VARIABLES RAPIDES DANS LE SAGITTAIRE
Au-dessus de % on voit une petite étoile : ■£ (x* est télescopique) qui varie aussi probablement. Heis l'a estimée à 6 1, Piazzi à 6, Yarnall à 5|.
51 h varie de 4 | à 6 |.
9 a été notée de 7° par Flamsteed, de 8° par Lalande, et de 4°| par Argelander ; elle est dans un amas perceptible à l'œil nu, et les différences de notifications peuvent provenir de ce que certains observateurs ont entendu l'amas considéré dans son effet total, tandis que d'autres ont distingué l'étoile séparément. Il y a là, dans une petite région, quatre amas visibles cà l'œil nu et trois variables.
29 paraît variable. Argelander l'a notée de 5' dans ses zones, mais ne l'a pas inscrite dans son Uranométrie ; Heis l'a estimée 6|, Gould 5,4 et 5,9.
Cette constellation est remarquable par le nombre de ses étoiles rouges et de ses étoiles variables. Signalons comme nettement nuancées de rouge, par ordre d'ascension droite : y; P. xvii, 359; p.^; vi; P. xvm, 24; (J; 21; A; v^T;d; x^ ; e'; f; b ; 9î;c;Lacaine 8310; — sans compter d'autres plus petites. Parmi les variables, il en est trois qui sont particulièrement curieuses :
X qui varie de 4 à 6 en 7 J<^"''S 0 heures n minutes 42 seconde» W — — 5 à6i 7 14 15 34
La similitude de ces périodes est digne d'attention : elle confirme les remarques déjà faites maintes fois dans notre voyage sidéral sur les variétés locales observées dans les diverses régions du ciel ; il est évident maintenant pour nous que l'immensité de l'univers est loin d'être construite sur un plan homogène, et que des conditions originaires physiques, chimiques, mécaniques, très variées, ont amené des effets spéciaux en des régions spécialement favorisées. D'autre part, ces périodes rapides témoignent pour nous des mouvements de rotation de même vitesse qui animent ces trois soleils du Sagittaire, et par une généralisation bien légitime, en sachant que ces lointains soleils (comme le nôtre, du reste) tournent plus ou moins rapidement sur eux-mêmes, le spectacle de la nuit se transfigure de nouveau devant nos esprits, car nous voyons désormais, par la pensée, toutes les étoiles du ciel tourner sur elles-mêmes autour de leurs mystérieux essieux.... Les deux premières étoiles des trois précédentes peuvent être facilement observées, même à l'œil nu (on trouve leur position sur notre fig. 283) pendant les belles soirées de juillet, août et septembre. Jules Schmidt, d'Athènes, les a examinées « plus de deux mille fois » chacune, depuis Tannée 1866, et c'est de ses minutieuses et perse-
vérantes observations qu'il a conclu les périodes que nous venons de faire connaître.
Parmi les autres variables du Sagittaire, remarquons h\ qui oscille, comme nous l'avons vu, de 5,3 à 6,7, en une période encore indéterminée, et une étoile située au nord de p, sur une ligne menée à v du Serpent : D'Agelet l'a notée de 4| en 1783; Argelander l'a observée de 5 |, et pourtant elle n'est ni dans son catalogue des étoiles visibles à l'œil nu, ni dans celui de Heis, ni dans celui de Berhmann ; Gould la note de 5,9, en remarquant qu'au cercle méridien elle n'a paru que 7*. Intéressante à chercher de temps en temps.
L'étoile que l'on voit au-dessus de 4, un peu à gauche, et de cinquième grandeur aussi, se compose de deux, écartées à 13', qui ont dû augmenter d'éclat, car leur place est vide dans les anciens catalogues. La petite indiquée un peu plus haut, formant un triangle avec la précédente et 4, et qui est marquée sur notre carte, parce que Heis l'a vue à l'œil nu, de 6"^, n'est actuellement que de 7°f. C'est Lalande 32847, notée de 7°| par cet astronome.
