‹ Les étoiles et les curiosités du ciel; description complète du ciel visible à l'il nu et de tous les objets célestes faciles à observer;Chapitre 36 sur 399 · FL · texte numérisé non relu

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Telles sont les étoiles les plus apparentes de cette petite constellation ; elles ne sont désignées par aucune lettre, puisque la constellation a été formée après Bayer, et elles n'ont ici pour qualificatif que les numéros qu'elles portent dans le catalogue de Flamsteed, à l'exception de la dernière, qui n'a pas été observée par cet astronome, quoiqu'elle soit de cinquième grandeur, et dont la désignation appartient au catalogue de Piazzi. La première paraît avoir augmenté d'éclat ; l'étoile 6 paraît avoir subi une certaine fluctuation au

xviii" siècle. L'étoile 4, de cinquième grandeur, à 1 degré au sud de 7, est la seule étoile intéressante cà observer : orangée, avec un compagnon bleu, dans un champ fort riche.

Mais le sauveur d'Andromède nous attend depuis si longtemps que nous paraissons décidément l'oublier, malgré toutes les curiosités célestes qu'il garde en réserve pour l'astronome contemplateur. Entrons donc sans plus tarder en relation avec ce fier Persée. Inutile de revenir sur son histoire, examinons tout de suite ses étoiles.

Cette région est l'une des plus riches du ciel, à cause de la Voie

Fig. 54. — Principales étoiles de la constellation de Persée.

lactée dont elle forme l'une des zones les plus opulentes en groupes d'étoiles. Que de soirées charmantes nous pourrons consacrer à la contemplation de ces richesses multipliées ! Il y a des places où la plus faible lunette éblouit littéralement l'œil qui cherche à plonger dans ces profondeurs stellifères : des milliers d'étoiles microscopiques jaillissent du ciel comme la poussière diamantée de la nuit.

Voici les principales étoiles qui forment cette constellation, avec la comparaison des observations faites depuis deux mille ans sur leur éclat respectif.

ÉTOILES PRINCIPALES DE LA CONSTELLATION DE PERSÈE DBUX MILLE ANS D'OBSERVATION

Étoiles

— 137 +900 IBO 1590 1603 ICGO

ex

P (Algol.)

It

5 5 5 11 = 51 Andr. 4 4 4 4 ç = 54 Andr. 4 444 X néb. néb. ncb. 6 <!< 4 4 4 5 «0 4 4.5 4 5

h 0 néb. 0 0

16 obsc. 5 5 4

2 J- var. var. var. var.

4 4 var. 3,8

5 6 6 -j 6.7 cum. cum. cum,

6 6 6 6 5.6 5 5,6 6 0 0 6 cum. cum. cum, 6 0 6 5 6.5 5.6 5,7 6 5 0 5 5 5 5,2 6 0 6 6 5 5.6 5,5 6 0 6 8 6 6 6,5 6 6 6 6 6.5 6.5 6,6 6 5 6 6 5 5 5,7 5 4 4 4.5 5.4 5.4 4,5

0 6 5 5.6 5 5 5,2 0 0 0 0 5 5 5,2 0 0 6et5i 6,7et6 5 5 5,4

Telles sont les principales étoiles de la constellation de Perses. Il faudra plusieurs soirées pour faire connaissance avec elles, car leur identification réclame une attention assez soutenue; d'ailleurs, il n'est pas indispensable de les connaître toutes ; le point le plus important

est de trouver les six premières, qui sont les plus brillantes et qui donnent une idée générale de la figure.

Quelques-unes méritent d'arrêter un instant notre attention. Ainsi, rétoile X était au temps de Bayer plus brillante que ses voisines A, b, c, d. Cependant, le 16 janvier 1693, Flamsteed consigna sur son registre de l'Observatoire de Greenwich que c était plus brillante que A. D'autre part, Piazzi a noté X seulement de 6° grandeur. Elle n'est pas dans le catalogue de Lalande ; mais c y est, notée 5 1/2. Elle est mar-

Fig. 55. — Persée et Andromède, d'après un manuscrit espagnol du xiv siècle.

quée 4,4 dans le catalogue de Radcliffe, et c 4,6 ; 4 1/2 dans le catalogue d'Armagh, et c 5 ; William Herschel l'a notée 4,5 et c 4,7; Argelander l'a notée 4,5 et c 4,0 ; Pierce les a mesurées photométriquement en 1874 et a trouvé l ^= 4,52, et c =: 4, 27 ; c'est-à-dire d'un quart de grandeur plus brillante. Il y a donc là une variation certaine. Mais laquelle des deux varie ? — Toutes deux sans doute.

L'étoile 7r a diminué d'éclat : elle n'est certainement plus de quatrième grandeur. L'étoile u a, au contraire, augmenté d'éclat. Les étoiles ^, 01 et b ont diminué.

L'étoile m a été notée de huitième par Piazzi, grandeur invisible

à l'œil nu. Cependant, vers la même époque, Lalande l'a observée de sixième. Herschel l'a marquée 6,9, c'est-à-dire presque de septième. Elle est de 6,3 dans Radcliffe, de 6 dans Armagh. Il est probable que le chiffre de Piazzi est erroné; en l'estimant de 6" 1/2, les faibles divergences d'appréciation s'expliquent.

L'étoile 16 est une brillante de 4' 1/2. Si elle n'a pas reçu de lettre de Bayer, ce n'est pas qu'elle ait été moins brillante que les précédentes, car sur son propre atlas elle est gravée de cinquième grandeur, mais c'est parce qu'elle se trouve en dehors de la ligure classique, précédant la Tète de Méduse. Les anciens l'appelaient obscure, ce qui est bien

Fig. 56. — Dessin de Persée au temps mexpiicaûle.

dAiphonse X (viii. aiècie). L'étoile 995 B.A.C. et l'étoile double

29-31, qui précèdent «, ont dû augmenter d'éclat, car aucune des

anciennes cartes ne les ont représentées, quoiqu'elles soient admirablement visibles.

Remarquons aussi que l'étoile 24 a été notée de 6* grandeur par Hévélius et de 4° 1/2 par Flamsteed.

Est-ce une erreur de l'astronome anglais? Oui, sans doute. Elle a été notée de 6° par Lalande et de 5* 1/2 par les observateurs d' Armagh, ce qui est à peu près sa grandeur constante.

L'étoile ff est rougeâtre.

Mais, de toutes ces étoiles, la plus curieuse est sans contredit la seconde de la liste précédente, l'étoile (3, ou Algol, qui indique dans le ciel la place de la Tête de Méduse. Ce nom d'Algol dérive de l'arabe Alglràl, le monstre, ou le diable, et sur plusieurs anciennes cartes, Persée s'appelle le Porteur de la. tête du Diable. On sait que Persée ayant coupé cette fameuse tête de Méduse prit l'habitude de la tenir à

Fig. 57. — Dessin de Persée au temps de Sùfi (x« siècle).

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