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Fig.216. - Les Pléiadet d'HdvéUut (166Q).
Le tracé de la figure montre les divergences. Elles ne sont pas considérables, quoique plus fortes que dans Tycho.
La première est Alcyone, la deuxième Taygète, la troisième Atlas, la quatrième Maïa, la cinquième Electre et la sixième Mérope. Atlas et Maïa étaient alors moins brillantes que de nos jours. — On sait qu'Hévélius persistait encore à observer à l'œil nu.
A dater de cette époque (1660 à 1680, ^ fondation des Observatoires de Paris et de Greenwich), on substitue les ascensions droites et les déclinaisons aux longitudes et aux latitudes. Les ^ig. 217. - ut piaûierde FUmrtotd (ie9Ci>
LES PLÉIADES
premières observations que nous pouvons qualifier de modernes sont celles de Flamsteed, vers Tan 1690. D observa treize étoiles dans le groupe qui nous occupe et les désigna par les n<^ 16 à 28 du Taureau, numéros qu'elles portent encore. Les voici :
OBÀNDEDK
AscnaioiiDkoiTC
OiCLUUIMn
to
nom oouBiPoiiDÀiiTf Celœno.
Electre.
Taygète.
Mala.
Astérope I.
Astérope II.
Mérope.
Alcyone.
Atlas.
Pléione.
rai ajouté la dernière, qui n'a pas été insérée dans le Catalogue britannique, on ne sait trop pourquoi, car Flamsteed Ta parfaitement observée, le 4 février
1691 et le 3 février 1693; seulement il ne dit rien de sa grandeur. Piazzi l'a notée de 7i(c'estP.III,163).
Le dessin de TAtlas de Flamsteed ne reproduit pas exactement ces données, soit par la faute du dessinateur, soit par celle du graveur; aussi ai-je refait la figure. Elle correspond à peu près à l'état actuel; seulementPléioneestbeaucoup plus petite. L'étoile située entre 19 et 20, et nommée Astérope par Riecioli, n'a pas été observée.
En 1693, Lahire dessina les Pléiades à l'Observatoire de Paris, à propos du passage de la Lune de-
Flg. 218. - Carte dM Pléiades, CiUe par Lahire eo 1603.
vaut elles, n ne donne pas de nom aux étoiles ; mais l'inspection de sa carte (fig. 218] nous montre que cette année-là l'étoile située entre Taygète et Maïa était, comme du temps de Riccioli, plus brillante que les deux nommées aujourd'hui Astérope I et Astérope II. Pléione était alors plus brillante que FI. 26, à l'inverse de ce que Galilée avait observé. Gassinien 1708, LeMonnier en 1746, Mayer en 1756, Jeaurat en 1779, Lalande
LES PLÉIADES
Fig. 219. — Garto det PléiAdes, (ftlte par Cassini, en 1708»
en 1795, Piani en 1800, Bessel en 1839, Argelander en 1840, Heisen 1860, Engelmanu en 1870, Wolf en 1874, ont fait successi- TAment des observations et des cartes du même groupe, n serait interminable de reproduire toutes ces observations, dont Tintérêt diminue pour nous à mesure qu'elles se rapprochent de notre épogue; cependant on trouvera encore ici les cartes de Cassini, Jeaurat et Wolf. Je n*ai rien voulu négliger pour mettre toutes les pièces du procès entre les mains ; et maintenant , après la comparaison laborieuse qui vient d'être faite de tous les documents, il nous reste à r&um^ l'impression qui résulte pour nous de cette longue étude.
l"" Les Pléiades des Catalogues de Ptolémée et Sûfi ne correspondent pas du tout à Tétat actuel du ciel.
2* La divergence doit être attribuée en grande partie au manque de précision des observations anciennes. Cependant il est probable quePétoile la plus brillante du groupe n'était pas alors Alcyonu, située vers le milieu du groupe, mais une étoile externe située au nord.
Cette étoile, alors dequatrième grandeur, pouvait être celle qui porte le n» 571 de la zone H- 24* du grand Catalogue d' Argelander. Elle est actuellement de 7« grandeur.
