‹ Les étoiles et les curiosités du cielChapitre 135 sur 373 · MOUVEMENTS PROPRES DES PLÉIADES · texte numérisé non relu

MOUVEMENTS PROPRES DES PLÉIADES

Am. droU« Ditl. potoin

CelflDno 4- 0'046 + 0*068

Electre -{- 0.030 -j- 0.056

Taygète + 0.022 + 0.057

Maïa + 0.022 + 0.059

Astérope 1 + 0.045 + 0.056

Astérope II -h 0.019 + 0.C53

Mérope + 0.050 + 0.059

Alcyone + 0.019 + 0.065

26 FI -f. 0.049 4- 0.060

AUas + 0.020 + 0.070

Pléione + 0.017 + 0.072

LES PLÉIADES 305

On voit que toutes ces étoiles sont emportées vers Test d'une part, vers le sud d'autre part, autrement dit vers le sud-est. On s'en rendra mieux compte sur une figure, et c'est pourquoi je me suis encore intéressé à tracer le diagramme ci-contre {fig. 222), où chacune de ces étoiles porte une flèche représentant la direction de sa marche et sa grandeur pour dix mille ans. La communauté du mouvement est frappante. Les divergences indiquées sont-elles réelles, ou seulement dues aux petites erreurs inhérentes à ces observations si délicates? C'est ce que nous ne pouvons encore décider; de même que nous ne pouvons afflrmer que chacun de ces mouvements se con- ^*«- ^ - ^^^^'^^ ^^^^ ^^ p^^^tinue en ligne droite pendant dix mille ans (mais il sont si lents qu'il faut prendre un intervalle de temps respectable pour les rendre sensibles). Peut-être quelques-imes de ces étoiles tournent-elles les unes autour des autres, comme les composantes des systèmes d'étoiles multiples. Il 7 a là d'ailleurs plusieurs étoiles doubles qui forment sans doute de véritables couples physiques. Quant à décider quel est le centre de gravité de ce vaste système, et si toutes les étoiles des Pléiades gravitent autour de ce centre, c'est là un problème réservé aux progrès de la science des siècles futurs. Nous ne pouvons môme pas décider si ce mouvement commun des Pléiades vers le sud-est leur appartient en propre et ne serait pas simplement dû à la translation de notre système solaire dans l'espace, car il se trouve être précisément parallèle et contraire au nôtre, et si ces étoiles reposaient tranquillement ensemble dans le sein de l'infini, elles nous paraîtraient en effet se déplacer ainsi par suite de notre propre translation séculaire à travers l'immensité. Peut-être même voguent-elles de concert avec nous, un peu plus lentement C'est cette lenteur dans leur mouvement propre, c'est ce repos relatif qui avait conduit l'astronome allemand Màdler à l'hypothèse que cette importante agglomération de soleils pourrait bien être le centre, le foyer sidéral, autour duquel notre soleil gravite. Mais il n'y a là qu'ime hypothèse, assez peu probable même, car les Pléiades ne se trouvent pas juste à angle droit avec la ligne que nous suivons dans l'espace. Examinez la carte générale des mouvements propres {Astronomie populaire^ p.797) et vous verrez que l'équateur tracé à angle droit sur notre axe de direction, avec le point d'Hercule pour pôle, vous verrez, dis-je, que cette courbe sur laquelle doit se trouver le centre de l'orbite du Soleil, si ce centre existe, passe assez loin des Pléiades, au nord d' Algol et de Gapella. Il H^'est donc pas probable que nous tournions autour de cet amas; mais peut-être fait-il partie des étoiles qui, sans doute, forment avec la nôtre un courant, un système sidéral, composé d'un grand nombre de systèmes solaires emportés dans l'espace et dans l'éternité par ime commune destinée.

Par un hasard (est-ce un hasard?) assez curieux, il y a, au sud d'Âlcyone, un alignement de sept étoiles, alignées à peu près directement dans le sens du mouvement propre des Pléiades. Ce sont des étoiles de 8* e^ 9* grandeur, qui, dans

une lunette ordinaire, indiquent en quelque sorte d'elles-mômes à Tobservateur " " la direction de ce mourement vera

le sud-sud-est, et en môme temps la direction du nôtre vçrs le nordnord-ouest. Non loin de là, entre Alcyone et Mérope, on en voit quatre autres alignées à peu près dans le marne sens (la supérieure de celles-ci est double). Plusieurs autres alignements se font encore remarquer dans cette direction spéciale.

