L'AIGLE. — L'ECU
verez de ravissants objets d'étude. D'abord une étoile double très écartée, de 7* et 9* grandeur, à 99" de distance angulaire, puis deux autres doubles plus serrées, ensuite un curieux amas d'étoiles (1 1 Mes-
Fig. 16". — La nébuleuse de l'Ecu vue dans le télescope de Lassell.
sier) découvert des l'an 1681 par Kirch,et qui ressemble un peu à un vol d'oiseau. L'amiral Smyth en a fait en 1835 le petit dessin reproduit ici {^ . 168). Le 18 septembre 1879, j'ai trouvé une différence sensible eiitre la réalité et ce dessin : l'étoile de l'amas était aussi brillante que les deux autres, et elle brillait non pas absolument dans l'intérieur, comme ici, mais vers l'extrémité ovale de l'amas, comme si elle s'était déplacée de la gauche vers la droite. Cette étoile est-elle en deçà ou au delà de la nébuleuse ? c'est ce qu'il est impossible de décider. Kirch la décrivait comme une étoile située en arrière, brillant à travers la nébuleuse et rendant celleci plus lumineuse. C'est le théologien Derham qui l'a résolue le premier en étoiles, en 1733.
^ La fameuse comète de 1811 a traversé cette constellation au mois de décembre de cette année impériale, et, pendant les observations de
Fig. 168— Amsw d'étoiles dans Antinous.
LA KLECllK
Piazzi à l'Observatoire de Palerme, a donne lieu à une remarque assec singulière. Deux étoiles devant lesquelles cette fantastique visiteuse de l'immensité a étendu son immense atnios|)hère, les étoiles qui portent les n" 149 et 197 du Catalogue de Piazzi (XX* heure) ont été vues, la première de 5* grandeur et la seconde de 9*. Cr ces deux étoiles, vérifiées ensuite par l'astronome de Palerme lui-môme, ne sont respectivement que de 7" 1/2 et 12" grandeur. Ainsi, en passant devant ces étoiles, l'atmosphère de la comète, au lieu d'en diminuer l'éclat, l'a considérablement augmenté. Je signale ce fait comme une curiosité assez difficile à expliquer. L'astronome se trouve ici dans la position du naturaliste, du physicien et du chimiste, qui ne peuvent pas toujours se rendre compte des causes auxquelles sont dus les effets qu'ils observent.
Avant de quitter l'Aigle, remarquons au-dessu;s de lui, en allant vers le Cygne et la Lyre., une toute petite constellation (la plus petite du ciel) formée principalement par trois étoiles alignées en ligne
LA FLEr.HE
droite, pour aboutir à deux autres qui semblent terminer ce même alignement. C'est la Flèche, et son acte de baptême n'est pas difficile à découvrir. Cette flèche, dont la pointe est tournée vers l'orient, paraît lancée par un génie inconnu à travers la Voie lactée et prête à filer au-dessus du Dauphin. Levez les yeux, et vous la reconnaîtrez tous les soirs, de juillet à octobre.
Toute minuscule qu'elle est, cette figure date des Grecs et des Romains, et nous avons deux mille ans d'observations à son égard.
A/ran-
L '.-MOtilC
Fig. 1C9. — La constellation 4e la Flèche*
LA FLECHE