‹ Les étoiles et les curiosités du ciel; description complètes du ciel visible à l'oeil nu et de tous les objets célestes faciles à observer; supplément de l'Astronomie populaireChapitre 131 sur 411 · TABLEAU COMPARATIF DES OBSERVATIONS MODERNES SUR L'ÉCLAT DES PLÉIADES · texte numérisé non relu

TABLEAU COMPARATIF DES OBSERVATIONS MODERNES SUR L'ÉCLAT DES PLÉIADES

1 Alcyoue. .

2 Electre. .

3 Atlas. . .

4 Maïa. . .

5 Mérope. .

6 Taygète..

7 28 Bessel.

8 Pléione. .

10 Celaano. .

12 Astérope.

2 Bessel .

7 Bessel .

Ne quittons pas les Pléiades sans remarquer encore qu'elles sont entourées d'une vague nébulosité, découverte par Tempel en 1859 et décrite avec soin par Goldschmidt en 1863. La partie australe commence juste à Mérope, d'où elle s'étend au sud et à l'ouest comme un éventail ; la partie boréale descend vers Alcyone à peu près symétriquement par rapport à l'éventail de Mérope. Cette nébuleuse doit être variable, car on la distingue parfois à l'aide de très faibles

^04 LES PLtIADL'ii

instruments; cependant la transparence atmosphéiique joue ici un si grand rôle que cette variabilité n'est pas absolument certaine. Mais elle est très probable, et cette probabilité est encore accrue par ce fait que, dans cette môme région du ciel, dans le Taureau, plus près d'Aldébaran, une autre nébuleuse, observée par Hind en 1852, a aujourd'hui complètement disparu.— Nous avons déjà vu, dans la carte de Jeaurat(/i5f. 220), une nébuleuse indiquée au nord d'Atlas et d'Alcyone. Sur la carte d'Engelmann, la nébuleuse de Mérope consiste en une simple petite tache , au sud de cette étoile. Des observations récentes ont également montré des aspects fort différents. La variation est presque

certaine.

Cette réunion d'étoiles forme-t-elle une association réelle, un groupe physique, un amas de soleils, un univers dans l'univers? Ou bien n'aurions-nous sous les yeux qu'un effet de perspective dû à l'agglomération fortuite d'un grand nombre d'étoiles sur le même rayon visuel? La réponse à cette question capitale n'est plus douteuse aujourd'hui. Déjà, il y a plus d'un siècle, Mitchell faisait la remarque, fondée sur le calcul des probabilités, qu'il y a 500 000 à parier contre 1 que les six principales étoiles des Pléiades ne sont pas réunies là par hasard, mais forment une véritable association physique. Cette probabilité déjà si haute n'a fait que s'élever davantage à mesure que de nouvelles étoiles, de plus en plus multipliées, ont été découvertes dans le même groupe, et aujourd'hui il est impossible de douter qu'il n'y ait là un archipel d'îles célestes réunies dans une commune destinée. Revoyez notre fig. 208, qui permet d'apprécier les environs de cet archipel sidéral, et vous remarquerez son isolement relatif, sou agglomération progressive vers le centre, en un mot son unité. Il est probable, néanmoins, que plusieurs des étoiles avoisinantes se trouvent en avant ou eu arrière et ne font pas partie de l'amas.

Les mouvements propres déterminés pour les principales étoiles de l'amas ont complété la certitude en montrant qu'une direction commune emporte le système dans l'espace. En comparant ses observations de 1825 à celles de Bradley en 1755, Bessel a déterminé les mouvements propres qui se sont manifestés pour cette période, et M. Wolf, en comparant à son tour ses observations de 1874 à celles de Bessel en 1840, a conclu ceux qui résultent de cette dernière période. Il va sans dire que, pour un aussi faible intervalle de temps (1755 à 1874), ces mouvements doivent être considérés comme réguliers. La valeur la plus sûre que nous pouvons obtenir est donc de prendre la moyenne de ces deux déterminations. La voici :

MOUVEMENTS mOPP.ES DES PLÉIADES.

Ase. dcoile Dut. polaire

Celœno 4- 0"0-'i6 + 0"068

Electre + 0.030 -^ 0.056

Taygète ^ 0.022 + 0.057

Maïa ■ . + 0.022 + 0.059

Astéropc 1. -h 0.045 -f 0.056

Astérope 11 . • + 0.019 -f 0.C.53

Mérope +0.050 + 0.059

AlcyoQe .1 '. ■ . ..... -+- 0.019 + 0.065

26 FI :;•..... + 0.049 -f- 0.06l>

Atlas +0.020 +0.070

Pléione. -r 0.017 + 0.072

LES PLEIADES ÔOb

On voit que toutes ces étoiles sont emportées vers l'est d'une part, vers le sud d'autre part, autrement dit vers le sud-est. On s'en rendra mieux compte sur une figure, et c'est pourquoi je me suis encore intéressé à tracer le diagramme ci-contre {fi(j. 222), où cliacune de ces étoiles porte une flèche représentant la direction de sa marche et sa grandeur pour dix mille ans. La communauté du mouveuieut est frappante. Les divergeuies indiquées sont-elles réelles, ou seulement dues aux petites erreurs inhérentes à ces observations si dolicates? C'est ce que nous ne pouvons encore décider; de même que nous ne pouvons affirmer que