L*ezamen qui précède du mouvement propre des Pléiades m'avait si ardemment intéressé que j'ai voulu me rendre compte en môme temps de celui des Hyades, et que j'ai également calculé pour une durée de dix mille ans les déplacements en ascension droite et en déclinaison constatés sur les 30 étoiles de ce groupe observées depuis Bradley.

Les chiffres absorberaient trop de place ici pour être reproduits, mais la carte que j'en ai tracée montre très exactement la direction et la vitesse de ces mouvements. Sans une seule

exception, ces 30 étoiles voient leur ascension droite augmenteretmarchentvers Torient. Pour toutes aussi, le mouvement en déclinaison est diiigé vers le sud (il n'y a que deux exceptions, pour a* et 63, encore le mouvement est-il àpeine indiqué : l*' en cent ans).

Les divergences de chaque étoile n'empochent pas la translation générale d'ôtre dirigée vers Test-sud-est, et, ce qu'il y a de plus remarquable, c'est que la direction de perspective due au transport du système solaire dans l'espace tend vers le sud-sud-est, à peu près comme la flèche rig.»L -MouTciMitfl propres dos HjudM. d'Aldébaran, formant un

Fig. 228. — CmrlMx ^{jPNnents cf«U)ilûs

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Angle de 45'' à 50* avec celui du mouTement général des Hyades. Il n'est donc pas douteux que ce soit là aussi un groupe physique de soleils associés dans une destinée commune^ et il est presque certain que le radieux Âldébaran n'en tait pas partie. Il est sans doute en avant, de ce côté-ci, et l'étoile it en arrière, isolée dans le désert inâni.

Cette discussion sur les Pléiades a été longue et laborieuse; mais les divergences et les difficultés se sont montrées si grandes dès l'origine, qu'elles réclamaient une enquête rigoureuse et qu'elles nécessitaient un examen comparatif complet de tous les documents pouvant servir à l'histoire scientifique de ce groupe célèbre. Nous venons de reproduire les principaux, en omettant ceux qui n'avaient aucune valeur, car il n'est pas inutile de remarquer que sur plusieurs atlas et globes célestes modernes (par exemple, sur le plus grand et l'un des plus soignés qu'on ait jamais construits, sur le grand globe de Goronélli, gravé pour Louis XTV en 1693), les Pléiades ne sont souvent représentées que sous l'aspect d'un amas quelconque, composé de 5, 6, 7, 8, 9 étoiles jetées sans ordre les imes à côté des autres. On agissait là comme dans les autres branches de la science, en négligeant certains détails qui paraissaient insignifiants. Cesi ainsi que dans les ouvrages d'anatomie, le cerveau humain était tout simplement dessiné comme un paquet d'intestins, sans avoir égard aux circonvolutions les plus essentielles même et les plus caractéristiques de cet organe. Aujourd'hui la science est plus exigeante (' )•

Revenons maintenant à notre description générale de la constellation du Taureau. Parmi les amas d'étoiles et nébuleuses qui lui appartiennent, il en est un dont Tobservation est accessible aux instruments de moyenne puissance : c'est la nébuleuse en forme de poisson ou de crabe, que les Anglais appellent cra6nebula, à cause de ses franges et de ses appendices si curieux. Cette nébuleuse du Taureau se trouve à 1* au nord-ouest, ou nord précédent, de l'étoile ç, et elle porte le n* 1 du catalogue de Messier. Cet astronome la découvrit accidentellement en suivant la comète de 1758, et c'est ce qui le conduisit à construire son catalogue de nébuleuses. On l'appelait «le fig. as. -Nébuleuse do Tânreao. tu*

.^. . ,. . /^ .1.1 dans une lunette de moyenne puissance.

chercheur de comètes du roi y> ; mais s il

n'avait cherché de comètes que pour Louis XV, on peut croire qu*il

(') Nous aurions pu encore signaler d'autres irrégularités, d'un ordre purement grammatical. Ainsi, dans son beau travail sur les Pléiades, M. Wolf, de l'Observatoire de Paris, appelle constamment Alcyone Alcyon, ce qui dénature toute l'histoire mythologique de cette famille célèbre; M. Houzeau, directeur de l'Observatoire de Bruxelles, appelle Celaeno, Seleno, comme si elle était parente de la Lune; etc. Mai<! ce sont là des détails.

n'en aurait guère trouvé, car ce n'est pas ce genre de beautés qui intéressait le plus le royal chasseur du Parc aux cerfs. — Messier, fort heureusement, cherchait des comètes pour son plaisir personnel, et, chemin faisant, il trouvait des nébuleuses dont la contemplation

faisait tressaillir son cœur d'astronome. Vue dans une lunette ordinaire, la nébuleuse dont nous parlons oflB:^ Taspect d'ime tache laiteuse ovale {fig. 225) mesurant 5' 1/2 de longueur sur 3' 1/2 de largeur. Un instrument plus puissant permet de découvrir une extension de la nébulosité vers les angles, qui donne à la figure un aspect presque rectangulaire.

