‹ Les étoiles et les curiosités du ciel; description complète du ciel visible à l'il nu et de tous les objets célestes faciles à observer;Chapitre 94 sur 399 · ILE · texte numérisé non relu

ILE

o {Deneb.)

p {Albireo.)

lt

var.

var.

var.

var.

Ai

var.

est remontée à la quatrième aux xvi° et xvii% puis est tombée au-dessous de la sixième au xviu° siècle, pour revenir à la quatrième et demie, son état actuel.

L'étoile «, de quatrième grandeur, a été vue de sixième par Flamsteed et de cinquième par Piazzi.

L'étoile 1, autrefois une brillante de la quatrième, est aujourd'hui une faible de la cinquième.

Fig. 131. — Étoiles du Cygne et du Petit Renard.

L'étoile fi, invisible ou peu brillante pendant l'antiquité et le moyen âge, a brillé de l'éclat de la troisième grandeur au temps de Tyclio-Brahé et d'Hévélius, pour retomber à la cinquième grandeur et se relever légèrement pendant notre siècle.

L'étoile y, notée de sixième grandeur par Sûfî et par Ulugb-Beigh, a été vue de quatrième par Piazzi.

L'étoile 39 a été observée de quatrième grandeur par Hévélius et

de sixième par Flamsteed. Il en est de môme de l'étoile 47 et de l'étoile 52.

Ce sont là autant de témoignages des variations séculaires qui s'accomplissent dans la constitution physique et chimique des soleils allumés au sein de l'immensité. Cette constellation est, du reste, l'une des plus remarquables du ciel par ses étoiles variables.

Et d'abord, la fameuse étoile x, située dans le col, entre p et y, à peu près au tiers de la distance à partir de |3, qui varie de la quatrièvie grandeur et demie à la treizième dans la période de 406 jours environ, mais avec certaines irrégularités. Cette étonnante variabilité a été remarquée dès l'an 1687 par G. Kirch, et la période a été déterminée par Maraldi. Quelle transformation extraordinaire ! C'est, à coup sûr.

Fig. 132. — Variation périodique d'éclat de l'étoile x du Cygne.

l'une des variables qui manifeste le plus grand contraste entre son maximum et son minimum. Voilà un soleil qui envoie 4600 fois plus de lumière et de chaleur à la première époque qu'à la seconde! Que deviendrions-nous si notre soleil subissait de pareilles métamorphoses tous les treize mois environ? Quel été et quel hiver d'un nouveau genre !

Le dernier maximum est arrivé le 10 juin 1880.

Non loin de là se trouve une autre étoile non moins curieuse. C'est 34 P, visible un peu plus loin, à la naissance du cou du Cygne, au sud de y. Elle a été vue pour la première fois le 18 août de l'an 1600 par un constructeur de globes célestes, Blaeu, élève de Tycho-Brahé, et notée de troisième grandeur, à son grand étonnement, puisque les astronomes n'avaient jamais remarqué là aucune étoile. Il a lui-même inscrit sa découverte sur son globe, construit en 1622 (dont on peut voir un exemplaire au Conservatoire des Arts et Métiers, à Paris). Dès cette époque, elle était déjà tombée à la cinquième grandeur

Fig. 133. - Le Cygne. - La Vole lactée. - Le Petit Renard. - La Lyre. - Hercule.

comme il le dit lui-même dans sa petite notice latine. Mais, dans l'Atlas de Bayer (1603), elle est marquée de troisième et désignée sous la lettre P. Kepler l'observa pendant dix-neuf ans, de 1600 à 1618, et constata qu'elle conservait la même grandeur, « un peu moins brillante que celle de la poitrine (y) et un peu plus que celle du bec (p) » . En 1621, Liceti l'observa encore. En 1622, comme nous venons de le voir, Blaeu la nota de cinquième grandeur. De 1655 à 1660, elle ressuscita sous les yeux de Cassini et se ranima jusqu'à la troisième grandeur; puis elle s'affaiblit de nouveau, et, le 31 octobre 1660, elle était retombée à la cinquième et demie. De 1662 à 1666, elle demeura invisible à l'oeil nu. En 1677 et 1682, elle était de sixième grandeur, et une observation de 1715 indique le même éclat. En 1793 et en 1807, Piazzi la vit de cinquième et demie. Pigott lui attribuait une période de dix-huit ans; mais il est certain maintenant qu'il n'y a là aucune période de ce genre. Je l'ai souvent observée, notamment en août 1872, septembre 1875, août 1878, et tout récemment encore, en juillet 1880, et l'ai toujours trouvée égale aux deux étoiles qui sont au-dessous d'elle au sud-ouest (5* et b') et un peu plus brillante que les deux du sud, ce qui établit sa grandeur constante actuelle à 5,5.