, j . Fis. 2"22. — Mouvements propres des Pléiades.

chacun de ces mouvements se con- ^

tinue en ligne droite pendant dix mille ans (mais il sont si lents qu'il faut prendre un intervalle de temps respectable pour les rendre sensibles). Peut-être quelques-unes de ces étoiles tournent-elles les unes autour des autres, comme les coui posantes des systèmes d'étoiles multiples. Il y a là d'ailleurs plusieurs étoiles doubles qui forment sans doute de véritables couples physiques. Quant à décider quel est le centre de gravité de ce vaste système, et si toutes les étoiles des Pléiades gravitent autour de ce centre, c'est là un problème réservé aux progrès de la science des siècles futurs. Nous ne pouvons même pas décider si ce mouvement commun des Pléiades vers le sud-est leur appartient en propre et ne serait pas simplement dû à la translation de notre système solaire dans l'espace, car il se trouve être précisément parallèle et contraire au nôtre, et si ces étoiles reposaient tranquillement ensemble dans le sein de l'infini, elles nous paraîtraient en effet se déplacer ainsi par suite de notre propre translation séculaire à travers l'inmiensité. Peut-être môme voguent-elles de concert avec nous, un peu plus lentement. C'est cette lenteur dans leur mouvement propre, c'est ce repos relatif qui .; vait conduit l'astronome allemand Madler à l'hypothèse que cette importante agglomération de soleils pourrait bien être le centre, le foyer sidéral, autour duquel notre soleil gravite. Mais il n'y a là qu'une hypothèse, assez peu probable même, car les Pléiades ne se trouvent pas juste à angle droit avec la ligne (jue nous suivons dans l'espace. Examinez la carte générale des mouvements propres {Asirnnnrnie populaire, p. 797) et vous verrez que l'équateur tracé à angle droit tiiD' notre axe de direction, avec le point d'Hercule pour pôle, vous verrez, dis-je, que celte courbe sur laquelle doit se trouver le centre de l'orbite du Soleil, si ce centre existe, passe assez loin des Pléiades, au nord d' Algol et de Capella. Il n'est donc pas probable que nous tournions autour de cet amas; mais peui-êire fait- il partie des étoiles qui, sans doute, forment avec la nôtre un courant, un système sidéral, composé d'un grand nombre de systèmes solaires emportés dans l'espace et dans l'éternité par une commune destinée.

Par un hasard (est-ce un hasard?) assez curieux, il y a, au sud d'Alcyone, un alignement de sept étoiles, alignées à peu près direcftement dans le sens eu mouvemejit propre des Pléiades. Ce sont des étoiles de 8* et 9* grandeur, qui, dans

une lunette ordinaire, indiquent en quelque sorte d'elles-mêmes à l'observateur

la direction de ce mouvement vera le sud-sud-est. et en même temps la direction du nôtre vers le nordnord-ouest. Non loin de là, entre Alcyone et Mérope, on en voit quatre autres alignées à peu près dans le même sens ( la supérieure de celles-ci est double). Plusieurs autres alignements se font encore remarquer dans cette direction spéciale.

L'examen qui précède du mouvement propre des Pléiades m'avait si ardemment intéressé que j'ai voulu me rendre compte en même temps de celui des Hyades, et que j'ai également calculé pour une- durée de dix mille ans les déplacements en ascension droite et en déclinaison constatés su«r les 30 étoiles de ce groupe observées depuis Bradley.

Les chiffres absorberaient trop de place ici pour être reproduits, mais la carte que j'en ai tracée montre

Fig. 223. — Curieux aliçHements d'étoiloa dans les Pléiades.

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très exactement la direction et la vitesse de ces mouvements. Sans une seule

exception, ces 30 étoiles voient leur ascension droite augmenter et marchent vers l'orient. Pour toutes aussi, le mouvement en déclinaison est dirigé vers le sud (il n'y a que deux exceptions, pour o' et 63, encore le mouvement est-il à peine indiqué : 1" en cent ans).

Les divergences de chaque étoile n'empêchent pas la translation générale d'être dirigée vers l'est-sud-est, et, ce qu'il y a de plus remarquable, c'est que la direction de perspective due au transport du système solaire dans l'espace tend vers le sud-sud-est, à peu près comme la flecne d'Aldébaran, formant un

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