LES ÉTOILES D'ORION
L'étoile •/), do troisième g-raiideur, a été notée de 4' | par Piazzi; il est plus naturel de croire à une erreur d'estimation qu'à une fluctuation d'éclat, surtout si Ton remarque qu'à la même époque Lalande l'a constamment notée de troisième.
Nous n'en dirons pas autant de0. Cette célèbre étoile est composée de deux, écartées à 135" et inséparables à l'œil nu. Le premier qui les sépara est Flamsteed, qui les nota respectivement de G" et de 4% par ordre d'ascension droite, en les appelant 0* et 0^. Piazzi les estima toutes deux de sixième, et elles sont absentes du catalogue de Lalande. Nous voici bien loin des estimations de la troisième grandeur données par les astronomes anciens. Nous leur attribuons actuellement les grandeurs 5,0 et 5 1, dont la réunion produit 4,8 : 0' est un peu plus brillante que 0'. Il n'y aurait rien de surprenant à ce qu'il y eût là quelque variation, soit dans l'une ou l'autre de ces étoiles, dont la première est multiple, soit dans la fameuse nébuleuse qui les environne, car en certaines nuits d'hiver on aperçoit là tant d'éclat qu'on s'imagine parfois distinguer la nébuleuse à l'œil nu. — Tout à l'heure nous nous occuperons plus en détail de cette étoile et de la splendide nébuleuse qui l'enveloppe ; mais il importe en ce moment de nous rendre compte d'abord de l'ensemble de la constellation.
Les étoiles /' x^, en haut de la figure (elles terminent le bâton que le Chasseur primitif est censé tenir de la main droite) sont accompagnées chacune d'une étoile de sLxième grandeur, la première à 32', la seconde à 28'. Remarque assez curieuse : Sûfi a signalé la seconde sans parler de la première, et il qualifie à cause de cela -j^ du titre d'étoile double. Il est probable qu'au x^ siècle le compagnon de x' (FI. 57) n'était pas visible à l'œil nu.
Hipparque et Ptolémée n'ont pas parlé de a, de quatrième grandeur, qui brille au-dessous de ç, et Sùfi est le premier qui la signale. Cependant son éclat paraît stable. Aurait-elle été autrefois éclipsée dans les rayons de^ ? Non, car son mouvement propre est insensible. Toutefois, c'est à sa proximité de cette brillante étoile et à la richesse d Orion que nous devons, selon toute probabilité, attribuer le silence des anciens. Tout est relatif, et les jugements varient selon les positions, dans le ciel aussi bien que sur la terre.
L'induction n'est pas la même pour p, car son isolement la laisse briller de tout son éclat personnel. Tycho est le premier qui l'ait observée, et il l'a notée de quatrième grandeur. Elle est aujourd'hui de cinquième. Elle était sans doute moins apparente encore aux
ASTRONOMIi:. — SUPPLÉMENT. 58