S52 LES ÉTOILES DU LION
1* (19) la précédente des deux dans les lombes . . 453*iV 12*53' 5 5
2* (20) la brillante qui suit 455.41 14.20 2 a
3* (21 ) la précédente boréale des deux dans la fesse. 157.50 9.41 3 •
4« (22) la suivante australe 159. 8 7.50 6 n
La première et la seconde étoile sont les mêmes que dans les exemples précédents; mais la troisième est • et la quatrième est n, au-dessous de 0, et non plus entre 6 et 3 comme anciennement La conclusion est la môme : quoique rillustre astronome ne paraisse pas s'en être aperçu, ses deux dernières étoiles ne correspondent pas à celles de ses prédécesseurs, et l'étoile de Ptolémée continue à rester invisible.
Cette troisième étoile n'existe pas davantage sur les atlas de Bayer et d'Uévélius ; mais — et c'est là ce qui prouve que la description de Ptolémée concorde avec l'existence d'un astre réel — Flamsteed a observé précisément en ce point du ciel, le 8 avril 1691, une étoile de sixième grandeur, qui porte le n* 71 de son catalogue. Par un surcroît de complications, il est vrai, cette étoile a été ensuite corrigée sur ce catalogue, puis rétablie, et id encore se glisserait la place d'un doute, si un autre observateur, non moins sûr que Flamsteed, Lalande, n'avait observé aussi la même étoile, qui porte le n* 21660 de son catalogue et qui est inscrite de 6* grandeur et demie. Sa position, réduite à l'année 1880, est :
iR = ll»»12-0«; (D = 18»32'0'.
D'Agelet a observé cette étoile le 2 mai 1783 et Ta inscrite de 8* grandeur. Vers la même époque, Piaui ne l'a pas vue du tout.
Bessel a passé cette lone en revue le 3 avril 1829, et n'a pas observé cette étoile, quoiqu'il ait inscrit tout près de là (à 19 secondes à l'ouest et à 22^ au nord de la posdtion de 71) une étoile de 9* grandeur.
D'autre part, entre les années 1828 et 1854^ elle a été observée à l'Observatoire d'Armagh cinq fois en ascension droite et cinq fois en distance polaire, et elle est inscrite de 6* grandeur dans ce catalogue — toutefois encore avec une erreur dans la distance polaire : 74^ 41' au lieu de 71» 41'.
Elle est marquée de 7* dans les atlas de Harding et Argelander^ de 6* dans le B-A-G, dans les catalogues de Greenwich et de Washington.
Je l'ai observée récemment (31 décembre 1880, ou pour mieux dire, 1^' janvier 1881, à 2 heures du matin) : elle est actuellement de 7* j grandeur.
Ainsi l'étoile vue il y a deux mille ans par les astronomes grecs existe réellement; mais elle varie â*éclat de la cinquième à la huitième grandeur.
A ces transformations remarquables, si intéressantes, ajoutons maintenant les variations périodiques plus rapides découvertes par Tinspection permanente et attentive des célestes lumières. Et d'abord, l'étoile R, dont la position est marquée sur notre carte {fig. 249), qui devient à son maximum visible à ToBil nu : elle varie de 5, 8 à 1 1 dans la période de 331 jours, présentant d'ailleurs dans cette période plusieurs maxima et minima secondaires. Intéressante à chercher.
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môme à l'aide d'une petite lunette, et bien facile à trouver. Il y a là, entre R^^us et Ç, une étoile de sixième grandeur, visible à l'œil nu ; o'est FL 18; et au-dessous, au sud-ouest, à SO', une étoile de septième grandeur (FL 19); la variable R est juste au-dessous de celle-ci, tout contre, dans le même champ, et toujours rouge^ comme un feu. Sa coloration offre justement un contraste frappant avec la blancheur de ses deux voisines. Son dernier maximum est arrivé le 3 août 1880, son dernier Tninîmnm le 14 janvier 1881, et son prochain maximum arrivera le 1 1 juin. Qui nous expliquera le mystère de ces étran* ges soleils?
Nous connaissons dans le Lion trois autres variables : S qui oscille de 9,3 à 13 en une période de 192 jours, T qui change de 10 à 14, et U, qui varie de 9 à 14, en des périodes encore indéterminées. Ce sont là des étoiles télescopiques.
Le brillant Régulus doit trôner à une distance inimaginable de nos tribunes politiques et religieuses, et je défie bien le plus fougueux des athlètes qui pérorent avec véhémence dans Tune ou l'autre chaire, de ne pas s'arrêter net, ébahi lui-même de la naïveté de ses phrases, s'il réfléchit un instant que la France et l'Italie, Paris et Rome, l'empereur d'Allemagne et le Pape, ne pèsent pas un carat dans la balance des mouvements de l'univers. Ce Régulus, ce roitelet, comme l'appelaient les anciens, est incomparablement plus important à lui seul que tous les vrais rois passés, présents et futurs, de notre fantasmagorie terrestre, car Û vaut plus que la terre entière, plus que Jupiter, plus que Saturne, plus que notre immense Soleil et tout son monde ; non pas que nous jugions cette importance au poids de la matière, mais parce que ces magnifiques soleils, centres de systèmes inconnus, régissent dans l'espace des destinées intellectuelles proportionnées à leur majesté, et parmi lesquelles certaines &mes sont sans doute d'une telle élévation au-dessus des nôtres que les humains qui habitent là ne pourraient s^empêcher de prendre en pitié nos prétentions et nos suffisances. Un enfant de cinq ans est peut-être là plus instruit que Newton à son lit de mort, que Socrate buvant la ciguë ou que Jésus expirant sur le Golgotha.
