‹ Les étoiles et les curiosités du ciel; description complètes du ciel visible à l'oeil nu et de tous les objets célestes faciles à observer; supplément de l'Astronomie populaireChapitre 141 sur 411 · PROCYON · texte numérisé non relu

PROCYON

étoile va traverser l'équateur et se lancer dans l'hémisphère austral. Ce mouvement est exactement parallèle et contraire au nôtre, de sorte que la perspective de notre propre translation entre pour une partie notable dans sa construction. Il est certain, toutefois, qu'il n'y a pas seulement là un effet de perspective, car sa valeur surpasse de beaucoup celle de notre propre déplacement. Peut-être ce soleil vogue-t-il précisément en sens contraire de nous. De même que, lorsque nous sommes emportés par un convoi rapide, un train en marche sur une ligne voisine nous paraîtra immobile, s'il court dans le même sens que nous et avec la même vitesse, tandis qu'un autre nous paraîtra se diriger vers notre but, parce qu'il est animé d'une plus grande vitesse, et qu'un troisième nous paraîtra reculer — ou se diriger en sens contraire, — parce qu'il va moins vite (une gare nous paraîtra rétrograder plus vite encore parce qu'elle est tout à fait immobile); de même les étoiles du ciel nous offrent des marches variées suivant la combinaison de leurs mouvements avec le nôtre. Mais évidemment, en aucun cas, l'effet de perspective ne peut être supérieur à sa cause, et pour qu'une étoile nous paraisse rétrograder avec une rapidité plus grande que celle qui nous emporte nous-mêmes, il faut qu'elle soit animée personnellement d'une certaine vitesse et lancée en sens contraire de notre propre mouvement. C'est ce qui arrive pour Procyon.

Ce brillant soleil n*a offert comme parallaxe que la faible valeur de 0%123, ce qui porte sa distance à 1677000 fois le demi-diamètre de l'orbite terrestre, à 1677000 fois 37 millions de lieues, ou à 62 trillions de lieues de notre fourmilière, distance que le rayon lumineux n'emploie pas moins de vingt-six années à franchir, malgré son inconcevable rapidité de 75000 lieues par seconde. Or si 0", 123 représente 37 millions de lieues vues de Là, le mouvement annuel de 1", 27, représente 381 millions de lieues par an, au minimum^ puisque ce n'est là qu'une projection de la marche réelle, sur le plan de la sphère céleste. En réalité, cette marche n'est pas perpendiculaire à notre rayon visuel, mais oblique, car Procyon va en s'éloi» gnant de nous, avec une vitesse évaluée à 43 kilomètres par seconde, 2580 par minute, 154800 par heure, 3715000 par jour, ce qui donne 1357 millions de lieues par an. Si donc nous voulons nous rendre compte du mouvement réel de Procyon, nous devons construire une figure en prenant 381 pour composante horizontale et 1357 pour composante verticale, et nous obtiendrons sa trajectoire relativement à notre position dans l'espace. C'est ce que nous avons fait, et ce que

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