‹ Les étoiles et les curiosités du ciel; description complètes du ciel visible à l'oeil nu et de tous les objets célestes faciles à observer; supplément de l'Astronomie populaireChapitre 101 sur 411 · et 5,8; écartement = 6" ; jaune d'or et azur léger · texte numérisé non relu

et 5,8; écartement = 6" ; jaune d'or et azur léger

Couple extrêmement joli ; très lumineux; ravissant petit tableau, couleurs variables. Fixe.

cJ : 4" et 8' ; écartement = 1 8"; mouvement rapide ; mais sans doute groupe de perspective. (Difficile à dédoubler : la grande étoile est d un bleu clair brillant, la petite violette très fine. )

Mais de toutes les étoiles doubles de cette constellation, la plus intéressante est sans contredit l'étoile Ç, dont les composantes de 3" et Cf grandeur, gravitent Vune autour de Vautre dans la période rapide de 34 ana^ et demi. C'est l'un des systèmes orbitaux les plus rapides que nous puissions observer dans le ciel entier. Un instrument puissant est nécessaire pour opérer le dédoublement, car l'écartsment des deux composantes n'est actuellement que de 1",3 et ne dépasse jamais 1",5. La petite étoile disparaît même dans les rayons de la grande pendanttroisans, à chacune de ses révolutions, lorsque sa distance est inférieure à 0",6 : c'est le premier exemple que l'on ait eu, dès l'an 1795, de l'occultation d'une étoile par une autre. Depuis 1782, date de la première mesure faite par William Herschcl, ki petite étoile a déjà accompli près de trois révolutions autour de la grande J'ai représenté fîg. 158i'orbite apparente, telle que nous la voyons d'ici, et flg. 159 l'orbite réelle, comme on la verrait de face. Voilà un nouveau système

Fi". T'T. — I/étoile double Ofl Ilerctile.

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de deux soleils qui doit distriLuer aux terres inconnues qui .gravitent dans sa double lumière, des années, des saisons, desjoursetdes nuits, des printemps et des automnes, des aurores et des crépuscules dont les phénomènes simples et rég'uliers de la nature terrestre ne peu-

Fig. 158. — Orbite apparente de Ç Hercule. Fig. 159. — Orbite absolue de l IlorcJie.

vent nous donner aucune idée. Qu'il serait intéressant de pouvoir s envoler jusque-là, ne serait-ce que pour y vivre une seule existence d'une quarantaine d'années de contemplation !

Cette vaste constellation d'Hercule renferme l'un des plus beaux amas d'étoiles qui existent. Il se trouve entre ïj et ç, à un tiers de la distance en partant de >:; on le distingue à l'œil nu par les nuits claires et sans lune. Pourtant personne n'en a parlé avant l'année 1714 où Halley l'observa le premier et le présenta comme la sixième nébuleuse alors connue, en aj^ant soin d'ajouter que sans doute les progrès de l'astronomie en feraient découvrir d'autres, prédiction réalisée au delà de toute espérance : un demi-siècle plus tard, Messier publiait un catalogue de 103 de ces créations lointaines; à la fin du siècle, W. Herschel en enregistrait 2500, et aujourd'hui nous en connaissons plus de six mille!... Il est singulier que Messier ait cru constater que cette nébuleuse « ne contenait aucune étoile », car le plus faible pouvoir optique permet de la résoudre en une masse de petits points lumineux. Scruté dans le champ des plus puissants télescopes, cet amas se développe sur une étendue de 8' de diamètre, soit k quart du diamètre apparent de la pleine lune, et, d'après son aspect globulaire et sa condensation centrale, se présente comme composé de plus de cinq mille soleils, réduits pour nous à la dimension d'étoiles de 10" à 15" grandeur. Le spectroscope y montre un spectre continu et une constitution non gazeuse. Cet amas d'étoiles est sans contredit

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l'un des plus brillants! du ciel et, par une heureuse circonstance, l'un des plus faciles à observer sous nos latitudes. Il est difficile de le contempler sans admiration. Quel univers ! Quand on songe qu'entre

chacun de ces soleils il y a des millions, ou, pour mieux dire, des centaines de millions de lieues, comment l'imagination la plus téméraire ne se sentirait-elle pas abîmée et confondue ! Tout à Vheure je demandais quarante ans d'études à passer dans le système double de Ç Hercule : maintenant, j'en ambitionnerais au moins dix fois plus, soit quatre cents ans, pour satisfaire une curiosité bien légitime dans l'é-

Fig. 160. — Amas a Hercule. t •

tude de cette prodigieuse agglomération de plus de cinq mille soleils.

Hercule nous offre encore un autre amas, que l'on trouvera sur la ligne tracée de Véga à t, à peu près de même diamètre que le précédent, mais moins facile à résoudre en étoiles.

Ne quittons pas Hercule sans regarder avec une attention spéciale la région céleste où brillent les étoiles tt et p : c'est vers cette région que le Soleil nous emporte dans son mouvement de translation à travers l'immensité infinie. Par une belle nuit d'été, élevez vos regards contemplateurs vers cette région du ciel : c'est laque nous allons tous, Soleil, Terre, Lune, planètes, comme une flotte d'embarcations cinglant vers un port céleste. Aborderons-nous jamais dans cette constel* lation? Notre soleil tourne-t-il autour d'un foyer situé à angle droit avec notre tangente vers ce point? Sa route sidérale est-elle sinueuse, soumise à des alternatives d'attractions inconnues? Autant de questions, autant de problèmes. Mais il n'en est pas moins certain que la comparaison générale des mouvements propres de toutes les étoiles dénote une tendance de perspective à s'écarter de ce point et à nous le signaler comme marquant la direction actuelle de notre transport dans Tespaee. Devant la contemplation de ce mouvement séculaire, les révolutions annuelles de la Terre et des autres mondes s'effacent, les révolutions des peuples d'une petite planète s'évanouissent en fumée, et l'âme reste plongée dans une sorte de stupeur en essayant de concevoir le tal)leau des grandeurs sidérales et la majesté des œuvres de la nature.

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