LX: .iCHEVELURE
LA CilUPE
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Fig. 26-:!. — Étoiles principales de la constellation de la Vierge.
colorées d'un rouge sang. Elle est plus curieuse encore que a de Céphée, qui appartient au troisième type, et c'est Tune des plus ])rillantes du quatrième type ; il me semble même que c'est la plus brillante du ciel entier, car nous n'en connaissons aucune dont l'éclat
surpasse la cinquième grandeur ; c'est l'une des rares que l'on puisse voir à l'œil nu. Ce spectre étrange paraît un mélange des aspects 6, 7 et 8 de notre planche générale des spectres, et montre des colonnades sur lesquelles la lumière est plus vive du côté du violet, tandis que dans le troisième type elle est plus vive du côté du rouge ; il semble que l'un des deux spectres soit le négatif de l'autre. On y reconnaît le caractère des composés du carbone, probablement des oxydes gazeux, ce qui indiquerait des soleils à température relativement basse.
L'étoile 82 m ou l'étoile 25396, toutes deux aujourd'hui de sixième grandeur, ont changé d'éclat l'une ou l'autre, car Ptolémée rapporte qu'une étoile placée là (n° 18 de Ptolémée, Sùfî etUlugh Beigh) était de quatrième ordre. Sùfi, en la vérifiant, déclare qu'elle est beaucoup plus petite que dans VAlmageste, et des moindres de la cinquième.
Il y a ici une difficulté inextricable dans les auteurs anciens. Ptolémée, Sùfi et Ulugh Beigh appellent les étoiles / et h [fig. 262) a la boréale et l'australe du côté occidental du quadrilatère » à l'est de l'Épi. Puis ils décrivent a la boréale et l'australe du côté oriental de ce même quadrilatère ». La première étoile de ces deux-ci est m ou 25396; la seconde paraît être 25086. Mais dans ce cas il n'y a pas de quadrilatère, car /, h et 25086 sont en ligne droite : c'est un triangle. Si les anciens ont su ce qu'ils disaient (et c'est probable), il faut ou que l'étoile 25086 se soit déplacée de l'est à l'ouest, et qu'en plus elle ait diminué d'éclat, ou que la quatrième étoile de ce quadrilatère ait disparu du ciel. Nous savons déjà, d'autre part, que l'étoile 25086 est variable : le 6 juin 1866, Schmidt l'a trouvée parfaitement visible à l'œil nu (5,4) et plus brillante que sa voisine 68 i; puis sa lumière décrut lentement; en 1872, Gould l'estima à 5,7 et, en 1873, à 6,3. — Intéressante à suivre. — Quoi qu'il en soit, un changement est arrivé depuis deux mille ans dans cette région du ciel.
L'étoile 78 0 a augmenté d'une grandeur. Il en est de même de l'étoile 89.
L'étoile 86 n'est pas n, comme Flamsteed et d'autres astronomes l'écrivent. Elle paraît varier de 5* à 6" |.
96, actuellement invisible à l'œil nu, est quelquefois visible.
97 (=P. XIV, 11) est descendue de la 6* à la 8' grandeur de 1796 a 1810, pendant les observations de Piazzi.
109 oscille au moins d'une grandeur entière.
P. XII, 142, au nord de y, varie de 4" | à 7^
Enfin l'étoile Lai. 23228, actuellement de 6^ grandeur, n'a pas été observée par Piazzi; mais elle a été notée de 5*| par Lalande en 1798, de 7*' par le même en 1795, de 8^ par Steinheil.
Le groupe d'étoiles situé au sud de l'Epi a subi certaines modifications curieuses qui réclament une analj'se détaillée.
Fig. 2&3. — Coastellations zodiacales. — La Vlerg*. ^ Za Balance.
ASTaONOMIB. — SUPPLÉMENT. 47
On a publié dans les traités d'astronomie et dans les recueils astronomiques des a listes d'étoiles disparues » qui ne sont pas fondées sur une discussion suffisante, et dont la plupart des étoiles n'ont jamais existé. Une erreur d'observation, de lecture ou de réduction suffit pour faire insérer dans un catalogue et par suite sur un atlas uu astre dans une position erronée : toutes les fois que nous ne retrouvons plus au ciel une étoile, l'explication la plus simple est d'abord de supposer une erreur, et nous devons tout au moins remonter à deux observations originales avant d'être disposés à admettre une disparition. C'est un événement fort grave, en efl^et, que l'extinction d'un soleil, et nous ne devons l'admettre que lorsqu'elle est établie sur des témoignages suffisants. Cependant, malgré la sévérité si légitime que nous devons apporter dans ces discussions, malgré la peine que peut nous causer la mort d'un soleil et d'un système de mondes, il ne faudrait pas pousser les conséquences à leur dernière rigueur ni vouloir, de parti pris, n'admettre que des erreurs partout où des changements se manifestent entre l'état actuel du ciel et les aspects anciennement observés : ce serait là un autre excès, qui stériliserait toutes nos recherches.
Ces réflexions nous sont inspirées ici par l'état actuel du ciel aux environs de l'Épi de la Vierge, comparé au même état observé il y deux et trois siècles, et par les diS'érentes représentations que les Atlas célestes en donnent. Voici, par exemple {Afig. 264), la carte du grand Atlas de Flamsteed sur cette région : avec la meilleure volonté du monde, il est absolument impossible de reconnaître le ciel dans le groupe des six étoiles qui dessinent une courbe irrégulière à l'ouest d'Alpha. 1* L'étoile 52, de 6* grandeur dans Flamsteed, n'existe pas et n'a jamais existé; 2" l'étoile 58 se trouve au-dessous et non pas au-dessus du prolongement d'une ligne menée de 50 à 56 ; 3"* la lettre g annexée au n" 49 n'appartient pas à cette étoile, mais à une autre située au-dessus du n° 50, dans la direction de ô, et qui n'existe pas sur l'Atlas de Flamsteed. Voilà plus de divergences qu'il n'en faut pour dérouter le chercheur, et l'on doit certainement attribuer à ces négligences quelques-unes des causes qui ont empêché jusqu'à ce jour l'astronomie de devenir vraiment populaire. De telles difficultés rebutent les commençants, et ils ne vont pas plus loin. Comparez à la carte de Flamsteed celle d'Argelander {B , fig. 264) et cherchez quel rapport elles ont entre elles : croirait-on qu'il s'agisse là du même point du ciel ? On voit, d'après cette dernière carte, qu'il n'y a pas d'étoile de sixième grandeur entre « et 49 ; que l'étoile g
est visible entre 49 et 6; qu'il y a une étoile visible au-dessous de <|*, tandis qu'il n'y en a pas au-dessus; que trois étoiles se montrent vers kf et non pas cinq (l'étoile marquée au-dessous de k n*a jamais existé)!; que l'étoile 54 est invisible à l'œil nu ; etc.
Mais, comme nous le disions tout à l'heure, ces divergences sontelles entièrement dues à des erreurs, et devons-nous nous refuser à admettre des changements réels survenus dans le ciel? L'observation directe de la nature nous conduit à une conclusion contraire et nous prouve l'existence de tels changements. Comme il s'agit surtout ici d'étoiles situées à la limite de la perceptibilité, aidons-nous d'una
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