‹ Les étoiles et les curiosités du ciel; description complètes du ciel visible à l'oeil nu et de tous les objets célestes faciles à observer; supplément de l'Astronomie populaireChapitre 266 sur 411 · LE POLE AUSTRAL · texte numérisé non relu

LE POLE AUSTRAL

seule étoile visible à l'œil nu, sinon une faible, de la sixième grandeur. Le télescope en révèle d'inaperçues, notamment un groupe de quarante, isolé vers le milieu du désert. Il y a là, en réalité, une étrange pauvreté, une singulière solitude. Les considérations- de William Herschel sur les espaces complètement vides d'étoiles dans le Scorpion et dans Ophiuchus, qu'il appelle des ouvertures dans les deux « openingsin theHeavens», avaient conduit Humboldt à penser que « dans ces régions les couches d'étoiles superposées peuvent être moins épaisses ou tout à fait interrompues ; que ces dernières échappent à nos instruments d'optique, et que ces espaces vides sont de véritables trous par lesquels nos regards plongent dans les profondeurs les plus reculées de l'univers ». Ces vides, ces abîmes, ces régions restées infécondes ou ravagées par le temps, ces contrées obscures où gravitent sans doute des soleils éteints, ces plages noires qui nous montrent peut-être les cimetières du ciel, les tombeaux de l'espace, ces déserts sidéraux, dis-je, ne sont pas appelés à un moindre titre que les régions les plus riches, les plus condensées et les plus éclatantes, à nous instruire sur la véritable organisation des systèmes stellaires, sur la vraie structure de l'univers.

Dans l'ensemble de ces constellations australes, certaines étoiles viennent frapper notre attention à divers points de vue.

Comme variabilité, y de l'Indien est descendue de la quatrième et demie à la sixième grandeur : actuellement, elle est à peine visible à l'œil nu. — Les grandeurs de Brisbane (1825) ne me paraissent pas précises : elles sont généralement un peu faibles. Il est regrettal)le que sir John Herschel (1836) n'ait pas mesuré la lumière de toutes ces étoiles.

L'étoile « du Paon est très brillante et peut être considérée comme l'une des premières étoiles de la seconde grandeur. L'étoile i a dû diminuer d'éclat, car on ne la retrouve plus dans le catalogue définitif de Lacaille ni dans celui de Brisbane ; cette étoile, actuellement de sixième grandeur, est à S^lô' à l'est de u, à 1° 38' au nord, x varie de 4 à 6. '

a de la Grue est, comme a du Paon, l'une des plus brillantes étoiles du deuxième ordre d'éclat; elle surpasse même un peu sa rivale.

p du Toucan se dédouble, dans la plus petite lunette, en deux étoiles de quatrième grandeur écartées seulement à 30".

Dans VHydre mâle, nous ne remarquerons qu'un point : la création de cet être, qui est simplement ridicule. L'Hydre ancienne existait depuis des milliers d'années. Pour ajouter ici ce petit serpent, il a

Li: rOLi; austral 583

fallu créer dans le cielmùiiio une distiiiclioii Je sexes! L'idée est tout au moins bizarre.

(3 de l'Horloge oscille au moins de 5 à 4. Cette lettre manque au catalogue de Lacaille; on la trouve dans celui de IJrisbane (n" 4G?) notée de cinquième grandeur, comme aujourd'hui. Mais dans Lacaille on remarque non loin de là l'étoile 13:20, de cette même grandeur, devenue de nos jours complètement invisible.

a du Poisson volant oscille de 3 | à 5 ; (3, y et ^ de 4 à 5, e de 4 | à 6, et ç de 4,3 à 5 |. Il n'y en a pas une de stable.

L'Octant ne se compose, comme déjà nous l'avons remarqué, que de petites étoiles, dont l'ordre a néanmoins quelque peu changé. La plus brillante n'est plus a, mais v; viennent ensuite |3 et cJ. Il y a quelque équivoque pour v, que Lacaille a cru d'abord voir double et qu'il a ensuite corrigée. Mais les incertitudes qui restent sur certaines étoiles australes trop rarement observées n'empêchent pas que notre conclu' sion soit la même pour elles que pour leurs sœurs de l'hémisphère bo« réal, savoir, qu'elles ne sont point aussi invariables qu'on le pensait, mais qu'elles subissent les unes et les autres des fluctuations d'éclat plus ou moins rapides, plus ou moins profondes.

Parmi ces étoiles australes, plusieurs aussi sont remarquables par la grandeur de leurs mouvements propres. En général même, elles paraissent animées de mouvements plus rapides que celles de notre ciel boréal ; toutefois ces déplacements apparents étaient plutôt dus à l'imperfection des observations qu'à des changements réels; les valeurs adoptées pour les mouvements propres étant, en effet, le résidu des observations, lorsqu'elles ont été corrigées et réduites à leur valeur absolue, épurées des effets de la réfraction, de la précession, de la nutation, des erreurs instrumentales, etc., ce résidu sera plus grand s'il s'est glissé des erreurs inconnues. Or les premières observations précises que nous ayons sont celles de Lacaille, et, ce que l'on ne saurait vraiment trop admirer, cet astronome si ingénieux et si actif a observé en dix mois les 9766 étoiles de son catalogue avec une petite lunette de 14 77iii/imèi?'es d'objectif, ne grossissant que huit fois! C'est là un magnifique exemple d'encouragement pour tous les amateurs des choses du ciel. On voit qu'avec de faibles moyens on peut faire de grandes choses. Les positions de Lacaille sont précises; mais lorsqu'il s'agit d'en conclure des appréciations absolues sur le déplacement d'une étoile depuis 130 ans qu'il a observé, il est plus prudent de comparer des observations intermédiaires qui puissent confirmer ces mou» vements si délicats. Les traités d'astrouomie présentent en général

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