SYSTEMES DE NÉBULEUSES
Il est singulier que, tandis que les nébuleuses elliptiques sont disposées de préférence autour des pôles de la Voie lactée, les nébuleuses irrégulières au contraire sont placées au bord de la Voie elle-même, ou au moins en sont très-rapprochées. Gomme nous l'avons dit, beaucoup de régions galactiques sont positivement des nébuleuses. Il en résulte manifestement que les nébuleuses elliptiques forment des associations indépendantes de la Voie lactée.
On ne peut néanmoins mettre dans cette catégorie les nuées de Magellan, où la masse la plus vaste se résout en étoiles et en nébuleuses très-petites, formant un groupe gigantesque, merveilleux, et d'une étendue qui défie notre imagination.
C'est chose digne de remarque que dans les nébuleuses elliptiques l'excentricité des couches va en diminuant jusqu'à arriver à des noyaux presque sphériques. C'est là certainement un fait qui est lié à un principe mécanique théorique important et tout à fait différent de celui qui régit les systèmes globulaires. Cela fait même un contraste encore plus marqué avec les nébuleuses annulaires (voy. les planches XV et XVI des nébuleuses).
On a cru longtemps que la Voie lactée n'était qu'une de ces nébuleuses, mais la nature gazeuse de celles-ci et la structure stellaire de la voie -ne comportent plus de comparaison, au moins générale et rigoureuse. Pourtant comme, dans beaucoup de régions brillantes de la Voie lactée analysées au spectroscope nous avons rencontré des traces de lignes brillantes, il pourrait s'y trouver encore de vastes masses gazeuses agglomérées. Mais, pour ces recherches, un instrument comme notre équatorial est peut-être trop faible. Espérons que ces recherches seront continuées comme elles lé méritent et avec des moyens suffisants.
Comme nous l'avons déjà indi({ué, il y a encore une grande
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question : les nébuleuses ont-elles varié'? La solution n'en est pas facile *.
Deux observateurs qui dessinent le même objet dans la même soirée et avec le même instrument présentent quelquefois de l.ès-grandes différences. Rien d'étonnant à ce que des dessins faits à de longs intervalles, en des lieux et par des astronomes difiërents, offrent d'aussi grandes différences. Beaucoup de variations apparentes peuvent dériver de variations des étoiles voisines. Ainsi, par exemple, tant qu'Argo était très-brillante et de première grandeur, elle paraissait dépourvue de toute nébulosité; aujourd'hui qu'elle est devenue de sixième grandeur, elle en parait enveloppée. Nous avons déjà vu que le Trapèze d'Orion a été considéré comme n'ayant pas le contour nébuleux, tandis que le spectroscope nous y a révélé des nébulosités plus vives qu'ailleurs. L'immobilité des nébuleuses nous montre quelle est l'échelle des temps sur laquelle nous devons mesurer la formation de la création et par rapport à laquelle les durées des époques géologiques sont de véritables jours.
Nous ne connaissons encore la distance d'aucune de ces masses, dont nous ignorons la parallaxe ; on ne peut donc en déterminer la grandeur. Il est manifeste que l'espace occupé par quelques-unes d'entre elles doit être immense, embrassant de vastes régions célestes difficiles elles-mêmes à déterminer et à définir, comme celles d'Orion, d'Argo et d'Andromède qui occupent plusieurs degrés d'étendue; mais même en se limitant aux plus petites et aux mieux définies, comme les nébuleuses planétaires qui ont un petit nombre de secondes, nous avons déjà vu ailleurs quelle doit être leur grandeur réelle. Une nébuleuse du diamètre de l'orbite
\. Ilolflen, Am. Journal of Science, May 1876, soutient raffinnative, surtout pour la nébuleuse en forme d'n et pour celle d'Orion.