Malgré l'éclat splendide de sa lumière, indice d'im volume gigantesque, toutes les tentatives faites pour mesurer la parallaxe de Régulus ont abouti à zéro, de sorte que nous pouvons, sans crainte d'erreur, considérer sa distance comme dépassant cent trillions de lieues, et sa lumière comme employant plus d'un demi-siècle, et sans doute des siècles entiers, à nous parvenir. D'après les expériences
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SYSTÈME 8TELLAIRE DE RfiOULUB
spectrales, ce soleil va en s'éloignant de nous en raison de 37 kilomètres par seconde ; au contraire, fi et y vont en s'approchant de nous. Comme nous l'avons souvent remarqué déjà, lorsque nous observons aujourd'hui les étoiles pendant la nuit silencieuse, nous savons qu'elles ne sont plus fixes et immobiles : notre esprit les voit voguer, se précipiter, s'enfuir, ou arriver vers nous, chacune suivant la force qui l'anime et suivant la destinée qui l'emporte dans Tétemel devenir.
Nous parlions tout à l'heure du êyêtème de Régulus. En effet, il y a non loin de lui, à ^ 57', ou à 177^, une étoile de huitième grandeur que Christian Mayer a mesurée pour la première fois en 1777, et que j'ai mesurée juste cent ans plus tard, en 1877 : pendant cet intervalle de temps assez respectable, elle n'a pas subi le plus l^r changement dans sa situation. Or, le brillant soleil est animé dans l'espace d'un mouvement propre assez rapide, de 27' par siècle. Si, comme sa petitesse le faisait supposer, l'étoile de huitième grandeur était très éloignée dans l'immensité en arrière de Régulus et reposait immobile à Thorizon de l'infini, nous aurions remarqué depuis un siècle l'effet du mouvement de Régulus passant devant elle. Mais cette pâle lumière n'est pas plus éloignée de nous que la brillante étoile :
elle marche de concert avec elle, partage son mouvement propre, et forme avec die un même système, un système êtelUire qui vogue rapidement vers l'ouest {fig. 252).
Nous en concluons en même temps que cette petite étoile va aussi en
^Fig.252..Le*y.té««.telUlredeRégul«.. «'éloigUant dc UOUS, COmme Ré- MoiiYtment propre pour 1000 ans (t— a 10*). guluS.
Quoiqu'elles nous paraissent se toucher, ces deux étoiles sont en
fif . 151. — Régiuai «c fon compagnon (!•■ 1^4*).
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réalité à une éloquente distance l'une de Tautre. En admettant pour elles une parallaxe d'un dixième de seconde, ce qui est un maximum, puisque les observations ne décèlent rien du tout, ce dixième de seconde représenterait, vu de là, 37 millions de lieues, une seconde entière équivaudrait à 370 millions, et 177' à 65 milliards 490 millions de lieues. C'est là un minimum pour la distance réelle qui sépare ces deux soleils dans l'immensité, car nous ne voyons pas de face la ligne qui les| joint, mais en projection, en raccourci. En observant ce lointain soleil, nous ne pouvons donc nous empêcher de songer à l'étendue formidable de son système. Voilà un petit soleil qui sans doute gravite autour de son puissant foyer, à une distance supérieure à 65 milliards de lieues : c'est un rayon soixante fois plus vaste que celui de Neptune au Soleil ! Si R^ulus est analogue à notre foyer central pour sa puissance attractive, son soleil secondaire emploie 464 fois plus de temps à parcourir autour de lui son orbite immense que Neptune à tourner autour de notre Soleil, c*est-à-dire que sa période surpasse 76 000 ans ! Il n'y a rien de surprenant à ce que le mouven^ent orbital soit insensible depuis cent ans seulement que nous l'observons : à ce taux, il faudrait 213 ans pour un seul degré. Dans trois ou quatre cents ans, au xxm* ou au xxiv* siècle de notre ère, nous saurons sans doute à quoi nous en tenir.... Mais, peut-être, d'ici-là aurons-nous été visiter ce système en personnes : ce ne serait pas un voyage dépourvu d'intérêt. Et quelles choses inattendues nous montreraient les indigènes de ce nouveau monde ! . . . Mais encore, quelle que soit la vitesse que nous supposions aux ailes de l'&me, con^ien d*années, combien de siècles n'emploierions-nous pas pour traverser l'abîme céleste qui nous sépare de ce grandiose système! Que dis-jel des années, des siècles.... — Il n'y a point d'années, point de siècles dans l'univers.
Ajoutons encore que ce soleil secondaire de Régulus est double luimême, ayant à côté de lui un minuscule compagnon de 13* grandeur, écarté à 3'',2, à l'est, vers 90*. C'est peut-être une planète de son système.
L'étoile |3 du Lion, Denebola, est signalée comme étoile double écartée par Tamiral Smyth dans son « Cycle of celestial objects d, et par Webb dans son a Cel. objects for common télescopes r> . Le compagnon serait de huitième grandeur, rouge, éloigné à 298^ à Test (IH""). J'ai souvent dirigé ma lunette vers cette belle étoile, — la première fois par une belle soirée de printemps, le 22 avril 1876, — sans jamais rencontrer le compagnon rouge. L'étoile la plus proche se trouve non pas à l'est, mais au sud, à 206* et 282^; elle est de huitième grandeur