Ainsi, voilà un soleil qui a augmenté d'éclat, a lancé tout autour de lui, pendant vingt ans, ses ardeurs lumineuses et calorifiques, puis s'est apaisé, a repris ses feux dix-huit ans plus tard, pour ne les garder qu'un an ou deux, a disparu ensuite à l'œil nu, et, depuis plus d'un siècle, paraît être resté dans une période de calme, à l'état constant d'une étoile de cinquième grandeur et demie.

Dans cette môme région du ciel, sous la tête du Cygne, à l'ouest d'Albireo, une autre apparition de même nature vint, en 1670, [frapper l'attention des astronomes. C'est le P. Anthelme, chartreux à Dijon, qui l'aperçut le premier, le 20 juin de cette année-là. Elle brillait aussi de l'éclat des étoiles de troisième grandeur. Dès le mois de juillet, elle commença à diminuer : le 11, elle n'était plus que de quatrième grandeur, et, le 10 août, de cinquième; puis elle diminua encore. On cessa d'observer cette constellation, et, lorsqu'elle revint sur l'horizon, le 17 mars 1671, on trouva que l'étoile était de quatrième grandeur. En avril et mai, Cassini la trouva plus brillante que p du Cygne, c'est-à-dire de troisième grandeur, puis elle diminua si vite, qu'à la fin du mois d'août, elle n'était presque plus visible à l'œil nu. De nouveau, elle se ranima en mars 1672, reparut encore de troisième sous les yeux d'Hévélius; mais elle s'évanouit entièrement en septembre, et personne ne Va jamais revue depuis. Du moins,

c'est ce que l'on croit. Mais, en cherchant bien, il me semble qu'on la voit toujours au télescope. En effet, sa position n'a pas été déterminée avec une grande précision , car les chiffres donnés par Anthelme, Picard, Hévélius, Flamsteed et Cassini, ne concordent pas exactement. Or, il y a là, à moins d'une minute de distance de la position généralement acceptée, une étoile variable, S du Petit Renard, qui oscille actuellement en 68 jours de la huitième et demie à la neuvième grandeur (8,6 à 9,3). Ne serait-ce pas là l'étoile temporaire de 1670? Sa position pour 1880 est :

Ascension droite = 19'>'i3'n28s Déclinaison +26''59',3.

Il serait bon de diriger de temps en temps une lunette vers ce point du ciel {voy. notre fig. 131) et de comparer l'éclat des petites étoiles que l'on y rencontre.

La constellation du Cygne est particulièrement remarquable pour ces variations. Une autre étoile temporaire est apparue tout récemment, le 24 novembre 1876, non loin de l'étoile p, à peu près sur le prolongement d'une ligne menée par « et $, comme on peut le voir par la position indiquée sur notre fig. 131. C'est M. Schmidt, d'Athènes, qui l'a aperçue le premier : elle brillait comme une étoile de troisième grandeur, plus intense que « Pégase et très jaune. Quatre jours auparavant, il avait observé cette même région du ciel : elle n'y était pas. Encore un nouveau visiteur, dont la gloire ne fut pas de longue durée. Quelques jours après, en effet, l'étoile commença à décroître, et le 5 décembre, elle était déjà de cinquième grandeur. Le 11, elle était de sixième. Puis, elle disparut à l'œil nu. Le 5 janvier 1877, le P. Secchi, à Rome, la trouva de septième grandeur; l'examen spectroscopique donna le spectre représenté ci-dessous, où l'on voit les raies C et F do

Fig. 134. — Spectre de l'étoile révivifiée dans le Cygne en 1S76.

l'hydrogène, la raie b du magnésium, une ligne vive dans le jaune, D, qui peut être le sodium ou la substance principale de la chromosphère solaire (hélium), et d'autres lignes brillantes qui rappellent le spectre de l'étoile de 1866 dans la Couronne boréale, et, ajoute l'astronome romain, « confirment l'idée de violents incendies ».

Page 1