PRINCIPALES ÉTOILES DU DAUPHIN DEUX MILLE ANS D'OBSERVATION
1''7 4-950 1430 Io90 IG03 1060 1700 1800 18i0 1860 1880
.1 fi 6 6 5 5 5 5 5 5.4 ' 5.4 4,9
Les deux étoiles les plus brillantes de la constellation sont aujourd'hui (3 et 7, tandis qu'à l'époque de Bayer, c'est « qui a reçu la première lettre; a, (3, y, d ont été, du reste, inscrites du même éclat. a a diminué, et il en est de même de $, que Piazzi a notée de 5° grandeur. Au contraire, Ç et x ont augmenté lentement d'éclat depuis l'antiquité.
11 y a là trois étoiles variables : R, S et T ; la première variant, en 284 jours, de la 8° à la 13^ grandeur; la seconde variant, en 275 jours, de la 8° 1/2 à la 11°; et la troisième variant, en 332 jours, de la 8" 1/2 au-dessous de la 13°. Mais l'observation de ces lointaines et inconstantes lumières sort du domaine de l'astronomie populaire.
Les deux étoiles principales de cette petite constellation, « et (3, sont désignées dans le Catalogue de Piazzi sous les noms respectifs de Sualocin et Rotanev, qui n'ont rien d'arabe et sonnent à l'oreille des étymologistes comme une véritable cacophonie de barbarismes. La recherche de l'origine arabe de ces noms a longuement intrigué l'esprit si ingénieux de l'amiral Smyth, et on le croit sans peine quand on sait qu'ils ne sont dus qu'à une plaisanterie un peu enfantine d'un astronome en bonne humeur, — sans doute de Piazzi lui-même. Ces deux noms retournés font, en effet, Nicolaus Venator, et le compagnon de Piazzi, à l'Observatoire de Palerme, n'était autre que Niccolo Cacciatore, qui mourut en 1841. Tout le monde sait que cacciatore veut
dire chasseur, en latin venator. Ces deux étoiles portent donc tout simplement les noms de Nicolas Cacciatore, latinisés et retournés ! ^
On peut, du reste, remarquer que l'arabe ressemble un peu de loin à une langue écrite à l'envers. Écrivez une phrase quelconque en commençant par la fin, et vous ne tarderez pas à trouver dans plusieurs mots retournés de véritables expressions arabes.
Cette plaisanterie rappelle celle qui fut faite au commencement de ce siècle, à un archéologue très instruit, par un étudiant qui prétendait avoir trouvé sur la colline de Montmartre une vieille pierre taillée portant cette inscription :
On dit que plusieurs membres de l'Académie des Inscriptions y ont
Fig. 124. — L'étoile double f du Dauphin. Fig. 125. — Étoile triple délicate entre p et Ç du Dauphin.
été pris. Le fait est que, plus on cherche, et moins on trouve. Il n'y a qu'à lire cette phrase couramment : « C'est ici le chemin des ânes. » Mais revenons au Dauphin. L'étoile y est une magnifique étoile double, de 4' et 6" grandeurs, à 11" d'écartement, orange et verte. La petite étoile varie de couleur, de l'orange au jaune, au vert et au bleu; le plus souvent, elle est vert émeraude. Couple élégant, qui n'a tourné que de 9 degrés depuis cent vingt-cinq ans qu'on l'observe. Observation intéressante à faire pour les dames pendant les belles soirées de juillet, août, septembre et octobre : leurs yeux sont accoutumés à juger des moindres nuances; cependant, je crois pouvoir leur
prédire qu'elles différeront toutes de jugement sur les couleurs des composantes de cette étoile double.
L'étoile p est quadruple, mais son observation est réservée aux grands instruments. Il y a deux compagnons, de 10' et 13' grandeurs, à 35" et à 28", et l'étoile principale est double elle-même, excessivement serrée (0"4) et en mouvement très rapide.