V Les variations observées ne proviennent pas d'une rotation du groupe, ni de déplacements dans les positions respectives de ces étoiles, mais de changements d'édat.
4» Parmi ces changements, outre l'augmentation de l'éclat d'Alcyone,
Fig. 220. — Carte des Pléiades, foUte par Jeaurat en 1779.
LES PLÉIADES
arrivée sans doute au seizième siècle, et la diminution d'une étoile située au nord du groupe, on peut signaler les suivantes comme dignes de fixer l'attention:
L'étoile n^ 2 de Bessel, entre Taygëte et Maïa, aujourd'hui de neuvième grandeur, était de septième au temps de Riccioli (1664), et c'est elle qu'il a nommée Âstérope. Elle était de sixième grandeur en 1693, quand Lahire dessina sa carte. Hais en 1708, sur la carte de Cassini, elle est tooibée à la huitième grandeur, et
Fig. m. — carte des Pléiades, faite par Wolf en 1874.
désormais elle s'efface devant la double supérieure, nommée dès lors Âstérope I et Astérope IL
L'étoile n* 26 de Plamsteed, au-dessous d'Atlas, était de sixième grandeur, plus brillante que Pléione en 1610 (Galilée). Bile était du même éclat à l'époque de Flamsteed. Elle n'est plus aujourd'hui que de huitième.
Taygète était autrefois plus brillante que Maïa (Hévélius, Flamsteed, etc.). C'est le contraire aujourd'hui.
Electre et Atlas étaient égales au temps de Gassini ; ensuite, la seconde descend d^une grandeur au-dessous de la première; puis eUe remonte au-dessus d'Élec- Ire; Heis la fait de 4* en 1860; Wolf de 5« en 1875; elle est actuellement de 4*,6.
Mérope s'élève, en 1746 et 1756, à l'édat d'Electre, retombe en 1800 et remonte encore en 1850, pour redescendre jusqu'à notre époque.
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Astérope I était égale à Astérope n en 1841 et en 1850 (Schlûter et Argelander). Actuellement, la première est d'une demi-grandeur supérieure à la seconde; en 1746 c'était le contraire. Elles doivent augmenter d'éclat Tune et l'autre.
L'étoile 28 Bessel, au sud du groupe, qui est actuelkment la septième par ordre (t éclat, et de 6* grandeur, a été estimée de ?• 1/4 il y a cinq ans par M. Wolf, et de 7* 1/2 en 1825 par Bessel. Elle n'a pas été observée du tout par Piazzi et n'est pas dans le catalogue d'Armagh ni dans beaucoup d'autres. En revanche, elle a été estimée de 6* 1/3 par Heis, et elle est de 5« 1/2 dans le catalogue de Lalande [6991] V c'est donc encore certainement là une étoile variable. — Sa distance à Alcyone est de + 55' en ascension droite, et de — 41' en déclinaison.
Voilà, sans contredit, bien des variations qui rendent cette région du ciel plus remarquable encore qu'elle ne nous l'avait paru jusqu'ici. Et ce ne sont pas seulement les étoiles les plus brillantes qui présentent d'aussi curieuses fluctuations : pendant que M. Wolf construisait sa carte, de 1874 à 1876, l'étoile qui porte le n* 92 de son Catalogue, notée de 11* grandeur en 1874, n'était plus que de 12* en 1875, et tombait au-dessous de la 13* en 1876. C'est donc là encore \mt étoile certainement variable. On se rendra compte de ces fluctuations par le petit tableau synoptique dans lequel j'ai réuni les observations faites depuis le premier dessin moderne, celui de Bayer en 1603 : Galilée (1610); — Riccioli(1650); - HévéUus (1660); — Lahire (1693); - Flamsteed (1700); - Cassini (1708); - Lemonnier (1746); — Mayer (1756); — Piazzi (1800); — Bessel (1839); — Argelander (1850); — Heis (1860); — Wolf (1874); — et moi en ce moment môme (octobre 1880).