Le grand télescope de Lord Rosse métamorphose encore plus complètement cet as* pect en jetant sous les yeux de l'observateur le monstre sidéral reproduit ici (fig . 226), qui a fait donner à ce lointain univers le nom de nébuleuse de Fécrevisse. Quelques étoiles se projettent sur cette nébuleuse, mais elle ne se résout pas elle-même en étoiles.

Fig. 226. — La ndbuleuM du Taureau, me dam un grand téleeoope.

Nous arrivons maintenant à la constellation des Gémeaux^ qui succède vers l'orient à celle du Taureau, et qui se fait reconnaître à tous les yeux, par ses deux étoiles caractéristiques. Castor et PoUux, brillantes de deuxième grandeur. Il serait superflu de chercher en dehors de ces deux étoiles fraternellement associées dans leur cours céleste la cause ou l'origine du nom donné à cette constellation, car ces deux astres brillent sous la voûte étoilée comme deux frères jumeaux réunis par la même destinée. Ils commencent à se lever à l'est en novembre, trônent dans le ciel de décembre à avril et descendent à la fin de mai sous rhorizon occidental. On les voit toujours ensemble, et il n'y a rien de surprenant à ce qu'on les ait qualifiés de frères jumeaux. Cette

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explication de leur nom me parait toute simple, et par cela même beaucoup plus probable que celle de Dupuis, Francœur^Dulaure, etc., qui pensent que ce nom a été donné à cette partie du ciel parce qu'elle présidait à l'époque de la germination et annonçait la fécondité.

Les anciens appelaient les Gémeaux tantôt Castor et Pollux, tantôt Apollon et Hercule; ces quatre personnages étaient du reste tous les quatre fils de Jupiter. La première appellation a prévalu.La dénomination de Dioacures (littéralement enfants de Jupiter) a été réservée à Castor et PoUux. Si Ton en croit l'auteur de Ylliàde, leurs mères auraient été cette fameuse Léda dont on a tant parlé , et la belle Tyndare, plus modeste sans doute, ou moins originale dans ses goûts, car sa renommée n'est pas descendue jusqu*à nous. Le culte des Dioscures était répandu dans toute la Grèce et l'Italie. Castor et PoUux étaient les dieux tutélaires de l'hospitalité. On croyait aussi qu'ils avaient le pouvoir d'apaiser les tempêtes et qu'ils apparaissaient sous la figure de flammes légères au sommet des m&ts et dans les vergues des navires. C'était là le phénomène électrique connu sous le nom de feux Saint-Elme. Nous les voyons encore sculptés aujourd'hui sur les portails d'un grand nombre de cathédrales.

On trouve parfois de singuliers rapprochements entre les peuples les plus éloignés ethnologiquement et historiquement.Âinsî, une race humaine tout entière a récemment disparu de la surface de notre planète : la race des Tasmaniens, en Australie, dont le dernier survivant est mort en 1876. Eh bien, cette race sauvage avait cependant une sorte d'astronomie rudimentaire; Castor et Pollux étaient pour eux deux Noirs, les inventeurs du feu, aujourd'hui transportés parmi les étoiles.

Les Gémeaux ont été représentés dans les atlas célestes sous différentes formes. Généralement ils sont dessinés, comme sur notre fig. 196 (p. 281), sous l'aspect de deux enfants accolés, dont l'un. Castor, tient une lyre, et dont l'autre, Pollux, porte une massue; ce sont clairement là les attributs d'Apollon et d'Hercule, dont nous parlions tout à l'heure. A une certaine époque on les a retournés et on ne les a plus dessinés que vus de dos ou de profil, près de rÉcrevisse. (Revoir la fig. 106, p. 156). Au xv* siècle, on leur a mis des ailes et on en a fait des anges, comme on le voit sur les éditions d'Aratus et d'Hyginus de cette époque. Sur certaines cartes du xvii* siècle , ils sont séparés et debout, Pollux est armé d'une lance et d'une massue, Castor porte d'une main sa lyre qui paraît être devenue une cage (c'est uûe sorte de cytbare verti-

