SOBIESKI
ÉTOILES
FI. 1 Aigle.
var.
var.
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Lai. 34il3 .
On remarque là les mêmes manifestations de variabilité qui nous
î.ii' LA CONSTEl/LATIONf DE L'AFGI.E
ont frappés tout à T heure. La première de ces étoiles surpasse aujourd'hui la 4' grandeur, tandis que Piazzi ne l'a estimée que de 5* et demie, et il l'a observée neuf fois en ascension droite et autant en déclinaison. La quatrième étoile de cette petite liste paraît aussi soumise à certaines fluctuations. L'avant-derrière, observée depuis 1795, varie de la 5* à la 9* grandeur dans une période moyenne 'ie 71 jours, soumise elle-même à certaines irrégularités encore inexpliquées. On l'a nommée R de l'Écu. La dernière, située en bas du Bouclier, près du Sagittaire, a été signalée par Hévélius comme de &" grandeur et nébuleuse ; elle est absente des catalogues de Flamsteed et de Piazzi. C'est une brillante de la cinquième, ou plutôt même une faible de la quatrième.
Il y a dans l'Aigle deux autres variables, R et S, dont la première oscille de la 7* à la 11' grandeur dans la période de 345 jours, et dont la seconde varie de 9,4 à 11,3 en 146 jours ; mais pour les trouver et ]es suivre facilement, une bonne lunette montée en équatorial est nécessaire.
Cette région du ciel ne renferme qu'un petit nombre d'étoiles doubles observables dans les instruments de faible ou moyenne puissance :
Et d'abord Altaïr. Compagnon de 10' grandeur à 156". Minuscule;
Fig. lt)2. — Mouvement observé sur le compagnon d'Aliair.
difficile à distinguer. C'est un groupe optique. La brillante étoile passe devant la petite, plus éloignée, et vogue dans l'espace avec une vitesse annuelle de 0^,55 en ascension droite et deO",38 en déclinaison, qui équivaut à un déplacement de 68" par siècle, dirigé vers le nordouest.
Observer l'étoile y, qui brille au milieu d'un très beau champ, tout constellé.
15 h (au nord de X et au milieu du chemin entre |3 Ophiuchus et « Capricorne) : couple élégant; 5,7 et 7,5 ; écartement ^ 35".
57 (tout à fait au sud) : 6,4 et 7 ; même écartement : les deux composantes sont parfois égales comme couleur et parfois différentes.
LA CONSTKI.LATION Dt: L'AIGLE
' 1 1 (triangle avec C et «) : 5,5 et 9 ; distance = 17" ; couple en mouvement rectiligne rapide.
23 (triangle avec â etv): 6' et 10' ; distance = 3" ; couple délicat ; la visibilité de la petite étoile augmente plus que d'habitude avec lé grossissement des instruments. ;
Mais si cette contrée du ciel n'est pas riche en beaux spécimens ; d'étoiles doubles, elle se présente en revanche comme l'une des plus magnifiques et des plus admirables à observer à l'aide des plus faibles l pouvoirs optiques, par l'opulence de la Voie lactée qui a semé là avec ; profusion des milliers de soleils jetés les uns sur les autres. Le foyer '
Fig. 163. — L'étoile double 15 h de l'Aigle.
Fig. 104. — Léloile double 11 de l'Aigla.
laiteux de TÉcu de Sobieskiest une merveille. Ici, les gigantesques i télescopes destinés à pénétrer au loin dans l'immensité éthérée devien- ■ nent superflus : l'observation directe de l'œil attentif suffit pour juger; cette grandeur sidérale. Que la nuit soit bien profonde et que l'atmo-; sphère soit bien pure, et par milliers jaillissent les petites étincelles de^ la. Voie lactée. Pointez une jumelle, ou une petite lunette munie d'unj vaste champ, et la fascination sera complète. C'est là que Williamj Herschel a compté 330 000 étoiles sur une étendue de cinq degrés; carrés. Généralement les nuances de condensation sont imparfail^-j ment indiquées sur les atlas; célestes, et je ne puis mieux faire , pour donner une juste idée de l'aspect de cette belle région, que de reproduire ici la carte qui vient d'en être tracée par l'Observatoire de la République Argentine, qui, sous un ciel plus clément que le nûtre, vient d'entreprendre. la révision générale des étoiles de l'hémisphèrô
austral. Seulement, comme pour l'observateur austral le sud est en haut et le nord en bas, le lecteur est prié de retourner la carte, afin de placer le sud en bas, comme nous le voyons de nos latitudes
Flg. 165. — La Voie lactée dans la région de TAiglo
lorsque nous observons cette région du ciel à son passage au mé- " Dino-ez une lunette quelconque vers ces nuages stellaires et vous
l/AIGLE. - L'ÊCTT J37
pénétrerez rapidement à travers ces agglomérations fabuleuses. Il y a là de magnifiques amas d'étoiles. Pointez surtout, à l'aide du dessin précédent, vers la région située par 18** 13™ et 18" sud, vous rencontrerez là trois nébuleuses splendides, qui portent les n°* 17, 18 et 24 du catalogue de Messier. La première est la fameuse nébuleuse en fer à cheval, ou pour mieux dire en forme de la lettre grecque majuscule û (oméga) ; chercher vers 5 degrés au nord-est de (x du Sagittaire de 4* grandeur (à 18" 6" et 2r). C'est assurément là l'une des nébuleuses les plus curieuses du ciel. On croirait voir un courant de fumée que le vent a étrangement contourné. Mais cette fumée qui nous paraît si légère représente un univers en formation ! Déjà
Fig. 166. — La nébuleuse de l'Écu vre dans le télescope de sir John Herschei.
deux centres de condensation commencent à s'accentuer. Quel géomètre pourrait pressentir les forces en action dans cet immense travail cosmique et deviner la figure définitive qui s'élaborera sous la main des siècles futurs. Si Ton compare les dessins faits depuis un demisiècle seulement, on croit déjà apercevoir un changement de forme indiquant des métamorphoses beaucoup plus rapides que l'examen général de ces créations lointaines n'avait porté à le croire jusqu'ici. Cependant il ne faudrait pas se hâter de conclure, car la différence dee instruments et des observateurs entre certainement pour une partie notable dans les changements observés. Il suffit de comparer les deux dessins {fig. 166 et 167) pour être frappé de la différence d'aspect de cette même nébuleuse dessinée par sir John Herschei, d'une part, et d'autre part par Lassell, chacun à son télescope. Vers 4° au sud-ouest de la belle étoile X, dans Antinous, vous trou»