‹ Les étoiles et les curiosités du ciel; description complète du ciel visible à l'il nu et de tous les objets célestes faciles à observer;Chapitre 230 sur 399 · S L'ERIDAN · texte numérisé non relu

S L'ERIDAN

En vertu de la précession des équinoxes, la distance polaire de cette étoileet, par celamême, sa déclinaison australe, diminuent actuellement de 18", 4 par an : elle remonte donc insensiblement vers le nord; la diminution étaitil y aun demi-siècle de 1 8",6 ; il y a deux siècles, de 1 8", 8 ; il y a trois siècles, de 17",9, etc. ; mais elle ne peut pas dépasser 20". Si nous prenons, en nombre rond, 19", 5, pour la diminution moyenne depuis deux mille ans, nous trouvons qu'à l'époque de la rédaction de VAlmageste, vers l'an 150 de notre ère, cette brillante étoile était de 662' ou de 9° 22' plus au sud que de nos jours. Elle n'était donc pas visible à l'époque de Ptolémée, et encore moins au temps d'Hipparque, pour l'observatoire d'Alexandrie. Elle ne l'était pas davantage, à plus forte raison, pour la Grèce, qui est assise entre le 36° et le 40' degré. Il fallait s'élever jusqu'aux 24' et 23' degrés de latitude pour la voir briller au-dessus de l'horizon, c'est-à-dire aller jusqu'au sud de Memphis et des Pyramides, au sud de Denderah et de Luxor, au sud même de Syène. Cependant cette étoile est dans le catalogue de Ptolémée.

Elle est également dans celui de Sùfi, et il la décrit avec un soin particulier : « Elle est de la première grandeur, dit-il ; c'est celle que l'on marque sur l'astrolabe méridionale et que l'on nomme àchir al-nahr, la Fin du Fleuve ; il y a devant elle deux étoiles, l'une au sud, l'autre au nord, dont Ptolémée n'a pas parlé : la première de quatrième grandeur (a de l'Hydre), la seconde de cinquième (Ç du Phénix) ». Or, l'astronome persan a vécu à Téhéran, à Bagdad et à Schiraz, c'est-à-dire à 32 degrés de latitude au minimum; et au dixième siècle la déclinaison d'Achernar était encore de 4° 45' plus australe que de nos jours. L'astronome persan n'a donc pas plus vu cette étoile que l'astronome grec, et ils n'ont pu la décrire que d'après les observations faites au sud. Il est probable que celles de Ptolémée sont dues aux navigateurs de la mer Rouge, et celles de Sùfi aux pèlerins de la Mecque.

La meilleure preuve, du reste, que la position de cette étoile n'avait pas été mesurée aux instruments précis d'un observatoire, c'est qu'elle est fort loin d'être exacte. Sùfi comme Ptolémée donne 53° 30' à sa latitude qui est en réalité de 59° 18'. Cette position se rapproche plus de 6 que d'Achernar ; mais 9 n'est que de seconde à troisième grandeur. On aura remarqué Achernar à cause de son éclat, et l'on n'aura pris d'elle qu'une position approximative. D'autres étoiles beaucoup moins éloignées au sud, telles que 9, i, x,f et / sont restées absentes des catalogues de Ptolémée, Sùfi et Ulugh-Beigh.

L'ÈRIDAN

L'atlas de Bayer, en 1603, a été dessiné en complétant les observations européennes par celles des navigateurs portugais. Bayer a donojé des lettres aux principales étoiles de la constellation tout entière. Elles sont toutes inscrites à notre tableau ; mais celles qui restent invisibles pour nos latitudes sont en dehors de la carte {fig. 327) comme du dessin {fig. 329) des régions accessibles à nos observations ; on les trouvera plus loin, en arrivant aux zones circumpolaires australes. Dans le tableau ci-dessous, j'ai complété, pour toutes les étoiles situées au delà du 20' degré, les observations faites de nos latitudes, par celles des astronomes mieux placés pour cette étude : Gould pour notre époque ; Behrmann pour 1860 ; J. Herschel pour 1840; La Caille pour 1750; Halley pour 1677 (remplit les vides de la colonne d'Hévélius).

Neuf étoiles de la constellation ont reçu la lettre t et quatre la lettre u ; j'ai fait précéder la lettre, comme dans tous les cas douteux

Ptolémée. Sùfi. Ulugh-Beigh. Bayer.

Fig. 330 — Étoile inconnue observée anciennement dans l'Éridan.

Etat actuel.

OU susceptibles d'équivoques, du numéro de Flamsteed correspondant à chaque étoile. Il y a également deux p visibles à l'oeil nu, et une simple jumelle en montre trois, le plus petit (6 1) précédant p 'dans le mouvement diurne, ce qui fait que dans plusieurs catalogues nos p' et p'' s'appellent p^et p', le premier étant le plus occidental : ils portent respectivement les n"' 8, 9 et 10 de Flamsteed. Mais il vaut mieux être logique et ne donner les lettres grecques de Bayer qu'aiix étoiles visibles à l'œil nu.

ETOILES PRINCIPALES DE LA CONSTELLATION DE L ERIDAN DEUX MILLE ANS D'OBSERVATION.

Etoiles —127 +9C0 1430 1590 1C03 1660 1700 1750 1800 1840 1860 1880

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