LES GÉMEAUX

cale), et de Tautre un petit bâton, servant sans doute à jouer

, de cet instrument. Sur Tatlas de Bayer, Pollux est armé d'une faucille. La place nous manque pour reproduire tous ces curieux dessins ; mais pourtant je ne puis résister au plaisir de vous offrir ici d'une part {fig. 227) ces deux petits héros que j*extrais d'une carte pu- Fig.227.— D6MiBdMGteeMz,aiix7ii*tièoio. bliée à Amsterdam au commencement du règne de Louis XIV, et d'autre part (fig. 228) une autre représentation des Gémeaux non moins curieuse assurément,

extraite de VAatronomie du roi Alphonse X (douzième siècle), et sur laquelle le commentateur paraît avoir voulu ressusciter Adam et Eve, les deux premiers jumeaux de la création. Mais nous n'avons pas le temps de nous appesantir plus longtemps sur ces aspects particuliers de l'histoire des constellations, car les étoiles nous réclament, et parmi celles qui nous attendent ici, plusieurs peuvent compter parmi les plus intéressantes du ciel tout entier.

Outre les deux étoiles principales Castor et Pollux, qui ont reçu les lettres (X et p de la constellation, les Gémeaux renferment une autre étoile de deuxième grandeur, y (au pied de Pollux en descendant vers a Orîon), et six de troisième grandeur : d, c, Z, v}, 0 et fx. C est variable, comme nous le verrons, et /x a augmenté d'éelat. On apprendra à con<» naître les étoiles de cette constellation et à les trouver dans le ciel à Taîde du tableau ci-dessous et de la /Sg. 229 qui le complète.

La comparaison des éclats observés depuis deux mille ans met en évidence quelques variations intéressantes. Et d'abord Castor et Pollux sont présentés par tous les anciens conmie égaux et de deuxième grandeur. Flamsteed fait Castor de première, mais il n'a inscrit qu'une seule fois sa grandeur dans toutes ses observations de Greenv^ich, de sorte que ce témoignage perd de son importance intrinsèque. A l'opposé, Piazzi a fait Castor moins brillant que Pollux,

rig. 228. — Dessin des Qémeatiz, au xn* siècle.

LES QÉMEÂUX 311

et de troisième grandeur : son catalogue porte 300 observations en ascension droite et 34 en déclinaison, faites à Palerme de 1792 à 1813. Mais à la même épo(jue, Lalande à Paris l'a toujours fait de deuxième. Castor est une étoile double, Tune des plus belles du ciel, et Piazzi, qui séparait les deux composantes dans sa lunette et les estimait chacune de troisième, a pu les inscrire un peu au-dessous de leur valeur, de manière à rétablir par leur réunion une étoile de deuxième grandeur moyenne. On peut les considérer comme étant de 3,5 et 3,0. Le fait que Bayer a donné la première lettre à Castor et la seconde à Pollux a fait croire que Tordre d'éclat était alors interverti, comparativement à l'état actuel. Mais ce n'est pas encore là une raison suffisante, attendu que les deux étoiles ont le même éclat sur la carte de Bayer, et que pour les nommer, il a suivi sa méthode habituelle qui est de procéder de l'ouest à l'est, de la droite vers la gauche, dans l'ordre des longitudes. D'autre part encore, comme les personnifications étaient faites dès l'antiquité, et qu'on nomme toujours Castor avant Pollux, il était tout naturel d'attribuer la première lettre à Castor et la seconde à Pollux. Voilà, je crois, plus de raisons qu'il n'en faut pour admettre que Castor n'a pas changé d'éclat depuis deux mille ans.

Je n*en dirais pas autant de Pollux. Il est depuis un siècle sensiblement plus brillant que son firère, et il arrive actuellement juste à la limite de la première grandeur. Selon toute probabilité, son éclat augmente lentement. Sa lumière est rougeàtre. Nous reviendrons tout à l'heure sur ces deux personnages célestes.

Il y a au pied des Gémeaux une étoile très remarquée par les anciens, qui l'appelaient Propus. Elle est certainement variable. Ptolémée l'a estimée de 4*; Sûfi de 4'f, Tycho de 4% Bayer de 3* Elle est aujourd'hui de 5% et n'a rien qui la signale à l'attention de l'observateur du ciel. — C'est près de cette étoile, nonmiée H par Bayer, que William Herschel découvrit la planète Uranus, le 13 mars 1781, à 10 heures du soir, découverte qui doublait d'un seul coup le diamètre du royaume solaire, en reculant sa frontière de 355 à 710 millions de lieues. Elle a longtemps servi d'étoile de comparaison pour déterminer le mouvement d'Uranus. Cette planète avait déjà été observée par Mayer, le 36 septembre 1756 : elle était alors les Poissons (c'est le n"" 964 de son Catalogue). Mais il l'avait prise pour une étoÙe. A quoi tiennent les plus grandes découvertes !

