‹ Les étoiles et les curiosités du ciel; description complètes du ciel visible à l'oeil nu et de tous les objets célestes faciles à observer; supplément de l'Astronomie populaireChapitre 82 sur 411 · LE DAUPHIN · texte numérisé non relu

LE DAUPHIN

fiqiie du ciel étoile. Pour l'œil vulgaire, toutes les étoiles se ressemblent, et l'étude générale du ciel paraît dépourvue d'un intérêt direct et passionnant; mais l'œil instruit ne tarde pas à y reconnaître une infinité de petits détails distincts, comme l'œil du botaniste qui, au milieu d'une vaste campagne, reconnaît par habitude toutes les essences des bois et des plantes, là où l'œil du promeneur vulgaire ne voit qu'un fouillis d'arbres et d'herbes plus ou moins verts et plus ou moins parfumés. Combien la connaissance des choses n'augmentet-elle pas le plaisir de vivre! Comment peut-on même vivre sans s'intéresser à la connaissance de cette immense nature, dont nous faisons partie intégrante, et qui recevra notre dernier soupir comme elle a reçu notre premier vagissement !

Dans cette même région du ciel, on trouvera avec la plus grande facilité une petite constellation, située à l'ouest du Petit Cheval, près de la Voie lactée {voy. encore notre fîg. 116), et que quatre étoiles voisines arrangées en quadrilatère désignent à l'œil le plus inattentif: c'est la constellation du Dauphin. '* Ce Dauphin est-il celui qui sauva le poète Arion du naufrage? Est-il celui que Neptune envoya pour découvrir la retraite d'Am-

Tlhitrite? Ou bien est-ce F'g- 123. — Principales étoiles de la constellation du Dauphin.

Acétès, le pirate toscan qui prit la défense de Bacchus? On a dit aussi que ce pourrait bien être le poisson dans lequel Jonas vécut trois jours et trois nuits. D'autres ont cru pouvoir y saluer Apollon à son retour de l'île de Crète. Les Arabes le nommaient Al-Dulfin, rare exemple d'étymologie grecque dans cette langue, et aussi Al-Salib, la Croix. Pour nous, ce qui nous intéresse, ce ne sont ni ces symboles, ni la fable, ni ses commentaires, ce sont les étoiles qui composent ce petit astérisme. On apprendra très facilement à les reconnaître dans le ciel en se servant de notre petite fig. 123, et d'autant plus facilement que le voisinage de la brillante Altaïr, a de l'Aigle, ferait cesser toute équivoque. La forme allongée de l'arrangement des étoiles s'adapte

ASTIIONOMIE.

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assez bien à l'idée d'un poisson et même à la forme spéciale du dauphin, et il n'y a rien de surprenant à ce que les marins de Tyr ou de Sidon aient trouvé une ressemblance suffisante pour lui donner cette désignation. Voici les principales étoiles, avec les observations faites depuis deux mille ans, car, malgré son exiguïté, cette constellation fait partie des quarante-huit anciennes de la sphère grecque.

PRINCIPALES ÉTOILES DU DAUPHIN DEUX MILLE ANS D'OBSERVATrOX

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Les deux étoiles les plus brillantes de la constellation sont aujourd'hui (3 et y, tandis qu'à l'époque de Bayer, c'est a qui a reçu la première lettre; a, (3, y, ^ ont été, du reste, inscrites du même éclat. a a diminué, et il en est de même de d, que Piazzi a notée de 5^ grandeur. Au contraire, ç et x ont augmenté lentement d'éclat depuis l'antiquité.

Il y a là trois étoiles variables : R, S et T; la première variant, en 284 jours, de la 8" à la 13" grandeur; la seconde variant, en 275 jours, de la 8' 1/2 à la 11% et la troisième variant, en 332 jours, de la 8^ 1/2 au-dessous de la 13'. Mais l'observation de ces lointaines et inconstantes lumières sort du domaine de l'astronomie populaire.

Les deux étoiles principales de cette petite constellation, a et (3, sont désio-nées dans le Catalogue de Piazzi sous les noms respectifs de Sualocin et Rotanev, qui n'ont rien d'arabe et sonnent à l'oreille des étymologistes comme une véritable cacophonie de barbarismes. La recherche de l'origine arabe de ces noms a longuement intrigué Tesprit si ingénieux de l'amiral Smyth, et on le croit sans peine quand on sait qu'ils ne sont dus qu'à une plaisanterie un peu enfantine d'un astronome en bonne humeur, — sans doute de Piazzi lui-même. Ces ', deux noms retournés font, en effet, Nicolaus Venator, et le compagnon de Piazzi, à l'Observatoire de Palerme, n'était autre que Niccolo Cacciatore, qui mourut en 1841. Tout le monde sait que cacciatore veut

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