‹ Les étoiles et les curiosités du ciel; description complètes du ciel visible à l'oeil nu et de tous les objets célestes faciles à observer; supplément de l'Astronomie populaireChapitre 130 sur 411 · NOMS CORRESPONDANTS · texte numérisé non relu

NOMS CORRESPONDANTS

Celseno.

Electre.

Taygète.

Maïa.

Astérope I.

Astérope IL Mérope.

Alcyone.

Atlas.

Pléionc.

J'ai ajouté la dernière, qui n'a pas été insérée dans le Catalogue britannique, on ne sait trop pourquoi, car Flamsteed l'a parfaitement observée, le 4 février

1691 et le 3 février 1693; seulement il ne dit rien de sa grandeur, Piazzi l'a notée de 7{[c'estP. 111,163).

Le dessin de l'Atlas de Flamsteed ne reproduit pas exactement ces données, soit par la faute du dessinateur, soit par celle du graveur; aussi ai-je refait la figure. Elle correspond à peu près à l'état actuel ; seulement Pléione est beaucoup plus petite. L'étoile située entre 19 et 20, et nommée Astérope par Riccioli, n'a pas été observée.

En 1693, Lahire dessina les Pléiades à l'Observatoire de Paris, à propos du passage de la Lune devant elles. 11 ne donne pas de ncm aux étoiles ; mais l'inspection de sa carte {fiQ. 218) nous montre que cette année-là l'étoile située entre Taygète et Maïa était, comme du temps de Rimoli, plus brillante que les deux nommées aujourd'hui Astérope I et Astérope II. Pléione était alors plus brillante que FI. 26, à l'inverse de ce que Galilée avait observé. Ga^inienl708, LeMonnier en 1746, Maycr en 1756, Jeaurat en 1779, Lalande

Fig. 218. — Carte des Pléiades, faite par Lahire en 1693.

LJLS PLÈIADEa

€n 1795, Piazzi en 1800, Engelmanu en 1870. Wolf en 1874, ont fait successivement des obaoï-valionset des cartes du môme groupe.

II serait interminable de reproduire toutes ces observations, dont l'intérôl diminue pour nous à mesure qu'elles se rapprochent de notre épog.ue; cependant on trouvera encore ici les cartes de Cassini, Jeaurat et Wolf. Je n'ai rien voulu négliger pour mettre toutes les pièces du procès entre les mains ; et maintenant , après la comparaison laborieuse qui vient d'être faite de tous les documents, il nous reste à résumer ïim-

Bessel en 1839, Argelander en 1840, Heis en 18o0,

l'"ig. 211'. — Carte des Pléiades, faite par Cassmi, en 17u8,

pression qui résulte pour nous de cette longue étude.

1<* Les Pléiades des Catalogues de Ptolémée et Sùfi ne correspondent pas du tout à l'état actuel du ciel.

2" La divergence doit être attribuée en grande partie au manque de précision des observations anciennes. Cependant il est probable aue l'étoile la plus brillante du groupe n'était pas alors Alcyonc, située vers le milieu du groupe, mais une étoile externe située au nord.

Cette étoile, alors de quatrième grandeur, pouvait être celle qui porte le n" 571 de la zone ■+- 24° du grand Catalogue d'Argelander. Elle est actuellement de 7" grandeur.

3° Les variations observées ne proviennent pas d'une rotation du groupe, ni de déplacements dans les positions respectives de ces étoiles, mais de changements d'éclat.

i" Parmi ces changements, outre l'augmentation de l'éclat d'Alcyone,

Fig. 220. — Carte des Pléiades, faite par Jeaurnt en 1779.

LES PLEIADES

arrivée sans doute au seizième siècle, et la diminution d'une étoile située au nord du groupe, on peut signaler les suivantes comme dignes de fixer l'attention :

L'étoile n" 2 de Bessel, entre Taygète et Maïa, aujourd'hui de neuvième grandeur, était de septième au temps de Riccioli (1664), et c'est elle qu'il a nommée Aslérope. Elle était de sixième grandeur en 1693, quand Lahire dessina sa carte. Mais en 1708, sur la carte de Gassini, elle est toml)ée à la huitièm.e grandeur, et

Fig, 221. — Carte des Pléiades, faite par Wolf en 1874,

désormais elle s'efface devant la double supérieure, nommée dès lors Astérope I et Astérope II.

L'étoile n" 26 de Flamsteed, au-dessous d'Atlas, était de sixième grandeur, plus brillante que Pléione en 1610 (Galilée). Elle était du même éclat à l'époque de Flamsteed. Elle n'est plus aujourd'hui que de huitième.

Taygète était autrefois plus brillante que Maïa (Hévélius, Flamsteed, etc.). C'est le contraire aujourd'hui.

Electre et Atlas étaient égales au temps de Gassini ; ensuite, la seconde descend d'une grandeur au-dessous de la première ; puis eUe remonte au-dessus d'Electre; Heis la fait de 4« en 1860; Wolf de 5° en 1875; elle est actuellement de 4%6.

Mérope s'élève, en 1746 et 1756, à l'éclat d'Electre, retombe en 1800 et remonte encore en 1350, pour redescendre jusqu'à notre époque.

LL'S PLEIADES

Astérope I était égale à Astérope II en 1841 et eu 1850 (Schlater et Argelander. Actuellement, la première est d'une demi-grandeur supérieure à la seconde; en 1746 c'était le contraire. Elles doivent augmenter d'éclat l'une et l'autre.

L'étoile 28 Bessel, au sud du groupe, qui est actuellement la septième par ordre iVéclat, et de G* grandeur, a été estimée de ?• 1/4 il y a cinq ans par M. Wolf, et de 7« 1/2 en 1825 par Bessel. Elle n'a pas été observée du tout par Piazzi et n'est pas dans le catalogue d'Armagh ni dans beaucoup d'autres. En revanche, elle a été estimée de 6« 1/3 par Heis, et elle est de 5" 1/2 dans le catalogue de Lalande [6991] ; c'est donc encore certainement là une étoile variable. — Sa distance à Alcyone est de + 55' en ascension droite, et de — 41' en déclinaison.

Voilà, sans contredit, bien des variations qui rendent cette région du ciel plus remarquable encore qu'elle ne nous l'avait paru jusqu'ici. Et ce ne sont pas seulement les étoiles les plus brillantes qui présentent d'aussi curieuses fluctuations : pendant que M. Wolf construisait sa carte, de 1874 à 1876, l'étoile qui porte le n" 92 de son Catalogue, notée de 11" grandeur en 1874, n'était plus que de 12" en 1875, et tombait au-dessous de la 13* en 1876. C'est donc là encore une étoile certainement variable. On se rendra compte de ces fluctuations par le petit tableau synoptique dans lequel j'ai réuni les observations faites depuis le premier dessin moderne, celui de Bayer en 1603 : Galilée (1610); — Riccioli(1650); — Hévélius (1660); — Lahire (1693); — Flamsteed (1700); — Cassini (1708); — Lemonnier (1746); — Mayer (1756); — Piazzi (1800); — Bessel (1839); — Argelander (1850); — Heis (1860); — Wolf (1874); — et moi en ce moment même (octobre 1880).

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