‹ Les étoiles et les curiosités du ciel; description complètes du ciel visible à l'oeil nu et de tous les objets célestes faciles à observer; supplément de l'Astronomie populaireChapitre 18 sur 411 · L'ÉTOILE DOUBLE ET VARIABLE S DE CÉPHÉE · texte numérisé non relu

L'ÉTOILE DOUBLE ET VARIABLE S DE CÉPHÉE

OU à A heures 48 minutes de l'après-midi ; le second correspond au 5 août à midi, le troisième au 6 août à 6 dixièmes ou à 14 heures, c'est-à-dire au 7 aoûi à 2 heures du matin, et ainsi de suite. Au surplus, n'importe à quelle époque, il suffit de suivre avec attention celte étoile pendant cinq ou six soirées pour s'apercevoir do sa variabilité.

Or, cette ciirien^ie étoile n'est pas seulement intéressante par sa S variabilité, mais elle est en-

core une splendide étoile double, étant accompag-née d'une charmante étoile bleue de 7* grandeur, écartée à 41", visible par conséquent dans l'instrument le plus faible; comme l'étoile principalebrille d'unebelle nuance jaune d'or, ce couple offre un contraste ravissant. Si ces deux soleils forment un système physique (les observations ne sont pas suffisantes pourdé- ^ cider), quelle situation bizarre

FiR. 19. — L'étoile double g de Céphée. . • ,

pour les mondes qui gravitent Ià,illuminés par deux soleils dont l'un change d'éclat tous les cinq jours ! Une autre étoile de Céphée, que l'on désigne sous la lettre R, a été vue de la 5% de la 6% de la 7% de la 8% de la 9^ et de la 10' grandeur. Elle est située tout près de l'Etoile polaire, et sa distance au pôle nord n'est que de 1° 14' : c'est pourquoi il est singulier de l'avoir attribuée à Céphée, quand elle est en plein dans la queue de la Petite Ourse. L'erreur vient d'Hévélius, qui l'a appelée 24 Céphée et qui Ta estimée de 5" oTandeur en 1661 : elle était alors plus brillante que 1, et lorsque Lalande observa l en 1789, sans voir la précédente, il crut que c'était 24 Céphée, et la confusion a été continuée par Piazzi et d'autres astronomes. C'est M. Pogson, en 1856, qui constata le premier la variabilité .de l'étoile d'Hévélius, nommée désormais R, d'après une convention en vertu de laquelle on attribue la lettre R à la première variable découverte dans une constellation, la lettre S à la seconde, et ainsi de suite. La chercher près de X Petite Ourse (entre a et â) à l'aide de notre fig. 20. Il serait curieux de la voir revenir plus brillante que cette voisine, comme elle l'a été. On croit que sa période est de 73 ans. Je l'ai observée le 18 mars 1880 et l'ai trouvée de 8^ Observer en môme temps l'étoile double voisine de la polaire. ■ Il y a encore d'autres variables dans Céphée; mais on ne peut les

étudier qu'à l'aide d'instruments gradués. Revenons aux étoiles doubles.

Un jour, une jeune dame très passionnée pour le ciel était venue demander à un astronome de lui montrer quelques-unes de ces curiosités célestes ; c'était par une douce soirée de printemps, et l'astronome était rêveur. Comme il ne trouvait pas tout à coup l'étoile désirée, il s'arrêta soudain dans la manœuvre de son télescope, et se mit à crayonner, au clair de lune, quelques lignes sur le mur de la terrasse. Entin, il se remit au télescope et trouva l'étoile. Pendant ce temps-là, la dame curieuse avait lu, au lieu d'un calcul astronomique, le quatrain suivant :

Près de vous, madame, oubliant les cieux, L'astronome étonné se trouble ;

C'est dans l'éclat caressant de vos yeux

Qu'il avait cru trouver l'étoile double.

Je me hâte d'ajouter que la scène se passait sous Louis XV. Au-

Fig. 20. — Étoile variable près de ). Petite Ourse, et étoile aouble près de l'étoile polaire.

jourd'hui, les astronomes sont plus sérieux. N'imitons pas nos jeunes grands-pères ou nos trop coquettes grand'mères, et passons en revue les richesses célestes incorporées dans l'antique département du roi d'Ethiopie. Dirigeons tout de suite et sans distractions une lunette vers la belle étoile p Céphée, de troisième grandeur : nous découvrirons à côté d'elle une petite étoile de huitième grandeur, écartée à 14"; la première est blanche, la seconde est bleue. C'est un petit couple charmant, qui paraît fixe dans le ciel. Notre fig. 21 montre son aspect tôlescopique. Qui pourrait croire que ce sont là deux soleils écartés

à des millions et des millions de lieues l'un de l'autre ! Sans doute les yeux humains ont leur charme; mais on les rencontre à chaque instant devant soi : les vraies étoiles doubles sont plus rares, elles habitent le ciel et elles nous invitent à en pénétrer les secrets les plus mystérieux.

L'étoile y. est aussi une élégante étoile double, composée d'un aslre de 4' grandeur 1/2 et d'un de 8*= 1/2 : distance ~ 7", 3.

Remarquons encore l'étoile ^ : 5' et 8% à 6" 6; très jolie; système physique en mouvement. A côté, il y a une autre petite étoile double, de 7' grandeur, serrée à 2'',4 et qui forme aussi un système physique dans lequel la petite étoile tourne lentement autour de la grande.

Ce sont là, avec o dont nous avons parlé plus haut, les principales

Fig. 21. — Etoiles doubles dans Céphée.

curiosités de la constellation de Céphée accessibles aux gens du monde. Les autres sont réservées aux observatoires. Je ne saurais trop engager nos lecteurs à diriger un instrument quelconque vers les objets célestes signalés dans le cours de notre description : qu'ils essaient, ils en seront tout de suite amplement récompensés, et peu à peu ils apprendront à connaître directement toutes les régions de l'immense univers, tout aussi facilement que s'ils voulaient étudier la botanique d'une contrée quelconque. La nouveauté, et j'oserai dire le grand charme, de l'essai que nous faisons aujourd'hui, c'est de substituer la pratique à la théorie : nous ne parlons plus de phénomènes abstraits, de nébuleuses inaccessibles, d'étoiles colorées, splendides mais invisibles pour le public; nous visitons personnellement chaque réalité; nous disons : elle est là, regardez ; nous étudions le ciel directement. Sans doute, l'attention a besoin d'être parfois soutenue, mais aussi

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