Au nord-ouest de A, entre A et [i, même remarque : cette petite étoile, notée de 6"! par Heis et de 6^| par Yarnall, n'a jamais été vue que de huitième par Gould, et elle est actuellement invisible à l'œil nu.
Enfin la dernière étoile de notre liste a probablement augmenté d'éclat.
(Comme dans le cas du Scorpion, les grandeurs des étoiles invisibles ou trop basses pour notre horizon ont été prises chez les observateurs de l'hémisphère austral.)
Une étoile temporaire, de l'ordre de celles que nous avons remarquées tout à l'heure dans le Scorpion, a été observée près de l'étoile ir, en 1690, à l'Observatoire de Pékin, par les astronomes français (jésuites) alors attachés à cet observatoire. C'est M. Schiaparelli, de Milan, qui a retrouvé cette notice, il y a quelques années seulement. Le 28 septembre 1690, l'étoile nouvelle paraissait de quatrième grandeur ; mais dès le 4 octobre elle était déjà fort diminuée, et elle ne tarda pas à s'évanouir. La position n'est pas très précise, mais elle ne peut beaucoup différer de
Ascension droite = 285»; Déclinaison — 20»
On connaît déjà trois variables dans cette contrée du ciel : .
R Sagittaire, m == 286» 59'; Œ> = — 19° 34' ( 7 à 13) S — 287 40 19 18 (10 à 14)
sans compter celles que nous avons visitées tout à l'heure.
A l'ouest de pt, M. Pickering, de Cambridge, a remarqué, le 28 août 1880, une étoile de huitième grandeur, dont le spectre continu, traversé d'une bande brillante près de chaque extrémité, indique que cette étoile est entourée d'une vaste atmosphère incandescente. C'est après avoir examiné au spectroscope environ cent mille étoiles sans avoir découvert une seule nébuleuse planétaire, que l'auteur a été arrêté par celle-ci, qui peut bien être une nébuleuse brillante et condensée, et dont le spectre hydrogéné rappelle celui des étoiles temporaires de la Couronne et du Cygne.
On pourra chercher et observer avec intérêt les étoiles doubles suivantes :
Et d'abord le couple v' v*, visible à l'œil nu, et connu depuis deux mille ans ; les bonnes vues discernent nettement les deux composantes, qui sont l'une et l'autre de cinquième grandeur, et écartées à 12', comme Mizar et Alcor. Cette constellation renferme un grand nombre de couples plus) icartés encore
/i2-/i' : 5' et 6% à 14';
(3'-|î2 : 3,8 et 4 I cà 22'; déjà nommée double par Sûfi; (3' est double elle-même (réservée aux observateurs du sud) ;
fx'-p^ : 4^ et 5^ |, à 29'; y.'^ est triple.
£ï-S': 3|et 5" à 29';
p'-p*: 4| et6" à 28';
y'-x' : 5,5 et 5,6, à 31' (réservée aux observateurs du sud) ;
e*-e' : 5,4 et 5,5, à 31'; e' est double elle-même.
e'-6': 4 I et 5 |, à 35';
x'"X^"Z.' • 5 I — ''' — ^1; triple écartée.
Cette région du ciel est aussi remarquable sous cet aspect que celle du Taureau, et comme elle, elle est pauvre en étoiles doubles serrées et dépourvue de systèmes orbitaux. Voici les sujets d'observation les plus intéressants :
[a' : triple; 4", 9" et 10% à 40" et 45". De puissants instruments en font apercevoir un quatrième, de 13° grandeur, à 15"; ce qui rend ce groupe quadruple.
(3': 4° et 7% à 29". Le compagnon est certainement variable, Piazzi l'a estimé de 9" grandeur, sir John Herschel de 8% Gould de 6 f . — Réservé aux observateurs du sud. [
54 e* : 5 I et 8% à 28". Joli champ de petites étoiles, dont une fine double au sud-ouest. L'étoile 54 est la supérieure des trois visibles dans le chercheur.
