LES RICHESSES D'ORION : ETOILES ROUGES ET VARIABLES
temps de Ptolémée et Sùfi. Elle a varié de 5,1 à 4,6 entre 1871 et 1876. Sa couleur est orangé pâle.
w, A, c, d, e ont subi des fluctuations de la quatrième à la cinquième grandeur. Lalande a même estimé A de sixième. Piazzi a noté w de sixième aussi; mais nous avons déjà remarqué que les évaluations de cet astronome pèchent plutôt par défaut que par excès. L'étoile 42 c est accompagnée, à 5' vers l'est, d'une étoile de sixième grandeur (FI. 45) qui a été vue, à l'œil nu, naturellement, par Tycho-Brahé. On ne la distingue plus aujourd'hui à l'œil nu, et il faut s'aider d'une jumelle pour y parvenir ; c* est plus brillant que c^, et je les estime en ce moment ( mars 1881) respectivement 5,6 et 6,2 : l'ensemble donne comme effet 5,2. Cette seconde étoile a été notée de 7^ par Flamsteed, de 6*" I par Piazzi, et de T par Lalande. Elle est certainement variable. 51 h était plus brillante du temps de Bayer que de nos jours, car il l'a mise sur le même rang que les précédentes, les anciens ne l'avaient pas observée, et elle est retombée en notre siècle vers le sixième ordre d'éclat. Elle est rougeâtre.
Les étoiles 11 et 15 paraissent avoir diminué d'une grandeur.
L'étoile 31 (sous 5) est particulièrement curieuse. C'est un astre orangé dont le spectre appartient au quatrième type de Secchi, au type des étoiles les plus rares du ciel : on voit dans ce spectre trois zones vives et larges, une jaune, une verte et une bleue, tranchées nettement du côté du violet, et au contraire estompées vers l'extrémité rouge. Les cannelures tirent sur le violet, tandis que dans le troisième type elles tirent sur le rouge. Ce sont sans doute là les soleils les plus froids : ils commencent à s'oxyder. Cette étoile a été vue de 6"^ grandeur par Flamsteed, de 5^ par ses successeurs, de 7' par Bessel, de 4 | par Gould : elle est certainement variable, comme presque toutes ses sœurs du même âge. Elle est double.
On pourra observer une autre étoile rouge entre tt® et p {voy. la larte fig. 305), c'est 9581 Lalande, de sixième grandeur et demie ; chercher à l'aide d'une jumelle. Lalande l'a notée de septième « rouge» le 10 janvier 1794, et de 6*^1, rouge également, le 6 février 1798. Birmingham l'a vue de septième et Webb de huitième. • — Variable. Son spectre appartient aussi à l'ordre des étoiles rares du quatrième t3^pe.
Tout près de cette étoile, à 30' au sud-ouest, on en trouvera une autre, de septième grandeur, jaune assez colorée.
Regardez aussi près de ir^, à 15' au nord-ouest : la petite étoile qui brille là (FI. 5) est orangée. Lalande l'a notée de 5" |, Piazzi de 6% Bessel de 6" |, Webb de T. L'éclat de tt' gène pour la distinguer à
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l'œil nu, lors môme qu'elle surpasse la sixième g-randeur. Observation intéressante et facile à faire à l'aide d'une jumelle. — On appelle souvent cette étoile d. Erreur à réparer.
Sont colorées de la même nuance rougeàtre : o', ■k\ ^^, 51 b, '•21 p et 56. Celle-ci varie de 5 à 6; o' était, comme nous l'avons vu tout à l'heure, moins apparente autrefois que de nos jours: son spectre appartient au troisième type. Mais la plus belle de toutes, et l'une des plus extraordinaires du ciel entier, est encore l'étoile R du Lièvre, que l'on sera bien inspiré d'observer pendant que l'attention sera dirigée vers Orion {fig. 305). C'est elle qui est célèbre sous le nom de « Crimson star » , et c'est avec justesse qu'on l'a comparée à une goutte de sang jetée sur le fond noir du ciel. Nous y reviendrons en décrivant la petite constellation à laquelle elle appartient. Elle varie de 6 1 à 9.
Dans les parages d' Orion se trouve aussi une autre variable curieuse, S de la Licorne, qui varie de 4,9 à 5,5. Mais ne nous attardons pas, les richesses de notre constellation géante nous réclament. En voici de nouvelles encore.
Il y a au-dessus d'Orion un petit groupe d'étoiles assez curieux, enclavé dans la constellation du Taureau par les incohérences de la géographie céleste, mais qui se trouve juste sur une ligne menée de-/ ■/,* Orion à 15, 11 delà môme constellation. Remarquez dans ce groupe l'étoile 119, de cinquième grandeur et demie. Tout près d'elle, 20' à l'est, gît l'étoile 120, estimée de 7* par Flamsteed, de 6^ par Piazzi, de 7^ par Lalande (10409). Elle est absente des catalogues de Argelander et Heis (celle qui porte ce numéro dans celui-ci n'est pas 120). Or Piazzi a mis en note à cette étoile : « Prsecedit alla rubei coloris ». Cette étoile rouge qui précède 120 est intéressante à chercher, car elle paraît varier.
Au milieu de ce même groupe, remarquer l'étoile 730 du catalogue de William Struve : double; les deux composantes de 6}, à 10".
Près de Rigel, à 1 minute de temps, ou 15 minutes d'arc en avant (ouest), une forte jumelle montre une petite étoile, trop éclipsée par le rayonnement de ce magnifique soleil, qui a été estimée de grandeurs fort diverses : d'Agelet et Piazzi = 7 ; Gould = 6,7; Lalande = 6 5 et 6; Yarnall et Ellery = 5 7; Taylor, = 4. Elle est actuellement de sixième.
Au-dessous de i, à 6' au sud, on voit deux petites étoiles :Lal. 10527 et 10529, qui forment une belle étoile double écartée à 3G", visible dans la plus petite lunette. Je viens de les observer à l'instant (mars 1881) ; la plus brillante est celle du nord-est, et je les estime, la première (sud-ouest) de 6,3 et la seconde de 5,8. Lalande a noté la première de 8^ et la seconde de 7^ William Struve les a notées 6,5 et 5,6 (c'est le n° 747 de son Catalogue). En 1871, les deux réunies faisaient à l'œil nu l'effet d'une étoile de cinquième grandeur et égalaient l'éclat de c. En ce moment, une jumelle la montre un peu moins brillante que c' c* réunies. Il se passe \h de grands changements, et il semble que la première au moins varie considérablement. Couple intéressant à suivre.