VARIATIONS OBSERVEES DANS LA GRANDE OURSE
rune de ces étoiles notée par lui à une grandeur inférieure, ce n'est point là une preuve qu'elle ait réellement varié d'éclat, à moins qu'il ne s'agisse d'une différence énorme. Parmi ces étoiles, l'une, m, doit avoir augmenté d'éclat entre l'époque d'Hipparque et celle de Bayer, qui l'a inscrite de 4" grandeur, tandis que personne ne la signale avant Tycho-Brahé; une autre, h, ordinairement notée de 4' grandeur, n'est que de 5° dans Bayer : dans Hévélius, elle est de même éclat que T ; aujourd'hui, elle est moins brillante, quoique je l'aie notée audessous des valeurs d'Argelander et de Heis. L'étoile 10, de 4* grandeur 1/2, aujourd'hui incorporée dans le pied droit, ne doit peut-être son absence des catalogues anciens qu'à son éloignement de la Grande Ourse, sous le pied de laquelle elle était au xvii" siècle ; cependant, il est probable que si elle avait été autrefois aussi biillante que de nos jours on aurait allongé ce pied sans difficulté. Les étoiles e et f étaient anciennement plus brillantes que les étoiles i:, p, a; mais elles n'en diffèrent plus aujourd'hui. Ce sont là les variations d'éclat les plus sûres arrivées dans cette région du ciel. L'étoile P. X. 42 est peut-être soumise aussi à certaines fluctuations. Quant aux dernières étoiles de la liste précédente, leur absence des catalogues anciens ne prouve point qu'elles n'existaient pas, car elles se trouvent en dehors des limites de la figure et ne sont d'ailleurs que de cinquième grandeur. La dernière, toutefois (83), située près de ?, varie, car, le 6 août 1868, M. Birmingham Ta vue aussi l)rillante que â.
Il y a dans la constellation de la Grande Ourse trois étoiles variables bien curieuses, R, S et T. La première se trouve sur le prolongement de la ligne tracée de (3 à x qui sert généralement de ligne de repère pour trouver l'étoile polaire : cette ligne passe {voy. la fig. 67), entre les étoiles A du Dragon et P. X. 126. La variable, R, est contiguë à cette dernière étoile. La seconde. S, se trouve au nord de e, mais comme elle ne s'élève presque jamais au-dessus de la huitième grandeur, je n'engage pas mes lecteurs à se donner la peine de la chercher. La troisième, T, gît dans ces mêmes parages, et on la trouvera également, à l'aide de notre fig. 67, sur le prolongement d'une ligne menée par les étoiles y, â : cette ligne rencontre une étoile de cinquième grandeur et la variable est un peu au delà.
La variable R s'élève à la sixième grandeur à son maximum et devient alors visible à l'œil nu; elle descend à son minimum jusqu'à la douzième grandeur. Cette variation d'éclat s'accomplit très régulièrement, dans une période de 302 jours ; elle augmente d'abord très rapidement d'éclat, traversant en un mois presque quatre ordres de
grandeurs ; elle reste ensuite pendant deux mois au-dessus de la huitième grandeur, après quoi elle diminue régulièrement pendant quatre mois. Au moment de son minimum, elle devient nébuleuse, et cette apparence suffit pour la faire distinguer des petites étoiles voisines : elle est comme enveloppée d'un léger brouillard, mais n'offre pas la teinte rougeâtre que l'on remarque généralement sur les étoiles variables. Son prochain maximum arrivera le 18 août.
L'étoile voisine, de cinquième grandeur, est une étoile triple très délicate.
La seconde, S, varie de la huitième à la douzième grandeur en 226 jours; mais, comme nous l'avons dit, elle ne peut guère être
Fig. 68. — Mizar vue é, l'œil nu.
Fig. 69. — Mizar vue dans une lunette.
trouvée qu'à l'aide d'un instrument équatorial. La troisième, T, varie de la sixième et demie à la treizième grandeur dans la période de 255 jours : son dernier maximum est arrivé le 8 juin. — On peut s'intéresser à vérifier ces maxima, d'autant plus qu'ils ne se reproduisent jamais dans un éclat identique, et qu'au lieu, par exemple, de remonter à la sixième grandeur ou à la sixième et demie, ces étoiles ne reviennent souvent qu'à la septième ou même à la septième et demie. Il y a encore là bien des problèmes à résoudre.
Cette belle et grandiose constellation possède l'une des plus brillantes étoiles doubles du ciel tout entier : c'est l'étoile Ç, ou Mizar, précisément celle qui offre à l'œil nu un spécimen de ces couples remarquables. Nous avons vu, en effet, que cette étoile se dédouble à l'œil nu et laisse voir au-dessus d'elle son petit compagnon Alcor, de