LE ZODIAQUE 43'J
vivre en aveugle au milieu d'un univers splendide : toutes ces réalités , nous les avons visitées, géog-raphiquement, et nous savons maintenant' oîi les chercher et où les trouver. Ce n'est plus un exposé théorique ; c'est un guide que nous avons entre les mains.
Notre description du zodiaque est terminée ('), de sorte qu'il ne nous reste plus à visiter que les constellations australes, dont les plus extrêmes passeront rapidement devant nous, attendu qu'elles restent constamment invisibles pour nos latitudes et que d'ailleurs elles n'ont été l'objet que d'observations modernes, toujours rares et souvent incomplètes. Les plus importantes qui nous attendent encore sont celles du géant Orion (la plus belle et la plus riche du ciel), du Grand Chien, illustré par Sirius; de la Baleine, de la Licorne et de l'Hydre.
Mais avant de quitter les régions zodiacales, il est encore un point de l'histoire de l'Astronomie qui peut nous intéresser à juste titre: c'est celui de l'antiquité du zodiaque et de l'origine des caractères sous lesquels chacun des signes est encore aujourd'hui représenté.
On a écrit des dissertations interminables sur l'antiquité du zodiaque, les uns la faisant remonter à quinze mille ans, les autres à vingtdeux mille. D'après l'étude directe que nous venons de faire du ciel et de son histoire, nous avons vu que la formation de la zone zodiacale est postérieure à la création des constellations, et que les constellations ont eu des origines diverses et successives. On a d'abord remarqué le chemin décrit par la Lune, et on a partagé cette circonférence en vingt-huit parties représentant la demeure de la Lune pendant chaque nuit du mois. Puis on a reconnu que les planètes se meuvent le long de la même ceinture, et que dans son cours annuel apparent, le soleil suit également la même marche, ce qui ne put être constaté qu'en dernier lieu, attendu qu'on n'observe pas directement la marche de l'astre du jour devant les étoiles et qu'on napu l'apprécier que par des comparaisons faites après son coucher ou avant son lever. C'est ainsi qu'on a fait passer, à travers des constellations préexistantes, une zone mesurant 15 degrés de largeur, au milieu de laquelle glisse la route du soleil ou l'écliptique.
■ Il est certain que du temps d'Homère et d'Hésiode il n'y avait qu'un très peti^ nombre de constellations de nommées, et c'est ce que Strabon a soin de souligner pour empêcher ses contemporains de les accuser d'ignorance. Endémus de Rhodes, élève d'Aristote,attribuerintroduc-
(') Revoir, pour l'ensemble, la bande zodiacale inférieure de notre Planisphère céleste, Astronomio populaire, p. 700, en attendant notre grande carte générale, qui ne pourra être publiée qu'après ce Supplément,