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Le mot Orion lui-même est un nom propre très ancien. Le mot grec ôriôn représente, dès la plus haute antiquité, le héros céleste dont il s*agit ici. Le mot le plus voisin, ôrios, signifie saison. Un mot analogue, ôra, signifiait d'abord saison, année et heure. Ce sont là, évidemment, autant d'inspirations astronomiques. Plusieurs étymologistes, notamment Tamiral Smyth , ont cru reconnaître aussi là une parenté avec le musicien Arion, qui séduisit jusqu'aux dauphins et dut la vie à celui qui le sauva des flots, et fut, en récompense, élevé au rang des constellations. (J'avouerai môme ici, en passant, que d'cnnnents linguistes, qui m'ont fait autrefois l'honneur de chercher l'étymologie de mon nom, ont associé cette origine à la belle constellation qui nous occupe, en composant ce nom des deux mots Flamma et Orion ou Arion.... Si cette étymologie était réelle, je regretterais de n'avoir encore presque rien fait pour la justifier, et je me verrais engagé, sans aucune peine d'ailleurs, à me consacrer encore plus passionnément au culte des étoiles, afin de ne pas faire mentir le vieil adage : Noblesse oblige!) (•)
Après avoir reconnu les étoiles fondamentales de cette grande figure céleste, regardez avec un soin plus minutieux, et vous trouverez que la nébulosité de la tête est formée de trois étoiles : X, 9' et 9*. Ptolémée ne les signale pas et se contente de qualifier X de nébuleuse; mais Sûfi dit déjà, au x* siècle de notre ère : « Ce nuage consiste en trois petites étoiles voisines, formant un triangle. » Elles affectaient donc déjà la même disposition que de nos jours. La distance angulaire de 31 à 9* est de 27', et celle de ç* à ç* est de 33'. Le disque de la pleine lune entrerait entre ces deux étoiles, ce que vous trouverez inconcevable en les examinant. On ne croirait jamais, en regardant ce triangle, qu'il est aussi grand que le disque de la lune.
{*) Au lieu de cette étymologie latine qui est peut-être plus ingénieuse qu'authentique, Lorédan Larchey, dans son Dictionnaire des noms propres, donne l'étymologie gaUo-romaine flammeron, • qui apporte la lumière ■. Mais il faut avouer qu'elle n'est pas moins diiûcile à réaliser dignement.
Tycho-Brahé est le premier qui ait mesuré la position des deux f et qui en ait indiqué la grandeur.
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