Il est assez remarquable que ces étoiles multiples appartiennent
nrccisément aux couples écartés signalés plus haut. Ce fait, déjà observé en d'autres constellations, conduit à conclure que ces couples écartés ne sont pas seulement des groupes de perspective, comme on le croit, mais forment, en général, de véritables systèmes physiques dont les soleils sont réellement associés entre eux, malgré L'énorme abîme qui les sépare les uns des autres. Le même cas vient de se présenter dans les étoiles doubles plus serrées que l'on a scrutées récemment à l'aide de puissants instruments : on a souvent dédoublé l'une des composantes en deux petites étoiles contiguës. Ainsi les circonstances cosmogoniques qui ont donné naissance aux étoiles doubles sont intimement liées à celles qui ont produit les groupements, même écartés, de plusieurs étoiles dans le ciel, et réciproquement, les couples écartés se sont souvent trouvés en situation de se scinder de nouveau en étoiles doubles plus serrées.
On peut encore observer dans cette constellation du Sagittaire l'étoile 0-, de deuxième grandeur et demie, qui se montre accompagnée, à 5' au sud-ouest, d'une petite étoile de 9° ; — et l'étoile FI. 21, double serrée, à 2"; 5' et 9% orange et bleue.
Cette région, traversée par la Voie lactée, est riche en amas d'étoiles. L'un des plus beaux et des plus brillants, visible à l'œil nu, palpite à 6 degrés au-dessus de l'étoile y, en allant vers fx. Il porte le n" 8 du catalogue de Messier. Une petite lunette à champ large montre là une étoile triple écartée, suivie d'une magnifique agglomération d'étoiles à deux foyers. C'est l'un des plus merveilleux spectacles qui se puissent voir.
Tout proche, au-dessus, plane une autre amas, plus étendu mais moins brillant: M. 21. Vers le centre on découvre une étoile double de neuvième grandeur.
Au surplus, dirigez une petite lunette vers l'un quelconque des points signalés sur notre carte spéciale {fig. 284) et vous serez tout simplement émerveillés. Outre les nébuleuses, l'étoile jj. est multiple, comme nous l'avons vu ; entre cette étoile et l'amas M. 25, l'étoile solitaire que l'on rencontre là est FI. 21, double elle-même. La Voie lactée seule, du reste, tient en réserve de véritables champs d'étoiles à moissonner. Dans l'un de ces amas, le P. Secchi a trouvé des couches d'étoiles superposées l'une devant l'autre, et un arrangement de brillantes étoiles si régulier, « si géométrique, dit-il, qu'il est impossible de le croire accidentel ». La plus grande partie, ajoute-t-il, « offre des arcs de spirale où l'on peut compter jusqu'à dix et douze étoiles de la neuvième grandeur, se suivant sur une même courbe
comme des grains de chapelet ; quelqueiois, elles s'étendent en rayons qui semblent diverger d'un foyer commun, et, ce qui est bien singulier, on remarque soit au centre des rayons, soit h l'origine de la courbe, une étoile brillante et rouge qui semble diriger la marche » . Lointains univers ! quelles richesses, quelles merveilles restent ensevelies là-bas dans la nuit des inaccessibles distances !
Cette constellation n'a qu'un tort: c'est d'être un peu trop éloign e dans l'hémisphère austral pour être facilement visible de nos latitudes
Fig. 284. — Champ de nébuleuses dans le SagiWaire.
boréales. Nous habitons en effet (latitude de Paris) à 42" du pôle nord, de telle sorte que nous ne voyons pas le ciel à plus de 42° au delà de l'équateur, et que toutes les étoiles situées au delà restent perpétuellement invisibles au-dessous de notre horizon. Or le 42' degré de déclinaison passe par la Couronne australe et les pieds du Sagittaire, et l'étoile a est la plus australe que nous puissions apercevoir d'ici; encore ne fait-elle que raser l'horizon juste au sud, ce qui veut dire que, pratiquement, elle reste inobservable. A cause des brumes de l'horizon, il faut souvent enlever dix degrés pour l'observation pratique et reléguer dans l'invisibilité les étoiles situées au delà du