CHAPITRE XIII
Le Cancer : Prœsepe ou la Crèche; curieux système ternaire formé par l'étoile C du Cancer. — Le Lion : Régulus. — ■ Le Sextant.
Nous continuons notre description des constellations zodiacales en marchant toujours de l'ouest à l'est. Après les Poissons, le Bélier-, le Taureau et les Gémeaux, nous arrivons au Cancer, astérisme de peu d'importance au point de vue de l'étendue qu'il occupe sur la sphère céleste comme au point de vue de Téclat des étoiles qui le composent. Cette constellation n'a dû être remarquée et formée que très tard, par une astronomie relativement avancée, et uniquement comme point de repère entre le Lion et les Gémeaux. On n'y voit pas une seule étoile de première, deuxième ou même de troisième grandeur, et ce qui la distingue dans le ciel de minuit, c'est plutôt, dans sa pauvreté remarquable, une nébuleuse, un pâle amas d'étoiles, perceptible à l'œil nu, qui a reçu le nom de Prœsepe ou de la Crèche.
Comme le Zodiaque était déjà établi du temps d'Eudoxe, au quatrième siècle avant notre ère, il n'y a rien de surprenant à voir cet auteur, puis Aratus et Ératosthènes, parler du Cancer et de sa Crèche. Les astrologues faisaient dès cette époque grand cas de ce signe zodiacal et de son voisinage, les étoiles du Lion. La philosophie chaldéenne et platonicienne assurait même que c'était par cette porte obscure que les âmes descendaient du ciel pour venir s'incarner dans les embryons humains.
Le mot grec karkinos, par lequel Eudoxe, Hipparque, Ptolémée, et tous les anciens, désignent cette constellation, signifie à la fois crabe et écrevisse, comme le mot latin cancer. Aussi trouve-t-on dès les plus anciens atlas ces deux figures, qui pourtant ne se ressemblent pas, attendu que l'une est courte, plus large que longue, tandis que l'autre est fort allongée. Il n'est pas facile de reconnaître dans la disposition des étoiles la justification de l'une ou l'autre appellation : le crabe, comme l'écrevisse, se cache aussitôt qu'on cherche à le saisir. Il est vrai que de faibles ressemblances ont souvent servi de prétexte ù