autorisa à garder avec lui tous les religieux dont il pourrait juger l'assistance utile à ses travaux, et on le nomma en même temps professeur d'astronomie physique à l'Université de Rome. Enfin, en 1876, le gouvernement le nommait encore membre du Conseil directeur de la météorologie italienne, et un vote unanime de ses collègues l'appelait à la présidence du Conseil.

Ces honneurs, du reste, n'étaient que justes. Le P. Secchi offre, en effet, un des meilleurs modèles que puissent se proposer la plupart de ceux qui consacrent leur vie à la science. Ce n'était pas un de ces génies puissants, un de ces inventeurs extraordinaires qui commandent l'étonnement et l'admiration , mais dont la contemplation produit en même temps un certain sentiment de découragement. Il représente, au contraire, le but auquel peut viser tout esprit éclairé qu'anime l'amour du travail, et ses recherches, quoique souvent modestes en apparence, n'en sont pas moins de celles qui rendent le plus de services à la science, en la faisant avancer peu à peu, à pas lents, mais sûrs, dans la conquête de la vérité.

A. Angot.

INTRODUCTION

Les étoiles, ces centres lumineux innombrables et si divers, qui brillent au ciel dans une nuit sereine, qui ravissent et. enchantent par la variété de leur éclat et de leur coloris, par la scintillation continuelle de leur lumière, par leur répartition capricieuse sur la voûte céleste, sont un sujet de contemplation plutôt que d'étude. L'imagination se perd à trouver la trace d'une loi dans les méandres infinis qu'elles dessinent, l'œil se fatigue à chercher à les compter, l'esprit recule, comme devant un abîme insondable, à la pensée qu'il doit pénétrer jusqu'aux limites extrêmes, non pas d'une simple surface, mais d'une masse solide.

Toutefois, la science ne se laisse pas arrêter par les difficultés du problème, et, laissant de côté l'admiration pleine de charme qu'inspire la beauté du sujet, elle s'est mise à pénétrer le secret de ces mystères avec la patience de l'étude et de l'analyse. Armée des plus puissants instruments que l'art humain ait su construire, elle a déjà déchiré, sur une grande étendue, ce voile profond qui semblait impénétrable à l'intelligence humaine. Elançons-nous donc, nous

^ INTRODUCTION

aussi, sur cet immense océan de merveilles, certains que, si nous ne parvenons à en découvrir les rives, nous y trouverons du moins assez de beaux spectacles pour pouvoir, sans crainte de naufrage, rassasier la plus avide imagination.

Comme science, pour ce qui regarde la partie géométrique, on peut dire que l'astronomie stellaire est l'œuvre d'un peu plus d'un siècle; elle est de date plus récente en ce qui concerne les recherches physiques. Néanmoins, grâce à l'activité de nos contemporains, elle a feit tant de progrès, qu'on pourrait en remplir déjà bien des volumes. Aujourd'hui, on peut dire qu'aucun astre ne se couche dans le royaume de l'astronomie, car, à peine disparu aux yeux d'un observateur, il tombe sous le télescope d'un autre, et les stations se donnent l'une à l'autre le signal d'alarme. Nous chercherons à réunir tous ces résultats multiples dans un petit nombre de pages, rassemblant ce qu'il faut pour donner une idée suffisante de l'immensité du sujet et de sa variété.

Nous considérerons d'abord la distribution apparente des étoiles sur la surface du ciel, puis leur structure physique, et enfin nous chercherons à trouver les relations qui existent entre tous les corps qui peuplent l'espace. Nous nous efforcerons particulièrement de donner le développement nécessaire aux nombreuses questions de physique céleste, si étudiées dans ces dernières années.

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