‹ Les étoiles et les curiosités du ciel; description complète du ciel visible à l'il nu et de tous les objets célestes faciles à observer;Chapitre 90 sur 399 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

La Voie lactée. — Structure générale de l'univers. — Distribution

des nébuleuses. — La constellation du Cygne.

Étoiles variables et temporaires. — Histoire de la 61 " du Cygne ; première étoile

dont on ait déterminé la distance. — Le Petit Renard.

A l'heure silencieuse de minuit, dans la solitude tranquille des campagnes, sur le rivage de la mer à l'éternel murmure, la contemplation du ciel transporte nos âmes au sein des régions lointaines et infinies. Spectacle grandiose et sublime! la terre est endormie avec ses passions grossières et bruyantes ; la mer assoupit la plainte de ses ondes et s'étend, désert immense, comme une image de l'infini supérieur, et là-haut, dans l'espace insondable, scintillent les étoiles multipliées. C'est un abîme céleste, d'une telle immensité et d'une telle profondeur, que le regard qui cherche à passer entre les étoiles ne tarde pas à tomber dans des vides informes, et que l'esprit s'arrête frappé d'émotion et de vertige. Une vaste traînée blanchâtre s'élève comme une arche aérienne à travers la voûte étoilée ; l'œil y découvre des irrégularités bizarres : ici, elle coule comme un fleuve céleste dans un lit étroit et monotone; là, elle se divise en deux branches qui vont se séparant l'une de l'autre; plus loin, elle paraît se déchirer en lambeaux, comme une toison légère cardée par les vents du ciel. Les gracieuses légendes de la mythologie voyaient là des gouttes de lait tombées du sein de Junon lorsque Hercule rassasié détourna ses lèvres du sein qui lui était offert ; la poésie égyptienne saluait en elle un chemin éthéré conduisant à la demeure des dieux ; les historiens des vieilles traditions prétendaient y reconnaître la trace de l'incendie allumé par Phaéton lorsque le char du Soleil, mené parce conducteur novice, glissa obliquement dans les cieux et faillit embraser l'univers. A l'époque où l'on croyait le firmament solide, on y voyait la soudure des deux hémisphères célestes, et naguère encore les chrétiens mystiques croyaient y deviner le chemin des âmes vers les mystérieuses régions de l'éternité.

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