‹ Les étoiles et les curiosités du ciel; description complètes du ciel visible à l'oeil nu et de tous les objets célestes faciles à observer; supplément de l'Astronomie populaireChapitre 360 sur 411 · novembre · texte numérisé non relu

novembre

Constellations.

Position.

Scorpion. Date douteuse.

Cassiopée. près Céphée.

Bélier. (peut-être 1006 ou 1011.)

Scorpion. dans la queue.

Ophiiichus. près du serpent.

Cassiopée. près Céphée.

Cassiopée. m: 0M8"9'; d:+G3'27'6 (1880).

(Constellation non indiquée.) Scorpion. Tête : près de t:.

Cygne. ai : 20''13'"21'; d :-h37*39'9 (1880).

Serpentaire. « : 17''23'"27'; d :— 21''22'8(1880).

vje au sud-ouest.) Renard. m : 19''42"'38'; d:-i-27°1'3 (1880). Sagittaire. « dans le cou » 19''0"'± ; — 20°,± Serpentaire, m. : 16''52"'47'; d :— 12'"42'5 (1880). Couronne. & : 15''54™29'; d :-h26°15'7 (1880). Cygne. s, : 2r36"'59'; d :-h42'"17'6 (1880).

Eclat.

1" grandeur, grande étoile, grosseur extraord.

l" grand., bleuâtre 1" grandeur, grande étoile.

Éclat, de l" grand « extraordinaire. >»

fl grande étoile. »

3' grandeur.

1" grandeur, grand, considérable.

3' grandeur.

4' grandeur.

5' grandeur 2« grandeur.

3« grandeur.

Résumons l'histoire de chacune de ces apparitions. Les mentions anciennes les plus précises sont tirées de l'Encyclopédie chinoise de Ma-tuan-lin, traduite et coordonnée par Edouard Biot, Catalogue astronomique qui remonte jusqu'à l'an 613 avant notre ère, c'est-à-dire à l'époque de Thaïes.

1° Première apparition entre p et p du Scorpion, en juillet de l'an 134 avant J.-C, selon l'Encyclopédie chinoise — ou vers l'an 130 selon Pline (II, 6). —Si l'on en croit Pline, c'est l'apparition de cette étoile qui aurait déterminé ilipparque à entreprendre son Catalogue. Le rapport du grand naturaliste a été traité d'historiette par Delambre {Hist. de l'Astr. anc, t. I. p. 290, et Hist. de rA.<;tr. mod.jL I, p. 186). Mais comme Ptolémée affirme expressément [Almageste, VII, 2) que le Catalogue d'Hipparque est relatif à l'an 128 avant notre ère, et comme Hipparque observait à Rhodes, et peut-être aussi à Alexandrie, entre les années 162 et 127 avant J.-C, il n'y a rien à opposer à l'assertion de Pline.

2" Étoile qui parut sous l'empereur Adrien, vers l'an 130. selon les annalistes ou en décembre de l'année 123, entre a d'Hercule et a d'Ophiuchus selon les Chinois.

3° Étoile singulière et très grande, tirée de Ma-tuan-lin ainsi que les trois suivantes. Elle parut le 10 décembre 173, entre a et p du Centaure, et disparut huit mois plus tard, après avoir montré ^''5 ci?iq couleurs l'une après l'autre.

4° Cette étoile brilla depuis le mois de mars jusqu'au mois d'avril de Tan 369. Sa position n'est pas indiquée

5" Entre X et ç du Sagittaire. Le catalogue chinois indique ici expressément le lieu « où l'étoile demeura depuis le mois d'avril jusqu'à celui de juillet 386 ». Elle était donc immobile, et n'a pu être confondue avec une comète.

6» Étoile nouvelle près de a de l'Aigle; pendant le règne de l'empereur Honorius. D'après le récit de Cuspinianus, témoin oculaire, elle brilla d'un éclat comparable à celui de Vénus, et elle disparut trois semaines après sans laisser de traces.

