‹ Les étoiles; essai d'astronomie sidéraleChapitre 44 sur 79 · ENTRE ELLES · texte numérisé non relu

ENTRE ELLES

On voit avec quelle rapidité devraient croître les distances stellaires en allant vers le pôle de la Voie lactée, et combien la densité croit dans son plan ; de telle sorte qu'à la distance 0,86, qui correspond à 60° d'élévation sur le plan galactique, la densité serait à peine 0,005 de celle du plan, et les étoiles seraient presque six fois plus éloignées l'une de l'autre près du pôle que sur le plan fondamental.

On ne peut dire qu'une distribution de ce genre soit impossible, mais il faut trouver un argument qui l'appuie de préférence à l'autre hypothèse qui suppose toutes les étoiles équidistantes, mais seulement disposées en lignes longues.

Pour décider ce point, nous pouvons mettre à profit les réflexions suivantes.

Si les étoiles nous apparaissent plus serrées, seulement parce que les lignes de visée sont plus longues, comme le voulait la première hypothèse d'Herschel, la proportion des astres de différentes grandeurs ne sera pas la même dans toutes les parties du ciel, et, dans la direction des rayons visuels les plus longs, les petites étoiles doinineroaî;, parcj

que, outre celles qui sont réellement plus nombreuses, il y faut ajouter toutes celles qui, par leur éloignement plus grand de nous, paraissent petites.

Au contraire, si les étoiles sont réellement plus rapprochées là où elles nous paraissent plus denses, en choisissant une sphère de visibilité d'un certain rayon, et en supposant les étoiles de différentes grandeurs réelles également dispersées dans l'espace (il n'y a pas de raison de supposer autre chose), le rapport des nombres qui expriment les grandeurs des différents ordres apparents devra coïncider avec celui qui résulte d'autres éléments relatifs à la distance, comme la photométrie et les mouvements propres.

Il est bon de remarquer que les deux hypothèses ne s'excluent pas absolument l'une l'autre; on peut admettre en effet que dans certaines directions les étoiles sontp/(^s serrées et en files plus longues. En réalité, nous n'avons pas de critérium certain, et il nous faut encore ici recourir aux probabilités ; nous savons en effet qu'une des étoiles les plus rapprochées (61 du Cygne) est parmi les petites.

Pour résoudre ce problème, W. Struve a calculé quel devrait être le rayon de la sphère où l'on pourrait renfermer les étoiles de chaque ordre, 1" en les supposant uniformément distribuées, 2° en tenant compte de la densité. Il ne s'agit pas ici des distances absolues, mais simplement des distances proportionnelles; il ne s'agit pas non plus d'une distribution géométriquement uniforme, parce qu'elle est impossible dans l'espace, mais seulement d'une uniformité approchée.

C'est ainsi (ju'en résumant, d'après les paragraphes précédents, la disposition des étoiles, nous avons dressé le tableau suivant, dans lequel la première colonne donne les grandeurs; la seconde, le nombre d'étoiles d'après Argelander et Herschel ; la troisième, les sommes successives des étoiles

de première, deuxième, troisième, etc., grandeurs; la quatrième, le rayon de la sphère qui peut contenir toutes les étoiles de chaque grandeur supposées à des distances uniformes; la cinquième, le résultat du même calcul suivant le dénombrement fait par Struve sur les étoiles de Bessel dans le catalogue de Weisse ; enfin dans la dernière se trouvent les différences des deux calculs.

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