‹ Les étoiles et les curiosités du ciel; description complètes du ciel visible à l'oeil nu et de tous les objets célestes faciles à observer; supplément de l'Astronomie populaireChapitre 235 sur 411 · E? CURIOSITES DE LA LICORNE · texte numérisé non relu

E? CURIOSITES DE LA LICORNE

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Sirius à 0 du Grand Chien et un peu à gauche. Nous sommes encore ici en pleine Voie lactée ; on y remarque notamment une petite étoile double et une étoile rouge.

Entre 29 et 30, au sud de la ligne qui les joint, formant avec ces deux étoiles un triangle à peu près équilatéral, amas assez curieux (H. VI, 22), petit canton d'une quinzaine de villages presque égaux — je veux dire d'étoiles de neuvième grandeur. On le devine à l'œil nu, à condition qu'il n'y ait pas de clair de lune, que l'atmosphère soit pure, et que cette région soit assez élevée audessus de l'horizon. Découvert par Miss Herschel en 1783. Cette contrée remarquable, illustrée, sur la frontière de la Voie lactée, par la triple écartée 30 Licorne, la double (et même triple) 29, et l'amas dont nous parlons, est reproduite au diagramme ci-dessus {flg. 339). Bayer a dessiné près de l'étoile 5, au sud-ouest, une étoile nébuleuse. Il y a là une collection de nébuleuses télescopiques. L'une d'elles aurait-elle été visible à l'œil nu?

On voit que cette constellation de la Licorne ne manque pas de curiosités sidérales de toute nature. Mais voici VHydre qui nous arrête.

Fig. 339. — Région remarquable dans la Licorne.

L'Hydre , ou Serpent aquatique (c'est peut-être le type original de ce fameux « grand serpent de mer » dont les journaux parlent de temps en temps), est l'une des 48 anciennes constellations de la sphère grecque; elle doit sans doute son existence à la disposition des longues files d'étoiles qui la composent, comme nous l'avons vu pour le serpent d'Ophiuchus, le courant d'eau du Verseau, le fleuve Éridan, etc. Elle est mince, longue, sinueuse, ayant la tête près du Petit Chien, sous le Cancer, et s'étendant de l'ouest à l'est, sous le Lion, la Vierge et jusqu'à la Balance. La tête est dessinée sur notre fig. 334 ; mais pour avoir sous les yeux l'Hydre tout entière, il faut prendre en mains notre fig. 340, entièrement traversée par le fabuleux animal.

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encore la queue reste-t-elle en dehors du cadre. L'idée la plus originale des artistes antérieurs à notre ère a peut-être encore été de mettre sur cette hydre un corbeau qui a l'air de la picoter et une coupe qui n'est guère en équilibre ; il faut croire que ces deux superfétations un peu anormales sont d'une origine différente, mais dès le temps d'Eudoxe et d'Aratus, personne ne se souvenait déjà plus de cette origine ni de la cause ou du prétexte de leur situation. La mythologie grecque racontait qu'Apollon voulant faire un sacrifice à Jupiter avait envoyé le corbeau avec une coupe pour apporter de Teau (c'est encore plus fort que de lui mettre un fromage dans le bec et de faire désirer ce fromage par un renard). Le corbeau se serait arrêté sur un figuier pour attendre que les figues devinssent mûres ; mais comme Apollon avait pu perdre patience — et Jupiter aussi, sans doute — le corbeau eut peur de quelque réprimande et il accusa un serpent de sa désobéissance (Eve l'avait déjà fait aux beaux jours de la mythologie juive). Apollon, pour punir le corbeau de sa noirceur, aurait noirci son plumage, qui jusqu'alors était resté blanc, et aurait installé pour l'éternité ce maudit oiseau vis-à-vis de la coupe, sur les flancs du serpent. Ce n'est pas moi qui invente l'histoire {voir V Astronomie de Lalande, t. I, § 662.) Les vieilles figures astronomiques rappellent assez naïvement cet épisode, comme on peut en juger par celle que je choisis entre cent pour être reproduite ici fidèlement d'après un Hyginus du quinzième siècle {voir la fig. 341). Est-elle assez naïve?

Mais il vaut mieux chercher à reconnaître dans le ciel les étoiles de l'Hydre que de creuser l'origine des dénominations et des métamorphoses. Comme nous l'avons dit, c'est la disposition même des étoiles qui a donné naissance à ce serpent, à la Coupe (qui est extrêmement facile à reconnaître par sa forme même {voir lu fig. 344) et môme au Corbeau. Pour trouver dans le ciel la principale des étoiles de l'Hydre, alpha, on peut se servir du Lion, qui est sur l'horizon à la même époque, et aussi de Castor et Pollux : les alignements de notre fig. 342 serviront mieux que toute autre explication. Cette étoile, alpha, a été nommée alphard, non pas en souvenir de la première lettre de l'alphabet grec, mais en dérivation de l'arabe al-fard « la solitaire », sans doute à cause de sa situation isolée.

A droite d'Alphard, en allant vers les Gémeaux, quelques étoiles esquissent le corps et la tête triangulaire aplatie de l'Hydre. Alphard marque la place du cœur. A gauche, des étoiles éparses dessinent le corps du Serpent, la Coupe, le Corbeau et la queue de l'Hydre.

Fig. 340. - Constellations australes. - L'Hydre. - La Coupe. - Le Corbeau. La Machine pneumatique. — Le Centaure.

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