1° Mars 393; encore dans le Scorpion, mais cette fois dans la queue; tirée du Catalogue de Ma-tuan-lin.

8° L'année 827 est douteuse ; il est plus siir de dire : dans la première moitié

fiTOILRS TEMPORAIRES 709

du ix« siècle. C'est en effet vers cette époque, et sous le règne du calife Al- Mamoun, que deux célèbres astronomes arabes. Ilaly et Giafar Ben Mubainnied Alboumazar, obscrvôrent, à Babylone, une étoile nouvelle « dont la lumière égalait celle de la lune dans sou premier quartier ». Cet événement eut encore lieu dans le Scorpion : l'étoile s'évanouit après un intervalle de quatre mois.

9" L'appjH'ilion de cette étoile, en 9i5, sous l'empereur Uihou le Grand, ainsi que celle de l'an 1264, reposent uniquement sur le témoignage de l'astronome bohémien Cyprianus Leovitius, qui as.-^ure avoir puisé ses ren.scigiiements dans une chronique manuscrite. Cet auteur fait remarquer en même temps que les deux apparitions de 945 et de 1264 ont eu lieu entre Céphée et Cassiopée, tout près d9 la Voie lactée : précisément à l'endroit où l'étoile de Tycho s'est montrée en 1072.

10" D'après le témoignage d'Hépidannus, moine de Saint-Gall, mort en 1088, et dont les annales s'étendent de 709 à 1044, une étoile nouvelle d'une grandeur extraordinaire et d'un éclat éblouissant (ociilos verberans] parut vers la fin du mois de mai 1012, dans le signe du Bélier, au point le plus méridional du ciel, et y resta visible pendant 3 mois. Elle oscilla plusieurs fois d'éclat, et parfois même on cessait de la voir.

11' A la fin de juillet 1203, dans la queue du Scorpion : i Étoile nouvelle de couleur bleuâtre, sans nébulosité lumineuse, et semblable à Saturne », d'après les catalogues chinois.

12° Encore une observation chinoise tirée de Ma-tuan-lin. La nouvelle étoile parut vers le milieu de décembre 1230, entreOphiuchus et leSerpent. Elle s évanouit à la fin de mars 1231.

13° C'est l'étoile dont parle l'astronome bobémien Cyprianus Leovitius. A la même époque (juillet 1264) parut une grande comète dont la queue embrassait la moitié du ciel, et qui par conséquent n'a pu être confondue a,vec l'étoile nouvelle qui apparut entre Céphée et Cassiopée.

14" L'étoile de Tycho du 11 novembre 1572, dans le trône de Cassiopée. C'est la plus mémorable de ces apparitions subites, et celle qui jeta dans l'esprit des hommes l'étonnement le plus ineffaçable. Le massacre de la Saint-Barlhélemy, accompli quelques mois auparavant, le malaise général, la terreur et la privation qui pesaient en nos contrées ; l'attente encore crédule quoique vingt fois trompée de la fin du monde ; la direction funeste des événements donnaient à cette apparition un caractère céleste, manifestant clairement les desseins terribles du Tout- Puissant. Cette étoile gigantesque, subitement apparue, surpassait en éclat toute l'armée des cieux. Tycho-Brahé, qui écrivit son histoire, déclare que Sirius, Véga, Jupiter pâlissaient auprès d'elle, et qu'on la voyait en plein jour. Cardan compulsa les manuscrits poussiéreux des antiques grimoires, et trouva que cette étoile mystérieuse était la même que celle des Mages ! Théodore de Bèze, poursuivant la même hypothèse, déclara à l'Europe consternée que cette apparition annonçait le second avènement de l'Homme-Dieu, comme l'apparition orientale de Bethléem avait annoncé le premier. L'antechrist devait être né, d'après les calculs de Stoffler et de Leovitius; la fin du monde approchait; le jugement dernier se préparait : déjà l'on entendait le bruit lointain des préparatifs, et bientôt les étoiles allaient tomber du ciel 1

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