‹ Les étoiles et les curiosités du ciel; description complètes du ciel visible à l'oeil nu et de tous les objets célestes faciles à observer; supplément de l'Astronomie populaireChapitre 327 sur 411 · GG8 OBSERVATIONS INTÉRESSANTES. — LE SOLEIL · texte numérisé non relu

GG8 OBSERVATIONS INTÉRESSANTES. — LE SOLEIL

fond de l'abîme, au centre du parvis : ce maître-autel a la hauteur de TObservatoire de Paris, 27 mètres! Il est perdu comme un dé sous le ciel de Michel- Ange.

Le Soleil offre en ce moment même (septembre 1881) une belle tache ronde et un groupe remarquable, parfaitement visibles dans une lunette de 60 millimètres. Nous entrons actuellement, comme nous le disions tout à l'heure, dans la période d'observation la plus favorable.

Si l'on veut suivre une tache pendant plusieurs jours, plusieurs semaines, il importe d'observer à la même heure, parce que la position de la tache, relativement à notre verticale, varie du lever au coucher du soleil à cause de l'obliquité du mouvement diurne apparent. En revoyant le lendemain la tache que l'on a vue la veille, et en la retrouvant de nouveau le surlendemain et les jours suivants, on ne peut s'empêcher de songer que pendant ce temps-là la Terre a tourné plusieurs fois autour de son axe, a plongé plusieurs fois l'humanité et la nature entière dans la nuit et dans le sommeil, tandis que l'astre flamboyant est resté là, immuable, toujours lumineux, rayonnant sans arrêt ni trêve la lumière et la chaleur qui vont porter la vie sur tous les mondes.

Lorsque les taches arrivent près des bords, on remarque autour d'elles des traînées plus lumineuses que la surface solaire, des espèces de bourrelets, de longues vagues blanches, que l'on peut suivre jusqu'aux bords de la sphère solaire : ce sont les facules.

Une observation plus attentive permettra également de découvrir, même à l'aide de faibles instruments, les granulations de la surface solaire, laquelle est loin d'être unie et d'une blancheur homogène, comme on se l'imagine en général, mais est composée de points blancs serrés sur un réseau sombre. Ces points blancs sont des nuages de lumière mesurant en moyenne 200 kilomètres de diamètre.

Ajoutons enfin que si jamais en observant le Soleil on voyait une tache noire bien ronde se déplacer en quelques heures et glisser devant le disque lumineux, il faudrait avoir soin de dessiner la corde tracée et de noter l'heure précise, ainsi que toutes les circonstances de l'observation : ce serait là une belle découverte; nous aurions enfin la constatation de l'existence de cette fameuse planète intra-mercurielle, que la plupart des astronomes considèrent comme acquise à la science, mais dont pourtant l'existence n'est prouvée par aucune observation certaine et définitive.

II est possible aussi qu'on aperçoive une comète passant devant le Soleil, (comme on l'a vu entre autres le 6 janvier 1818 et le 26 juin 1819), et peut-être d'autres corps célestes inconnus. Toute observation spéciale est intéressante à conserver.

L'analyse spectrale du Soleil et l'étude de ses protubérances demandent des appareils spéciaux, et restent jusqu'à présent en dehors du domaine de l'astroaomic poiiulairc.

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