L'étoile Z est une variable, périodique et très rapide : elle oscille régulièrement de 3,7 à 4,5, dans la période de 10 jours 3 heures 47 mi-

LES GÉMEAUX

nutes 36 secondes. C'est là une observation très facile à faire à l'œil nu. L'intérôt de cette observation s'accrott encore sous un aspect spécial si nous ajoutons que cette étoile est double : on voit à côté d'elle, à 90^, un compagnon de 8* grandeur. Nous pourrions môme le qualifier d'étoile triple, car une lunette assez puissante montre, un peu plus près, à 65', une petite étoile de 13* grandeur. Il est probable que ce n'est là qu'un groupe optique.

PRINGIPALSS ÉT0ILB8 Dl LA CONSTELLATION DS8 GÉMSAUZ DBUZ MILLE ANS D*0B8BRVATI0N

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L'étoile r, est également variable, de 3,2 à 4,2, dans la période assez lente de 280 jours. Le dernier minimum a eu lieu le 5 décembre 1880.

L'étoile e varie de la 3* à la 5'. Périodiquement ou irrégulièrement? c'est ce que nous ne pouvons encore décider.

lA CONSTELLATION DES GËME\UX

11 en est de môme de ^ estimée de 3* grandeur par Ptolémée et Ulugh Beîgh, de 3* | par Sûfi, de 4* par Tycho-Brahé, Bayer, Hévélius, de 4* | par Piazzi, de 5* par Flamsteed.

Inscrivons y dans la même catégorie : Ulugh Beigh Ta vue de 3* grandeur, Sûfi de 3* \, Ptolémée de 3* f (et Sûfi fait la remarque de cette différence); Tycho, Bayer, etc., l'ont estimée de 4* et Piazzi de 5*.

L'étoile ft, de troisième grandeur, est plus brillante que celles qui

FIg. 229. - Prinelpâlti étollM dat Oémeauz et du PeMt Chien.

ont reçu de Bayer les lettres précédentes de Talphabet, i, xetX, et elle appartient, en effet, au troisième ordre d'éclat, tandis que les autres appartiennent au quatrième. Il est bien probable qu'elle a augmenté d'une grandeur.

Les deux étoiles voisines 6* et 6* ont été parfois prises Tune pour l'autre, mais cela ne prouve pas de variation.

ASTRONOAIIB. — SUPPLÉMENT. Mi

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Ce sont là autant de témoignages en faveur des modifications lentes et séculaires qui s'accomplissent dans les cieux. Outre les étoiles périodiquement et régulièrement variables, et en dehors de celles qui se sont imposées à l'attention générale par une conflagration subite, il en est qui, depuis l'origine de Turanométrie , ont présenté de longues fluctuations d'éclat, s'élevant à une et à deux grandeurs de différence, et modifiant sensiblement Tordre des classifications faites à toutes les époques. Ces variations lentes ne se remarquent pas uniformément sur toute l'étendue de la sphère céleste; II y a des régions plus frappées par ces transformations séculaires, tandis que d^autres restent beaucoup plus calmes et plus stables.

Les deux variables périodiques ç et >3 ne sont pas les seules périodiques connues dans cette constellation ; nous devons encore signaler les étoiles R, S, T, U; mais aucune d'elles n'arrive à être visible à

Fig. Î3Û. — Aii^onïatTori rapide d'dclfl» i"* Tét^U* V de* Gémeaux.

Tœil nu, et leur étude sort de cette description populaire du ciel. La première varie de 6,7 à 12,5 en 371 jours; la deuxième de 8,2 à 13,5 en 295 jours; la troisième de 8,4 à 13,5 en 289 jours; et la quatrième de 9,0 à 14 en une période irrégulière que Ton a trouvée parfois de 97 jours, parfois de 209, de 230, de 252, et même de 617 jours. Cette étoile (U des Gémeaux) est bien Tune des plus curieuses du ciel. Aux époques de ses maxima, elle semble arriver de» profondeurs de rinfinî, de la région de Tinvisibilité, et grandir avec une vitesse inimaginable. On l'a vue parfois s'accroître de trois grandeurs d'éclat en 24 heures (Schœnfeld, février 1869). Elle est visible pendant quelques jours au télescope ; puis elle tombe et disparaît. C'est en quelque sorte la contre-partie d'Algol Quel étonnant soleil !

Mais revenons à nos Gémeaux, Castor et Pollux.

L'illustre astronome William Struve pensait que ces deux remarquables étoiles devaient être réellement associées dans leur destinée

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