‹ Les étoiles et les curiosités du cielChapitre 46 sur 373 · CHARMES DE L'OBSERVATION DIRECTE DU CIEL · texte numérisé non relu

CHARMES DE L'OBSERVATION DIRECTE DU CIEL

et opulente, ne sont point du tout indispensables pour s*initier directement à ces contemplations grandioses, que, du reste, la plupart des astronomes de métier n'apprécient pas, parce que pour eux le ciel est mort, et que jusqu'à présent quelques rares esprits seulement ont senti la vie circuler dans Tunivers. On rencontre souvent dans les observatoires et dans les académies des hommes qui se sont faits astronomes conune on se fait commerçant ou notaire, de sorte qu'il n'y a rien de surprenant à ce qu'ils prennent Fastronomie pour im traité de chiffres et qu'ils meurent sans se douter de la beauté de Funivers. L'amour de la science, le désir de s'instruire, la curiosité de l'inconnu, une attention persévérante, sont les premières qualités requises pour arriver à se servir rapidement, utilement et agréablement, d'instruments modestes dans leur forme, précieux par les révélations qu'on sait obtenir de leur usage intelligent. Tant vaut Thomme, tant vaut l'instrument. Jamais Copernic, jamais Galilée, jamais Kepler, jamais Newton n'ont eu entre les mains ces instruments élémentaires, et le premier, conune Tycho-Brahé, comme Hévélius, à l'aide de simples r^Ies de bois et de quarts de cercle, les autres à l'aide de pauvres lunettes grossissant à peine une dizaine de fois, ont su observer dans les cieux des merveilles dont la contemplation faisait tressaillir leur âme enthousiasmée. Quel n'est pas notre bonheur d'être nés en un siècle ou, si facilement, chacun de nous peut, à son tour, suivre la route lumineuse ouverte par ces grands esprits et s'élancer à la conquête des mondes inaccessibles ! Quelle est l'âme contemplative, quelle est l'intelligence curieuse, qui pourrait continuer aujourd'hui de voir avec indifférence le ciel se peupler d'étoiles à la nuit tombante, sans désirer reconnaître ces étoiles à mesure que leur lumière perce les clartés évanouissantes du crépuscule, sans désirer les nommer par leur nom et recevoir d'elles ces secrets que depuis tant de siècles elles gardaient dans leur sein, sans désirer surtout voir de plus près ces lointains univers et admirer personnellement ces agglomérations de soleils dont le rayonnement scintille là-haut pour les êtres inconnus qui palpitent dans leur lumière ! ... 0 transfiguration du ciel! nous sommes nés à propos pour te connaître et pour jouir intimement de tes révélations sublimes! Aveugle qui regarde le ciel sans le comprendre : c'est un voyageur qui traverse le monde sans le voir; c'est un sourd au milieu d'un concert.

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