‹ Les étoiles et les curiosités du ciel; description complètes du ciel visible à l'oeil nu et de tous les objets célestes faciles à observer; supplément de l'Astronomie populaireChapitre 215 sur 411 · DIMENSIONS APPARENTES ET REELLES DES ETOILES · texte numérisé non relu

DIMENSIONS APPARENTES ET REELLES DES ETOILES

nous dirigeons un puissant télescope vers cette étoile, son arrivée dans le champ télescopique se fait annoncer par un rayonnement analogue à celui du soleil levant, et au moment où Sirius lui-même apparaît dans sa gloire, c'est un éblouissement solaire que l'on ne pourrait longtemps soutenir sans fatigue pour la vue. Et pourtant! vu à un tel éloignement, ce gigantesque soleil est réduit pour nous à un simple point lumineux, sans aucune dimension appréciable : Userait impossible de tracer à l'aide de la plume, d'un fin crayon, ou même d'une aiguille, un point aussi petit que l'image réelle de Sirius vu d'ici. Les étoiles sont, en effet, perdues au delà d'une telle immensité, que, seraient-elles des milliers de fois plus volumineuses que notre soleil, elles ne peuvent avoir pour nous aucune dimension appréciable. C'est leur lumière qui nous frappe, non leur grandeur réelle. C'est leur rayonnement qui nous les fait paraître plus ou moins grandes. Plus la vue est bonne, plus ces rayons factices disparaissent, plus l'étoile est nette, et plus elle est petite. Une simple jamelle montre déjà les étoiles beaucoup plus petites que nous les voyons à l'œil nu, Une lunette bien pure les montre plus minuscules encore^ Les meilleurs instruments les réduisent à des points mathématiques, excessivement lumineux, mais sans étendue apparente, i^lus le grossissement est fort et plus l'étoile est petite, car ici ce n'est plus le grossissement qui agit (la distance est trop immense), c'est la perfection optique de l'instrument qui fait disparaître les derniers rayons factices. Il en est ainsi pour toutes les étoiles : les :jrands instruments ne servent qu'à définir avec plus de précision leurs positions absolues, à découvrir si des compagnes plus humbles se cachaient dans leur rayonnement, à apprécier leur vraie couleur; c'est là un contraste remarquable avec les planètes, qui ne roulent qu'à quelques dizaines ou quelques centaines de millions de lieues de nous, présentent des disques appréciables et sont de plus en plus agrandies devant nos yeux par la puissance optique des instruments, — avec les comètes, qui s'approchent également de nos contrées, — avec le Soleil dont les taches se développent sous nos regards, — et surtout avec notre voisine la Lune, dont la topographie nous montre aujourd'hui les moindres détails de ses paysages si étranges et si accidentés.

Estimer la grandeur apparente du disque de l'étoile lapins grande de notre ciel est une tentative purement imaginaire, ^lôme dans le meilleur instrument, c'est encore un disque factice. L'astronomephysicien Wollaston, fondateur de l'analyse spectrale, avait conclu

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