LE SEXTANT
Fig. -49. — Etoiles principales de la constellation du Llo?u
la porte est celui de Bayer, et le seul catalogue qui la possède est celui de Tycho, par 142° 24' de longitude et 2° 10' de latitude boréale, au nord-ouest de Régulus. Flamsteed a observé non loin de là une étoile de 7* grandeur, qui porte le n° 26 ; mais quoique Baily ait identifié cette étoile avec celle de Tycho, la différence de position est
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trop grande pour que nous puissions admettre cette identité. On la confond assez souvent aussi avec la 16* étoile de Ptolémée, que l'on nomme 46 i; c'est encore là une erreur : le n" 46 de Flamsteed est fort à l'ouest de Régulus et n'a jamais correspondu avec Tétoile nommée i par Bayer. La position de Tycho et de Bayer, portée à l'époque de Flamsteed (1690), donne : M — 146» 45' et £D = 15° 40', tandis que 26 Lion est par 145° 19' et 16° 40'. On voit que la différence est considérable pour les mesures modernes.
Cette étoile i de Bayer, serait, pour l'époque 1800, par 148* 14' d'ascension droite et 15° 9' de déclinaison. On ne voit aujourd'hui dans cette région du ciel que quelques petites étoiles de huitième grandeur. Si, comme il est possible, Bayer n'a pas observé lui-même cette étoile et s'est fié à Tycho-Brahé, son insertion dans le catalogue de l'astronome danois (étant la seule qui existe) pourrait provenir d'une erreur d'observation, de calcul ou de transcription ; l'extinction d'un soleil est un fait si grave dans l'histoire de l'univers, qu'il est plus naturel de croire à une erreur humaine qu'à un tel événement.
Ce ne serait pas une raison suffisante, cependant, pour rejeter toujours sur des erreurs les discordances qui se manifestent entre les observations anciennes et les modernes. Une observation isolée j»eut être soumise à caution, non plusieurs. Et la seconde étoile que nous avons à signaler ici se présente comme un exemple contraire au précédent. Cette étoile, qui porte le n° 71 du catalogue de Flamsteed, a certainement subi des modifications d'éclat.
Voici le changement fort curieux qui s'est opéré dans cette région du ciel. Son examen demande, pour notre instruction, une analyse un peu détaillée.
En décrivant la figure du Lion, Ptolémée signale une étoile de la cinquième grandeur, qu'il désigne ainsi : « ton en toïs gloutoïs boreïoteros, d ce qui, traduit f n français, signifie (pardonnez l'expression) : « la boréale des deux qui sont dans les fesses ». L'australe de ces deux étoiles est 6, de troisième grandeur. Antérieurement à ces deux étoiles Ptolémée en signale deux autres qu'il décrit ainsi : 1* l'occidentale des deux dans les reins (osphuos) : 2" l'orientale. Et voici les positions qu'il donne de ces quatre étoiles.
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i» M9) l'occidetitale des deux 4ans les reins. ... 2° (20) l'orientale — . . — ;.: , .
3» (2-1) la boréale des deux dans les fesses. ,. . 4» (22) ^australe — ' , — . /
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Si nous traçons l'esquisse de cette région [fig. 250), nous constaterons que les quatre étoiles 6, S, 71 et 6 correspondent exactement à la description de Ptolr^nK^e.
Sur ces quatres étoiles, h a aug* monté de la 6« à la 5« grandeur, et mOme à la 4* en 1840; S est restée do la deuxième; 6 est restée de la troisième; mais 71 a disparu.
Dès le X' siècle de notre ère, Sùfî remarquait cette disparition, toutefois sans y croire et en admettant plutôt une erreur dans la latitude. « La 19» et la 20% dit-il, sont deux étoiles situées dans les reins : la précédente est une brillante de la cinquième grandeur et la suivante est de deuxième; c'est celle que l'on appelle le dos du Lion [zhahr al-âsad). Selon Ptolémée, la 21« se trouve avec la 22» dans les fesses al-harkafa, au sud ^'^^ '""• ~ "^"^^ """^ '"' '^ ^""" p-'-.eure au Lion de la brillante 20% et est de la cinquième grandeur; cependant, entre la 20* et la 22« on ne voit pas d'étoile. » Et l'astronome persan ajoute : « Elle est au nord de la 20% et est de cinquième ordre. »
Il y a en effet là, au nord de S, une étoile de cinquième grandeur (72 FI.). Mais il est impossible de faire concorder sa position avec la description de Ptolémée, ni avec sa latitude. Essayez de dessiner le dos du Lion avec autant d'imagination que vous le voudrez, vous ne parviendrez jamais à mettre (pardonnez encore l'expression) les fesses au-dessus des reins. Et il n'y a pas à supposer que la ligne du dos passait autrefois plus haut ou plus bas qu'aujourd'hui, car les deux étoiles 41 et 54 sont nommées dès l'antiquité « les deux étoiles au-dessus du dos ». Le plus singulier est encore que Sûfi conserve la latitude de Ptolémée, au lieu de donner celle de l'étoile 72 ; voici ses positions :
Étoiles . Longitude Latitude Grandeur corre>p.
lo (19) la précédente des deux sur les lombes . 144° 2' 120 15' 5.4 b
2» (20) la suivante — — 146.52 13.40 2 S
3» (21) la boréale des deux dans les fesses. . . 147. 2 11.20 5 ?
■4» (22) l'australe — — 149. 2 9.40 3 e
Les longitudes sont augmentées de 12° 42% à cause de la précession des équinoxes. Les latitudes sont invariables. Il y a bien une petite différence de 10' dans celle de notre étoile, mais elle provient sans doute d'une copie, et est d'ailleurs insignifiante. La latitude de 72 est 16» 47'.
Ulugh Beigh vient à son tour. Il garde le texte de Ptolémée et de Sûfi : « in coxis », mais il mesure la latitude de l'étoile 72. De son temps, l'étoile 71 était donc invisible, comme du temps de Sûfi.
Ty»)ho-Brahé donne de ces quatre étoiles la description suivante :