I II III IIII V VI VII VIII VIIII X
LES LETTRES ET LES SIGNES
Il n'est pas douteux que ce sont tout simplement là les doigts de la main; que le V représente la main elle-même, grande ouverte ; que le VI représente une main plus un doigt; que le X réunit les deux mains. C'est ce qu'il y avait là de plus simple au monde. Les chiffres arabes, dont l'usage n'est devenu général que depuis le temps de Henri III, sont moins simples , mais plus courts, et proviennent d'abréviations successives qui masquent aujourd'hui complètement leur origine. Pour couronner cette digression sur les transformations successives des signes du zodiaque et des caractères de l'alphabet, jetez un coup d'œil sur le dessin ci-dessous, qui témoigne d'un fait plus curieux encore peut-être. Ce sont là des ornements de pagaies, tracés
Fig. 300. — Dégénérescence d'un dessin primitif.
par les insulaires de la Nouvelle-Irlande. Un dessin plus ou moins grossier de la forme humaine a graduellement dégénéré au point de devenir d'abord méconnaissable, puis de disparaître tout à fait pour faire place à un croissant enfilé d'une flèche. Ces curieux spécimens ont été présentés au Congrès de l'Association britannique, à la session de Brighton, en 1872, et sont absolument authentiques. L'histoire entière de l'humanité nous offrirait des exemples analogues.
Les hommes primitifs ne peuvent représenter leurs idées que sous des formes simples et naïves. Jetez un coup d'œil, par exemple, sur \<i Calendrier des Dakotas {fig. 301) dessiné par eux-mêmes, et reproiî.uit récemment en fac-similé par des officiers américains : chacun de ces 71 croquis a eu pour but, dans l'esprit de ces Indigènes, de représenter chaque année, à partir de l'hiver 1799-1800 (ils comptent leurs années par neiges et leurs mois par lunes ), en signalant ces années par le fait capital qui les caractérise. Et voilà tout leur calendrier et toute leur histoire. Ainsi, le dessin n° 1, qui représente l'année comprise entre novembre 1799 et novembre 1800, rappelle que trente des leurs (trois rangs de dix) ont été tués à cette époque-là par les Indiens Crov^^s. Le n° 2 rappelle une épidémie de petite vérole mar-. quant la tête et le corps d'un homme. Le n" 3 constate qu'en 1802 ils
ont appliqué le fer à cheval aux pieds de leurs coursiers. Le n° 4 rappelle qu'en 1803, ils ont conquis des chevaux sur les Crows, et ainsi de suite. L'année 1823 (n° 24) a été signalée par un incendie allumé par un homme blanc; l'année 1833 (n" 34) par la fameuse chute d'étoiles
The CALENDAR of Oi.^ OAKOTA NATIOM Tibraoïog the ponod û-orrt 17B9 to 1870, iftolusi^ff
Fig. 301. — Calendrier primitif moderne.
filantes que nous connaissons ; l'année 1869 (n" 70) par une éclipse totale de soleil, dont la ligne centrale passait justement par le pays des Sioux et des Dakotas , etc. Voilà la représentation la plus moderne que nous connaissions des calendriers du mode primordial.
Mais ces digressions instructives et intéressantes nous feraient oublier les étoiles, si nous ne revenions immédiatement vers elles, sans leur faire une plus longue infidélité.