‹ Les étoiles et les curiosités du ciel; description complètes du ciel visible à l'oeil nu et de tous les objets célestes faciles à observer; supplément de l'Astronomie populaireChapitre 236 sur 411 · L'HYDRE · texte numérisé non relu

L'HYDRE

La constellation entière se juge à première vue sur la zone équatoriale inférieure du Planisphère céleste de V Astronomie populaire (p. 700).

Cette étoile Alphard est d'un jaune rougeâtre. Au dixième siècle de notre ère, Sûfi faisait déjà remarquer cette coloration rouge. Les Chinois l'appelaient « l'oiseau rouge ». Peut-être était-elle plus rouge aux siècles passés que de nos jours; cependant Ptolémée ne la qualifie pas. Elle paraît varier de la première à la seconde grandeur. Son spectre appartient au troisième type. Sont colorées delà même nuance les étoiles y, X, [x, v, |, tt, w de la même constellation.

D'après l'antique encyclopédie chinoise, le Chou-King^ l'étoile a de

l'Hydre a été observée sous le règne de l'empereur Yao, qui monta sur le trône l'an 2356 avant notre ère , comme passant au méridien au coucher du soleil le jour de l'équinoxe de printemps, cet équinoxe étant alors marqué par les Pléiades. C'estl'une des plus anciennes

Flg. 341. — L'Hydre, d'après une gravure sur bois du xv siècle. obsCrvatioUS astrO-

nomiques qui nous aient été conservées. Elle date, comme on le voit, de plus de 4200 ans. Cherchez donc un peuple actuellement existant dont l'histoire remonte aussi haut !

L'étoile |3, de troisième grandeur autrefois, est descendue à la quatrième et demie.

Les suivantes marchent assez bien autour d'un éclat moyen permanent; mais en arrivant à x, nous sommes arrêtés court.

Il y a là, entre a et (x, quatre étoiles: x, d\ u* etX, qui sont actuellement de 5,3; 4,1 ; 4,5 et 3,4. Les anciens n'en ont vu que trois; quelles sont-elles?

Il est naturel de supposer d'abord que c'est la moins brillante qui est absente des observations anciennes, c'est-à-dire x. Cette hypothèse s'accorde-t-elle avec les positions? Non.

J'ai représenté sur le diagramme I de la fig. 343 les positions données par Pto~

LIIYDRE

lémée : elles concordent avec x, u' et u'; maisX est absente. Le diagramme II est celui des positions du catalogue de Sùfi, qui sont les mêmes que celles de Ptolémée, avec les longitudes augmentées do 12° 42'. Mais, remarque intéressante à plus d'un point de vue, si l'on compare ces positions du catalogue de l'astronome persan avec le texte de sa description faite directement par lui d'après l'aspect du ciel, on trouve qu'elles ne concordent pas. Voici, en effet, ce qu'il dit : « La 13* est la précédente des trois situées au sud d'Alphard, vers l'orient; entre elle et Alphard il y a cinq coudées. La 1 4« est la mitoyenne des trois, à l'est de la 13% à plus de deux coudées; elle est de la quatrième grandeur. La 15" suit immédiatement la 14', s'inclinant un peu vers le nord; elle est des grandes de la quatrième grandeur, quoique Ptolémée la dise juste de cet éclat : il y a entre elle et

Fig. 342. — Alignements pour trouver a de l'Hydre.

la 14* deux tiers de coudée ; la latitude que donne Ptolémée est erronée, car dans ce cas la distance serait d'une coudée et demie. La 16* est à plus de trois coudées à l'orient delà 15% s'inclinant un peu vers le sud : elle est des petites de la troisième grandeur. » Telle est la description de Sùfî. : elle ne s'accorde pas avecles positions données dans son catalogue et reproduites au diagramme II, car l'étoile 14 devrait précéder immédiatement la 15", et entre ces deux étoiles il ne devrait y avoir que le tiers environ de la distance entre 13 et 14, puisqu'il dit qu'il y a deux coudées entre 13 et 14 et seulement les deux tiers d'une entre 14 et 15. La description de Sûfi s'accorde avec notre diagramme III, qui reproduit les positions données par Ulugh-Beigh ; d'où il suit que Sùfi n'a pas mesuré ces positions, mais que Ulugh-Beigh les a réellement mesurées. C'est utile à savoir pour le jugement que nous devons porter sur les catalogues des deux astronomes. Ainsi, Sûfi et Ulugh-Beigh ont vu, non pas les étoiles x, w» et o' observées par Hipparque et Ptolémée, mais u', u* et X. L'eloile X, absente dans l'antiquité, est devenue brillante, tandis que l'étoile x a diminué d'éclat et reste absente de la

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